Cancer de l'estomac : symptômes, causes, pronostic, taux de survie

Certifié par nos experts médicaux MedisiteLe cancer de l'estomac est souvent diagnostiqué tardivement car il est d’abord silencieux et parce qu'ensuite ses symptômes font souvent évoquer des maladies gastriques plus fréquentes. Heureusement, la lutte contre ses facteurs de risques permet d’améliorer considérablement son pronostic (évolution de la maladie), voire son incidence (nombre de cas sur une période). Le point sur ses symptômes et traitements.

Définition

Le cancer de l’estomac, se développe aux dépends des cellules pariétales, qui tapissent la paroi interne de l’estomac. Ce sont des adénocarcinomes dans plus de 90 % des cas.

La tumeur gastrique évolue d’abord lentement et silencieusement, puis peut envahir les organes voisins comme le foie, la râte, le côlon ou le pancréas. Il touche la plupart du temps des sujets de plus de 50 ans.

Les formes plus rares de cancer de l’estomac sont les lymphomes gastriques (attente des cellules lymphatiques), des sarcomes gastriques (atteinte des cellules de la couche musculaire de l’estomac) et les tumeurs stromales (cancer rare, d'origine génétique, lié à des mutations), exceptionnelles.

Situation de l'estomac humain 1 : Œsophage, 2 : Estomac, 3 : Rate, 4 : Veine gastrique droite , 5 : Veine mésentérique supérieure, 6 : Veine porte, 7 : Duodénum, 8 : Ligament falciforme, 9 : Ligament hépato-duodénal, 10 : Rein droite (rétro-péritonéal), 11 : Ligament hépato-gastrique, 12 : Vésicule biliaire.

Situation de l'estomac humain 1 : Œsophage, 2 : Estomac, 3 : Rate, 4 : Veine gastrique droite , 5 : Veine mésentérique supérieure, 6 : Veine porte, 7 : Duodénum, 8 : Ligament falciforme, 9 : Ligament hépato-duodénal, 10 : Rein droite (rétro-péritonéal), 11 : Ligament hépato-gastrique, 12 : Vésicule biliaire.© Creative Commons

Crédit : Epithelyann — Travail personnel © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/

Chiffres

L’incidence (nombre de cas sur une période donnée) du cancer de l’estomac est variable à travers le monde, en raison des différences d’habitudes alimentaires.

Il représente la quatrième cause de mortalité par cancer en Europe.

Son pic de fréquence se situe en Chine et en Corée, dans les populations socio-économiquement faibles qui consomment beaucoup de salaisons et d’aliments fumés.

En France, il est trois fois plus fréquent chez l’homme que chez la femme, avec plus de 6 500 nouveaux cas par an. Les habitudes alimentaires et la réfrigération des aliments dans les pays industrialisés font diminuer son incidence.

Symptômes

Au début de leur évolution, les tumeurs gastriques ne présente pas de symptômes, ce qui rend le diagnostic précoce difficile. Lorsqu’elles commencent à être symptomatiques, les tumeurs de l’estomac peuvent entraîner les symptômes suivants :

  • Des sensations de ballonnements permanents.
  • Des indigestions répétitives.
  • Une perte d’appétit.
  • Un dégout alimentaire, notamment pour la viande.
  • Des douleurs abdominales et des brûlures d’estomac.
  • Une perte de poids inexpliquée.
  • Des nausées et des vomissements.
  • Des diarrhées chroniques.
  • Des vomissements sanglants.
  • Des difficultés à la déglutition.

Ces symptômes ressemblent a ceux d’un ulcère de l’estomac ou d’une gastrite chronique à Helicobacter Pylori par exemple. Lorsqu’ils persistent, il est donc nécessaire de consulter un médecin pour réaliser les examens complémentaires permettant d’éliminer les diagnostics différentiels (méthode qui permet de différencier une maladie d'autres pathologies qui présentent des symptômes proches ou similaires). 

Les diagnostics différentiels du cancer de l'estomac sont essentiellement la gastrite chronique et l'ulcère gastrique. Mais il faut savoir, que ces pathologies en provoquant une inflammation chronique de l'estomac, constituent, en l'absence de traitement un facteur de risque de développer un cancer de l'estomac.

Causes

Aucune cause du cancer de l’estomac n’est déterminée. On sait que l’inflammation chronique de la muqueuse gastrique, notamment liée à l’infection par Helicobacter Pylori, augmente le risque de développer un cancer gastrique, de même que des habitudes de consommation de saisons et d’aliments fumés et marinés ou encore le tabagisme chronique.

Photo : Helicobacter pylori au microscope électronique

Photo : Helicobacter pylori au microscope électronique© Creative Commons

Crédit : Hpylori.jpg: * Photo Credit: Janice Carr Content Providers(s): CDC/ Dr. Patricia Fields, Dr. Collette Fitzgerald derivative work: F. Lamiot (talk) © CC/Domaine public - Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:HelicobacterPylori2.jpg

Peut-on prévenir le cancer de l'estomac ?

Réponse du Dr docteur Béguier, radiothérapeute :

"On ne comprend pas toutes les causes à l’origine du développement d’un cancer de l’estomac, mais que les mesures d’hygiène de vie et une alimentation saines protègent l’organisme et diminuent le risque de développer un cancer".

Facteurs de risque

Plusieurs facteurs de risque du cancer de l’estomac sont connus. Il s’agit de :

  • L’inflammation chronique de la paroi de l'estomac due à la bactérie Helicobacter pylori,  à l’origine de nombreux ulcères de l’estomac. Cependant, la grande majorité des infections à Hélicobacter pilori ne provoque pas de cancer de l’estomac.
  • Le tabagisme chronique.
  • Une consommation trop importante de sel avec une alimentation riche en viandes, en poissons fumés ou salés, et en produits marinés notamment dans le vinaigre.
  • Un régime pauvre en légumes.
  • Une consommation trop importante de nitrates et de nitrites, utilisés comme conservateurs pour les charcuteries industrielles.
  • L’exposition prolongée à  des produits chimiques industriels toxiques utilisés notamment dans l’industrie du caoutchouc et  du plomb.
  • L’obésité.

Helicobacetr Pylori : faut-il faire une fibroscopie ?

Mon conseil de médecin généraliste :

"Les infections gastriques à Helicobacetr Pylori sont très fréquentes et des tests simples permettent de détecter la présence de la bactérie sans avoir recours à la fibroscopie oeso-gastro-duodénale. Ils s'agit de tests respiratoires à l'urée, reposant sur l'activité uréasique de la bactérie. Ceux-ci sont réalises dans un laboratoire d'analyses médicales et, en cas de positivité, un traitement antibiotique peut être prescrit. Si des symptômes sont présents, la fibroscopie oeso-gastro-duodénle peut être indiquée.

Personnes à risque

Les personnes qui sont plus à risque de développer un cancer de l’estomac sont :

  • Les populations socio-économiquement faibles, notamment en Asie.
  • Les personnes âgées de plus de 50 ans et notamment les hommes.
  • Les personnes atteintes de gastrite chronique ou infectés par la bactérie Helicobacter pylori.
  • Les sujets ayant un antécédent familial de cancer de l’estomac.
  • Les personnes ayant un antécédent de chirurgie gastrique.
  • Les individus atteints de la maladie de Biermer (anémie pernicieuse).
  • Sans doute les sujets du groupe sanguin A, mais ceci reste à prouver.

Qui consulter ?

Lorsque des symptômes gastriques apparaissent, il est nécessaire de consulter son médecin généraliste qui va procéder à un interrogatoire et à un examen clinique minutieux.

Après cela, ils peut adresser la personne à un gastro-entérologue, qui au moindre doute , réalisera une fibroscopie-oeso-gastro-duodénale.

En cas de diagnostic de tumeur cancéreuse de l’estomac, le gastro-entérologue adresse le patient dans un centre de cancérologie spécialisé où il sera pris en charge par un oncologue et une équipe de professionnels spécialisés.

Examens et analyses

Les examens complémentaires auront pour objectif de confirmer ou non le diagnostic de cancer de l’estomac et de réaliser le bilan d’extension (examens médicaux permettant d'évaluer l'étendue d'un cancer et la présence ou non de métastases dans d'autres organes), avant la mise en route du traitement en cas de tumeur cancéreuse. Ces analyses visent aussi à déterminer l’état général du patient afin d’anticiper sa tolérance au traitement.

Les examens à réaliser sont :

  • La fibroscopie oeso-gastro-duodénale permettant de visualiser la tumeur e d’en réaliser la biopsie, pour examen anatomo-pathologique et confirmation diagnostic. AU cours de cet examen, des prélèvements bactériologiques à la recherche de la bactérie Helicobacter Pylori sont également effectués.
  • Un scanner thoraco-abdomino-pelvien pour évaluer l'extension à distance du cancer de l’estomac.
  • Un bilan biologique complet.
  • Un bilan nutritionnel.

Photo : ulcère de l'estomac suspect diagnostiqué cancéreux à la biopsie

Photo : ulcère de l'estomac suspect diagnostiqué cancéreux à la biopsie© Creative Commons

Crédit : © CC/Domaine Public - Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Adenocarcinoma_of_the_stomach.jpg

Pronostic

Comme pour tous les cancers, la précocité du diagnostic du cancer de l’estomac améliore d’autant son pronostic. Lorsque le cancer reste limité à la muqueuse, sans envahissement, les chances de survie à 5 ans sont de plus de 50%.

En revanche, si le cancer a envahi le système lymphatique ou les organes voisins, le taux de survie à 5 ans tombe à 10%. Ce pronostic sombre démontre l’intérêt de consulter un médecin dès l’apparition des premiers symptômes gastriques.       

Traitements

Les traitements du cancer de l’estomac varient selon le stade de la tumeur, son extension, l’âge et l’état général du patient. Le choix du traitement est fait lors de réunions de concertations pluridisciplinaires avec un gastro-entérologue, un chirurgien digestif, un oncologue et tout autre professionnel de santé dont l’expertise pourrait être nécessaire. Le traitement est ensuite proposé au patient.

La chirurgie

La chirurgie est le traitement de choix pour éliminer la tumeur et espérer la guérison. Parfois, il n’est pas possible d’enlever entièrement la tumeur à cause de sa taille ou parce que le cancer s’est étendu à d’autres organes. Dans ces cas, des traitements sont disponibles pour ralentir la progression de la maladie et soulager les symptômes.

La chirurgien va retirer la partie atteinte de l’estomac, ainsi que les ganglions lymphatiques situés à proximité. C’est la gastrectomie partielle, souvent possible pour les cancers de la partie distale de l’estomac (partie éloignée d'une partie du corps). Il peut parfois être nécessaire de réaliser une gastrectomie totale, c’est-à-dire l’ablation de l’estomac dans sa totalité. Le chirurgien pratique dans ce cas une anastomose oeso-jejunale c’est-à-dire qu’il relie la dernière portion de l’oesophage directement à l’intestin, pour rétablir la continuité digestive. S’il reste un morceau d’estomac, le chirurgien réalise une anastomose peso-gastrique.

En cas de cancer très étendu , la chirurgie peut être plus lourde et s’étendre à d’autres organes de voisinage, comme la rate par exemple.

En cas de tumeur superficielle, détectée suffisamment tôt, l’ablation de celle-ci peut être réalisée par voie endoscopique, sans chirurgie. Les suites sont alors beaucoup plus simples et les chances de guérison plus importantes.

La chimiothérapie

La chimiothérapie est un traitement couramment utilisé pour le cancer de l’estomac. Elle peut être utilisée avant la chirurgie pour réduire la taille de la tumeur et la rendre plus accessible ou après la chirurgie, pour limiter le risque de récidive. Celle-ci dure environ 6 à 8 semaines, en cures espacées en raison de la tolérance difficile de certains médicaments.

Si le cancer n’est pas opérable, la chimiothérapie constitue alors le traitement principal. Elle va ralentir l'évolution de la maladie et soulager certains symptômes. Ce traitement est plus souvent indiqué à visée palliative. Les soins palliatifs sont administrés aux patients dont l'affection ne répond plus au traitement curatif (qui soignent).

Dans le cas de cancer métastatique ou de tumeur non opérable, la chimiothérapie est le traitement de référence. Elle a pour but de limiter la progression de la maladie, soulager les symptômes, améliorer la qualité de vie. On parle alors de chimiothérapie palliative.

La chimiothérapie se déroule généralement par cures au cours desquelles les médicaments sont administrés par voie intra-veineuse. Les effets secondaires de la chimiothérapie sont fréquents. Le sujet peut avoir des nausées des vomissements, une chute de cheveux, une grande fatigue, des infections à répétition…

Les thérapies ciblées et l'immunothérapie

De essais cliniques sont en cours pour évaluer l’efficacité des thérapies ciblées et de l’immunothérapie dans le traitement du cancer de l’estomac et donnent de bons espoirs.

La radiothérapie

La radiothérapie n’est pas le traitement le plus utilisé pour le cancer de l’estomac. Elle peut être employée avant ou après la chrirugie, associée à la chimiothérapie pour en potentialiser les effets.

En cas de cancer de l’estomac, la radiothérapie peut provoquer des diarrhées, des vomissements ou des nausées. Les effets secondaires de la radiothérapie disparaissent généralement à l’arrêt du traitement.

Le suivi

Le suivi est nécessaire, surtout après une gastrectomie totale puisque la capacité de l’estomac est réduite voire nulle. Le sujet doit donc adapter sa façon de s’alimenter. Il doit manger en moins grande quantité, mais plus souvent. Le risque de dénutrition doit être surveillé par une diététicienne. Des compléments alimentaires doivent également être administrés comme la vitamine B12.

Enfin, le risque de récidive nécessite des consultations et examens complémentaires réguliers pendant plusieurs années.

Prévention

Comme pour tous les cancers, des mesures d’hygiène de vie permettent de prévenir leur apparition. Pour le cancer de l’estomac, les principales mesures de prévention sont :

  • L’arrêt du tabac.
  • Ne pas consommer d’alcool en excès.
  • Avoir une consommation de sel modérée.
  • Limiter la consommation de salaisons et viandes ou poissons fumés.
  • Avoir une consommation suffisante de fibres, fruits et légumes.

Sites d’informations et associations

Des sites d’informations sur le cancer de l’estomac sont consultables sur internet ainsi que des forums d’entraides pour les patients atteints. Il s’agit :