On a souvent tendance a confondre cancer du col de l'utérus et cancer de l'utérus. Or, il s'agit deux deux choses bien distinctes. Le premier est très courant chez les jeunes femmes, tandis que le second se développe en général après la ménopause, entre 50 et 70ans.

Au-delà de l'âge qui le favorise, le cancer de l'utérus peut être favorisé par des antécédents familiaux, une hypertension artérielle, du diabète, de l'obésité ou des antécédents du cancer du sein ou de l'ovaire. A cette longue liste, des chercheurs américains viennent d'ajouter les produits capillaires de defrisage.

En effet, les scientifiques de l’Institut national des sciences de la santé environnementale (NIEHS) ont découvert que certaines substances chimiques présentes dans ces produits pourraient augmenter le risque de développer la maladie. Les résultats ont été publiés le 17 octobre dans la revue Journal of the National Cancer Institute.

Cancer de l'utérus : les utilisateurs de produits de lissage ont un risque de 4,05%

Pour leur étude, les chercheurs ont suivis 33 497 femmes américaines âgées de 35 à 74 ans participant à l’étude Sister. Il s’agit d’une recherche menée par l'Institut national des sciences de la santé environnementale (NIEHS) qui cherche à identifier les facteurs de risque du cancer du sein et d'autres problèmes de santé. Pendant les onze années de l’étude, 378 cas de cancer de l'utérus ont été diagnostiqués.

Les scientifiques ont découvert que les produits chimiques contenus dans les produits de lissage pouvaient s’infiltrer dans la circulation sanguine à travers le cuir chevelu et ainsi se rendre dans l'utérus.

“Nous avons estimé que 1,64 % des femmes qui n'ont jamais utilisé de fer à lisser développeraient un cancer de l'utérus avant l'âge de 70 ans, mais pour les utilisateurs fréquents, ce risque monte à 4,05%”, a expliqué Alexandra White, auteure de l’étude et responsable du groupe NIEHS Environment and Cancer Epidemiology.

Aucune association n’a été faite entre le cancer de l'utérus et les autres produits capillaires que les femmes ont déclaré utiliser tels que les teintures capillaires, les mèches ou les permanentes.

Cancer de l’utérus : les femmes noires sont plus touchées

L’étude a également révélé que les femmes noires étaient les plus touchées."Parce que les femmes noires utilisent plus fréquemment des produits de lissage ou de défrisage des cheveux et ont tendance à commencer à les utiliser à un âge plus précoce que les autres races et ethnies, ces résultats peuvent être encore plus pertinents pour elles", a précisé Che-Jung Chang, auteur des travaux et chercheur à la branche épidémiologie du NIEHS. En effet, lors de l'étude, 60% des personnes ayant déclaré utiliser des produits de défrisage étaient des femmes noires.

"À notre connaissance, il s'agit de la première étude épidémiologique a examiner la relation entre le lissage et le cancer de l'utérus", s’est félicitée Alexandra White.

Les chercheurs ne sont pas parvenu à découvrir les substances précises contribuant au cancer de l'utérus, mais ils pensent que les parabènes, le bisphénol A, les métaux ou encore la formaldéhyde pourraient en faire partie.

Cependant, Alexandra White insiste sur l’importance d’effectuer davantage de travaux sur le sujet : "Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats dans différentes populations et pour déterminer si les produits capillaires contribuent aux disparités en matière de santé pour le cancer de l'utérus. Cela doit également permettre d'identifier les produits chimiques spécifiques qui peuvent augmenter le risque de cancer chez les femmes."

Une Américaine porte plainte contre l’Oréal

Jenny Mitchell, une Américaine véritablement adepte des produits de défrichage capillaire durant plus de 20 ans, s’est décidée à porter plainte contre la multinationale spécialisée dans les produits de beauté, la société L'Oréal. Après la découverte du lien de causalité négatif entre les produits de défrisage pour les cheveux et le risque de survenue du cancer de l’utérus, elle n’a pas hésité à mener le leader de la beauté devant la justice.

Si le risque porté à l’échelle mondiale, concernant donc tous les utilisateurs des produits en question, la plaignante n’a pas effectué son geste par pure crainte et solidarité : suivie pour un cancer de l’utérus, Jenny Mitchell a déjà subi une hystérectomie, c’est-à-dire une ablation complète de son utérus, en raison de la maladie.

Un cas parmi tant d’autres, selon son avocat

Pour Ben Crump, le célèbre reprenant de Jenny Mitchell face à la justice, le géant français serait responsable d’un plus grand nombre de cas, à l’image de sa cliente : « Nous allons sans doute découvrir que le cas tragique de Jenny Mitchell est un parmi tant d'autres pour lesquels des entreprises ont agressivement trompé les femmes noires pour augmenter leurs profits », a déclaré l’avocat.

La plainte civile et l’action en justice, intentées ce vendredi 21 octobre 2022, fait état de l’utilisation de « produits dangereux », qui seraient alors directement liés au diagnostic de cancer de l’utérus de Jenny Mitchell, selon Ben Crump, dont les précisions ont été exposées dans un communiqué.

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Sources

https://academic.oup.com/jnci/advance-article/doi/10.1093/jnci/djac165/6759686?login=false

https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/probl%C3%A8mes-de-sant%C3%A9-de-la-femme/cancers-gyn%C3%A9cologiques/cancer-de-l-ut%C3%A9rus

https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/probl%C3%A8mes-de-sant%C3%A9-de-la-femme/cancers-gyn%C3%A9cologiques/cancer-du-col-de-l-ut%C3%A9rus?query=cancer%20col%20de%20l%27ut%C3%A9rus

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