Le tabagisme est le principal facteur de risque du cancer du poumon. “Un fumeur a 10 à 15 fois plus de risque de développer un cancer du poumon par rapport à un non-fumeur”, avance le Centre anticancer Léon Bérard. Quant au tabagisme passif, il augmente jusqu’à 26 % le risque de développer un cancer broncho-pulmonaire chez un non-fumeur.

Une exposition à l'amiante, à la pollution atmosphérique ou encore au radon peut également être à l’origine de ce cancer. Mais qu’en est-il des personnes non-fumeuses qui développent la maladie sans qu’aucun lien avec avec facteur environnemental n’ait pu être établi ? Des médecins de l’Institut national du cancer de Bethesda aux Etats-Unis nous dévoilent de nouvelles informations concernant ses origines. Une avancée majeure car ces découvertes pourraient ensuite améliorer la prise en charge des cancers chez les non-fumeurs.

3 nouveaux sous-types de cancer broncho-pulmonaire

Un groupe de chercheurs américains et canadiens se sont unis pour mener des analyses génomiques de tissus pulmonaires cancéreux prélevés chez 232 personnes n'ayant jamais consommé de tabac. D’après leurs résultats, publiés dans Nature Genetics, il existerait trois sous-types de cancer du poumon propres aux non-fumeurs.
“Nous sommes au début de notre compréhension sur comment ces tumeurs évoluent. Cette analyse montre qu'il y a une hétérogénéité, ou une diversité, dans les cancers pulmonaires chez ceux qui n'ont jamais fumé”, explique le docteur Maria Teresa Landi du National cancer institute de Bethesda (États-Unis) et investigatrice principale de cette étude.

Les médecins ont observé que les signatures mutationnelles ne correspondent pas à celles provoquées par le tabac ou le tabagisme passif. Elles sont d'origines endogènes, c’est-à-dire provoquées par le processus naturel de mutation ou le stress oxydatif que subissent toutes les cellules de l’organisme.

Des cancers baptisés “Piano”, “Mezzo forte” ou “Forte”

Les chercheurs ont classé ces trois sous-types de tumeur selon leur “bruit”, c'est-à-dire le nombre de changements dans le génome. Et pour garder la métaphore musicale, ils ont décidé de les appeler “piano”, “mezzo forte” et “forte”. Le sous-type “piano”, majoritaire dans les échantillons analysés, est caractérisé par la présence de plusieurs gènes mutés (comme UAB1 ou encore KRAS) et une croissance lente. Vient ensuite le type “mezzo forte”, qui présente une amplification de certains gènes et qui croisse plus rapidement. Enfin le sous-type “forte” est caractérisé par la polyploïdie, c’est-à-dire que le génome entier des cellules cancéreuses est dupliqué au moins trois fois.

Le cancer du poumon est le plus meurtrier en France

Chaque année, le cancer du poumon touche entre 30 000 et 40 000 personnes en France. Bien qu’il ne soit pas le plus fréquent, c’est celui qui tue le plus. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce phénomène, mais c’est surtout les dépistages trop tardifs qui sont en cause. Plus le patient est pris en charge tôt, plus ses chances de survie sont grandes. Ainsi au premier stade de la maladie, la survie globale est estimée entre 75 et 90 % à 5 ans, contre sept à onze mois pour les stades diffus.

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Sources

https://www.nature.com/articles/s41588-021-00920-0 

https://www.cancer-environnement.fr/83-Cancer-du-poumon.ce.aspx 

https://radiotherapie-hartmann.fr/actualites/cancer-poumon/les-stades-des-cancers-du-poumon-et-lesperance-de-vie/ 

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