#JeSuisGrosseDonc : le nouvel hashtag contre la grossophobie

Le quotidien des personnes en surpoids ou obèses est très souvent ponctués de réflexions discriminantes, reflet d’une ignorance prégnante sur les questions liées au poids. Or, ces attaques régulières peuvent s’avérer dévastatrices pour celles et ceux qui les reçoivent.

Afin de dénoncer cette grossophobie ordinaire, les hashtags #JeSuisGrosDonc et #JeSuisGrosseDonc ont vu le jour sur Twitter. À travers lui, des internautes racontent les préjugés dont ils sont victimes en permanence. Tour d’horizon de leurs témoignages, dans notre diaporama.

Les causes qui mènent au surpoids sont nombreuses

Parmi la plus grande idée reçue qui persiste au sujet des personnes en surpoids, il y a l’idée que, si elles sont grosses, c’est parce qu’elles s’alimentent mal ou ne font pas de sport. Ce qui sous-entend également que, si elles ne parviennent pas à maigrir, c’est parce qu’elles manquent de volonté. Or, en plus d’être ultra-culpabilisateur, cela est totalement faux.

D’une part, il existe un très grand nombre de facteurs pouvant conduire une personne vers la surcharge pondérale : la génétique, un choc émotionnel, une souffrance psychologique, une maladie, la prise de certains médicaments… L’alimentation et la sédentarité ne sont donc pas les seules en cause.

Il est plus difficile de maigrir lorsqu’on a été gros

D’autre part, une personne qui a déjà été en surpoids aura beaucoup plus de difficultés à maigrir (et à rester mince !) qu’un individu qui n’a jamais dépassé son poids d’équilibre. Et ce, même en faisant du sport et en mangeant équilibré. 

En effet, tout le monde possède un certain nombre de cellules adipeuses, qui se remplissent de graisses lorsqu’on prend du poids. Mais dès lors que l’on dépasse ce fameux poids d’équilibre, c’est-à-dire la quantité de masse grasse que l’organisme peut réguler, de nouvelles cellules adipeuses vont se créer, pour venir en renfort de celles qui existent déjà.

Or, ce phénomène est irréversible. Ainsi, lorsqu’on fait un régime et que l’on maigrit, les cellules adipeuses (les anciennes, comme les nouvelles) vont se vider… mais elles ne disparaissent jamais. Le poids d’équilibre de l’organisme est donc modifié et il sera donc beaucoup plus difficile de retrouver son poids précédent.

Des préjugés au sein même du corps médical

Si ces mécanismes biologiques sont peu connus du grand public, ce qui peut expliquer (sans pour autant les excuser) la persistance de nombreux préjugés, ils sont pourtant connus du corps médical. Mais il semble que cela n’empêche pas certains médecins de tenir, eux aussi, des discours grossophobes.

Comme le révèle le hashtag #JeSuisGrosDonc, il est fréquent que des soignants mettent en cause le poids de leurs patients au moindre problème de santé alors que, bien souvent, leur maladie n’a rien à voir avec leurs kilos en trop. Problème : si les bons examens ne sont pas réalisés parce que le médecin ne prend pas son patient au sérieux, le diagnostic d'un éventuel problème de santé est alors retardé

Il convient d’ailleurs de rappeler qu’il est tout à fait possible d’être en surcharge pondérale et en parfaite santé. D’être en surpoids tout en mangeant équilibré. D’être obèse et de faire du sport. Bien sûr, l’obésité est un facteur de risque de cancer et de maladies cardiovasculaires et l’idée de cet hashtag n’est pas d’en faire l’apologie. Il vise plutôt à dénoncer les violences ordinaires que subissent les personnes dont le corps ne correspond pas aux normes sociétales, parce que jugé trop gros. Violences qui, bien souvent, ont tendance à empirer cette maladie qu’est l’obésité, au lieu de la comprendre et de la soigner.

Sources

https://blog.francetvinfo.fr/dans-vos-tetes/2017/06/12/pourquoi-est-il-si-difficile-de-perdre-du-poids.html 

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