Bronchite, méningite… : un nouveau protocole de vaccination depuis cet été pour les + de 65 ans

Publié par S. Coucke-Haddad
le 18/09/2026
infection à pneumocoque dans les poumons
Istock
Photo d'illustration
Désormais recommandée en dose unique à toutes les personnes de 65 ans et plus, cette nouvelle vaccination ne prévient pas seulement les infections à pneumocoque, elle évite aussi AVC et infarctus. Pourquoi et comment faire ? Explications.

Le 30 juillet dernier, la Haute Autorité de Santé a fait évoluer la stratégie préventive contre le pneumocoque, une bactérie fréquemment hébergée dans la gorge mais capable de provoquer des complications sévères. Cette mesure concerne près de 15 millions de personnes âgées de 65 ans et plus, alors que moins d'un senior sur cinq est actuellement vacciné.

Infections à pneumocoque : des risques sous-estimés chez les seniors

Le vieillissement du système immunitaire accentue la fragilité de l'organisme face aux agressions microbiennes. Selon le réseau Epibac de Santé publique France, le risque de contracter une infection invasive est 4,5 fois plus élevé après 65 ans, avec un taux d'incidence atteignant 18,3 cas pour 100 000 habitants contre seulement 4,2 chez les adultes plus jeunes. Chaque année, cette bactérie entraîne au moins 10 000 hospitalisations sur le territoire, avec une surreprésentation des seniors : ils concentrent environ 75 % des admissions pour pneumonie aiguë communautaire.

Le risque d'infarctus du myocarde est multiplié par 6 et celui d'accident vasculaire cérébral par 12 dans les jours suivant une infection par pneumocoque.

Autre point important, les infections à pneumocoques s’attaquent à des personnes en bonne santé, la moitié des patients de plus de 65 ans admis à l'hôpital pour une pneumonie ne présentaient aucune maladie chronique préalable. Surtout, les complications dépassent l'appareil respiratoire : d'après des travaux parus dans l'European Respiratory Journal, le risque d'infarctus du myocarde est multiplié par 6 et celui d'accident vasculaire cérébral par 12 dans les jours suivant l'infection bactérienne, provoquant une perte d'autonomie durable chez de nombreux patients.

Dose unique dès 65 ans : qu’est-ce que ce nouveau vaccin ?

Alors que jusque-là, deux injections distinctes étaient nécessaires, la Haute Autorité de Santé préconise désormais une dose unique administrée dès le 65e anniversaire pour tous, pas uniquement en cas de comorbidité. Les adultes de 18 à 64 ans immunodéprimés ou souffrant d'affections chroniques sont également intégrés au protocole préventif.

La HAS oriente en outre vers le vaccin conjugué 21-valent VPC21, identifié comme le choix offrant le bénéfice sanitaire le plus avantageux. Cette mise à jour vise à combler un important retard vaccinal : à l'heure actuelle, moins de 20 % des personnes ciblées en France ont reçu leur injection contre le pneumocoque, laissant une grande majorité de seniors sans couverture face à ce pathogène.

Quels sont les atouts du nouveau vaccin VPC21 ?

Cette formulation a été conçue pour s'adapter à la réalité épidémiologique de l'adulte. En combinant plusieurs sérotypes communs aux anciennes formules et d’autres plus spécifiques, le VPC21 neutralise les souches les plus courantes chez les aînés. Selon le Centre National de Référence des Pneumocoques, ce vaccin neutralise 84 % des souches à l'origine d'infections invasives chez les 65 ans et plus, contre 61 % pour le VPC20 et seulement 30 % pour le VPC13.

Du côté de la tolérance, l'essai clinique de phase 3 STRIDE-3, publié dans The Lancet Infectious Diseases confirme un profil rassurant comparable aux générations précédentes. Les réactions observées demeurent bénignes et disparaissent en moins de trois jours, se résumant le plus souvent à une sensibilité au site de ponction, des courbatures ou une fatigue passagère.

Vaccin contre le pneumocoque : quelle est la marche à suivre ?

L'injection peut être réalisée tout au long de l'année, mais la période automnale reste le créneau idéal pour la coupler aux autres préventions. Le vaccin contre le pneumocoque peut en effet être administré le même jour que le vaccin contre la grippe ou la dose de rappel contre la Covid-19, sur deux bras distincts. Le médecin traitant, le pharmacien d'officine et l'infirmier sont tous habilités à prescrire et injecter la solution.

Afficher les sources de cet article
  • Conférence de presse MSD 2 septembre 2026
  • Platt HL, Bruno C, Buntinx E, Pelayo E, Garcia-Huidobro D, Barranco-Santana EA, Sjoberg F, Song JY, Grijalva CG, Orenstein WA, Morgan L, Fernsler D, Xu W, Waleed M, Li J, Buchwald UK; STRIDE-3 Study Group. Safety, tolerability, and immunogenicity of an adult pneumococcal conjugate vaccine, V116 (STRIDE-3): a randomised, double-blind, active comparator controlled, international phase 3 trial. The Lancet Infectious Diseases, 2024. DOI: 10.1016/S1473-3099(24)00344-X.
  • Warren-Gash C, Blackburn R, Whitaker H, McMenamin J, Hayward AC. Laboratory-confirmed respiratory infections as triggers for acute myocardial infarction and stroke: a self-controlled case series analysis of national linked datasets from Scotland. European Respiratory Journal, 2018. DOI: 10.1183/13993003.01794-2017.
  • Santé publique France. Surveillance des infections invasives bactériennes en France métropolitaine, Réseau Epibac.
  • Haute Autorité de Santé (HAS)
  • Centre National de Référence des Pneumocoques (CNRP)
Voir les commentaires