Chien : la race d’un chien ne predit pas son risque de morsure

Chaque année, il y aurait environ 10 000 morsures de chiens déclarées en France. Mais si vous pensez avoir plus de risques d’être attaqué par un gros molosse, détrompez-vous. D’après une expertise menée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), la race de l’animal ne permet pas, à elle seule, de prédire ce risque de manière fiable. Elle rappelle, par ailleurs, que même les plus petits chiens peuvent mordre.

Dans ce diaporama, nous vous listons les races de chien qui, statistiquement, comptent le plus de morsures à leur actif. Et certaines d’entre elles pourraient bien vous surprendre…

Pas de lien entre la race d’un chien et le risque de morsure

Les 10 000 morsures évoquées plus haut représentent uniquement celles qui ont été déclarées auprès de la Direction départementale en charge de la protection des populations. D’après l’Anses, ces chiffres sont donc “très certainement inférieurs à la réalité”. Elle rappelle au passage que ‘les professionnels (médecins, pompiers, vétérinaires…) et les particuliers doivent déclarer toute morsure de chiens auprès de leur mairie”.

Son expertise, réalisée à la demande du ministère de l’Agriculture, avait pour but de “mieux appréhender la dangerosité des chiens” et “d’apprécier la pertinence des mesures de catégorisation par race”.

De nombreux facteurs peuvent conduire un chien à mordre

Après avoir examiné de nombreux facteurs, l’agence sanitaire a conclu que le risque de morsure “ne peut se fonder de manière fiable sur la seule race ou le type racial du chien”.

D’après l’Anses, c’est tout un ensemble de critères qui doivent être pris en compte pour évaluer le risque de morsure. “Certains dépendent du chien, son développement, son bien-être… D'autres facteurs sont liés aux personnes, leur âge, le lieu où ça se déroule, le fait qu'ils soient attentifs ou non aux signaux du chien”, souligne Matthieu Schuler, directeur général délégué au pôle science de l’agence.

Les facteurs liés au chien pouvant contribuer à une morsure :

  • sa race, son tempérament et son statut reproducteur (castré ou non) ;
  • son sexe : les chiens mâles sont plus agressifs que les femelles ;
  • son âge : les chiens adultes sont plus à risque que les chiens jeunes ;
  • ses conditions de développement : une séparation de la mère et de la fratrie trop précoce, un contact avec l’humain trop tardif ;
  • son bien-être, en respectant ses besoins et attentes ;
  • sa santé mentale et physique : affections douloureuses, altération de l’état émotionnel et troubles du comportement ;
  • ses modalités d’interaction avec l’humain : relations avec les hommes, éducation reçue, capacités émotionnelles et cognitives.

Les facteurs liés aux personnes exposées à la morsure :

  • L’âge, le genre et la profession des victimes de morsure : les enfants en bas âge, les hommes, les professions en contact fréquent avec les chiens et les personnes utilisant des chiens de garde et de défense sont plus à risque que les autres ;
  • Les lieux de la morsure : espace public ou privé ;
  • Le mode de vie du chien : l’éducation, les pratiques quotidiennes ou l’hébergement de l’animal peuvent contribuer à l’émergence de comportements agressifs ;
  • Les capacités de communication avec les chiens et notamment la détection des signaux d’agression ou de menace exprimés par l’animal, souvent mal identifiés par les propriétaires.
  • L’émission de signaux inappropriés chez l’Homme ou de comportements trop brusques de sa part sont également souvent associés aux morsures.

Les chiens de catégories 1 et 2 ne mordent pas davantage

Malgré ces arguments probants, la législation française se fonde toujours sur la race pour déterminer si un chien est “dangereux” ou non, en les classant en plusieurs catégories. Les “chiens d’attaque” constituent la première catégorie, tandis que la seconde regroupe les “chiens de garde et de défense”. Elles incluent les races suivantes : American Staffordshire terrier (pitbull), Mastiff, Tosa et Rottweiller.

Depuis le 1er janvier 2010, leurs propriétaires doivent obligatoirement posséder un permis de détention, dont la délivrance est soumise à trois conditions :

  • posséder une attestation d’aptitude ;
  • avoir soumis son chien à une évaluation comportementale ;
  • posséder les documents justificatifs de l'identification du chien, de sa vaccination contre la rage, le certificat vétérinaire de stérilisation et une attestation d'assurance responsabilité civile.

Cette catégorisation présente des limites

Or, l’Anses rappelle qu’à ce jour, “aucune étude scientifique ne met en évidence un risque plus élevé de morsure par les chiens de catégories 1 et 2 dits « dangereux ». Les États-Unis, les Pays-Bas ou l'Italie, qui avaient adopté des catégorisations similaires, les ont abandonnées après avoir constaté leur inefficacité dans la réduction du risque de morsure”.

Dans son projet de loi renforçant les mesures de prévention et de protection des personnes contre les chiens dangereux, le Sénat rappelle, de son côté, que “les petits chiens - souvent impliqués dans des attaques d'enfants en bas âge - sont aussi mordeurs que les gros”.

Il précise toutefois que “les risques de blessures graves sont plus élevés lorsque la personne est attaquée par un chien de grand gabarit”, car la pression exercée par leurs mâchoires et beaucoup plus forte.

Chiens : les races qui mordent le plus

Dans les faits, les chiens de catégories 1 et 2 ne sont donc pas les seuls animaux susceptibles de mordre les humains. Des chiens bien plus petits, ou qui semblent plus inoffensifs, peuvent tout à fait se montrer agressifs.

“Certains animaux parmi les plus mordeurs ne figurent pas dans ces deux catégories et quand j'étais vétérinaire, les chiens dont je me méfiais le plus étaient les yorkshires et les cockers”, indique le député LREM des Alpes-Maritimes Loïc Dombreval, interrogé par nos confrères du Parisien. “Il faut bien avoir conscience que l'on peut être défiguré par la morsure d'un caniche”.

Dans ce diaporama, nous vous listons les 15 races de chiens les plus mordeurs, selon une enquête de l’institut de veille sanitaire (IVS) réalisée entre le 1er mai 2009 et le 30 juin 2010, sur les données collectées dans huit hôpitaux. Découvrez le classement en images.

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Sources

Chez les chiens, la race ne suffit pas pour prédire et prévenir le risque de morsure, Anses, 8 février 2021. 

Les chiens de catégorie 1 et 2 dits « chiens dangereux », ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation, 14 novembre 2019.

Projet de loi renforçant les mesures de prévention et de protection des personnes contre les chiens dangereux, Sénat, 8 février 2021. 

Pitbull, teckel, jack russell… quels sont les chiens qui mordent le plus ?, Le Parisien, 8 février 2021. 

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