Cancer : ce médicament courant réduit les effets secondaires de la chimiothérapie

Publié par Edouard Korvaul
le 12/05/2026
 personne qui suit un protocole de chimiothérapie
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Photo d'illustration
Face à certains effets secondaires provoqués par la chimiothérapie, une étude récente révèle que l'ibuprofène, un médicament courant, pourrait à faible dose atténuer les troubles des patients.

Les patients sous chimiothérapie rapportent fréquemment une sensation tenace de “brouillard mental”, se traduisant par des pertes de mémoire, un manque d'attention et des difficultés de concentration. Ce phénomène neurologique s'avère particulièrement répandu, puisque jusqu'à 80 % des malades signalent ces altérations cognitives pendant ou après leur protocole de soins.

Rapporté à l'échelle nationale, l'impact de ce trouble s'annonce majeur. Chaque année, la France enregistre environ 433 000 nouveaux diagnostics de cancer, selon l'Institut National du Cancer. Si l'on applique les proportions observées dans cette recherche, plus de 340 000 patients français risquent d’être confrontés à ces troubles cognitifs. Cet enjeu de santé publique dépasse le simple confort puisqu’ils pénalisent lourdement le bien-être, la reprise du travail et le maintien d'une vie sociale active après la maladie.

L'ibuprofène : une piste sérieuse pour protéger les fonctions cognitives

Pour contrer ce déclin, des chercheurs du Wilmot Cancer Institute situé dans la ville de Rochester aux Etats-Unis ont évalué l'administration d'une dose de 200 mg d'ibuprofène deux fois par jour chez des individus en cours de traitement. L'étude, menée en majorité sur des femmes soignées pour un cancer du sein, démontre une réelle efficacité de cette molécule somme toute banale.

Qu’ont constaté les chercheurs au cours de ces travaux ? Les évaluations neuropsychologiques, notamment le test de performance Trail Making Test, ont mis en évidence que la prise d'ibuprofène seule permet déjà une amélioration notable de l'attention par rapport à un placebo. Le mécanisme repose sur la régulation de l'inflammation. Les tumeurs et les traitements oncologiques augmentent drastiquement les cytokines pro-inflammatoires, comme le TNF-α. L'action ciblée du médicament aide ainsi à stabiliser ces marqueurs biologiques pour minimiser les dommages neuronaux.

Le sport, complément indispensable ou alternative majeure ?

L'essai clinique souligne que l'activité physique surpasse même les bénéfices du traitement médicamenteux. Le déploiement d'un programme d'exercice structuré, combinant la marche et des séances avec élastiques, se révèle extrêmement performant pour dissiper ce brouillard mental. Afin d'établir une base de référence précise, les participants devaient porter un podomètre numérique trois jours avant le début du suivi.

L'équipe de recherche a également intégré les observations de la famille et des amis pour valider ces résultats. Ces proches ont noté les améliorations les plus visibles chez les malades pratiquant une activité sportive, avec ou sans ibuprofène. Ce protocole a permis à des individus complètement sédentaires de passer à un niveau d'activité léger, démontrant qu'un effort physique, même modéré, demeure un levier thérapeutique extrêmement puissant.

Précautions et perspectives : ne pas s'automédiquer

Malgré un bilan très encourageant, la communauté scientifique fixe une limite absolue : consultez immédiatement votre médecin et ne prenez jamais d'anti-inflammatoires sans l'autorisation expresse de votre oncologue. Bien que l'expérience n'ait révélé aucun effet secondaire sévère, l'automédication présente des dangers qu’il ne faut pas minimiser.

L'ibuprofène s'expose à de multiples interactions avec d'autres thérapies oncologiques et comporte des risques gastriques et rénaux potentiellement dangereux. Pour sécuriser cette approche et ajuster les dosages optimaux, de futurs essais cliniques de phase 3 sont programmés afin de confirmer cette avancée à grande échelle.

Afficher les sources de cet article
  • Communiqué de presse
  • Janelsins MC, Alieldin RA, Holler T. et al. Essai de phase 2 sur l'exercice physique et l'ibuprofène à faible dose pour les troubles cognitifs liés au cancer chez les patients sous chimiothérapie. Cancer. 2026;e70323. doi : 10.1002/cncr.70323
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