Alzheimer : pour la première fois, un traitement inverse les effets

Une découverte qui sonne comme un nouvel espoir dans le traitement contre la maladie d’Alzheimer. Pour la première fois, le laboratoire Biogen permet d’inverser les effets indésirables de cette pathologie neurodégénérative.

C’est un véritable coup de théâtre dans le domaine de la recherche. Alors que la maladie d’Alzheimer frappe 50 millions de personnes dans le monde, le laboratoire Biogen révèle l’efficacité d’un médicament très prometteur.

Pourtant, en mars 2019, le laboratoire annonçait l’abandon des essais menés sur 2000 patients. Les résultats s’étaient avérés négatifs, provoquant l’immense déception des chercheurs engagés.

Retournement de situation. De nouvelles données qui n’avaient pas été étudiées présentent des conclusions pleines d’espoirs. Mardi 22 octobre, Biogen affirme que l’aducanumab permet d’altérer le déclin fonctionnel chez les patients atteints par la maladie d’Alzheimer.

Suite à leurs échanges avec la FDA (Food and Drug Administration), le laboratoire Biogen envisage de soumettre une demande de licence pour le médicament début 2020.

L’autonomie des patients améliorée de 40 %

"Les patients qui ont reçu l’aducanumab à hautes doses ont constaté des améliorations significatives sur des fonctions cognitives telles que la mémoire, l’orientation spatiale et le langage", révèle le laboratoire Biogen.

En outre, les patients concernés deviendraient même plus autonomes dans la vie quotidienne. Les chercheurs mentionnent notamment la gestion de leurs finances, les tâches ménagères ainsi que les déplacements indépendants. Concrètement, les chercheurs évaluent l’amélioration de l’autonomie des patients à 40 %.

"Depuis que l’on travaille sur cette maladie, c’est la première fois qu’on a un médicament qui agit sur les lésions, c’est-à-dire qui bloque le processus pathologique et qui agit sur les symptômes", se réjouit le professeur Bruno Dubois, directeur de l’Institut de la maladie d’Alzheimer à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière.

L’aducanumab cible la bêta-amyloïde

Si l’aducanumab finit par être approuvé, il deviendrait le premier traitement réduisant le déclin cognitif de la maladie d’Alzheimer et serait également le premier à démontrer que l’élimination de la bêta-amyloïde entraînait de meilleurs résultats cliniques.

En effet, l’aducanumab est un traitement par anticorps ciblant une protéine nommée bêta-amyloïde. Cette dernière s’accumule dans le cerveau chez les patients atteints d’Alzheimer. La dégénérescence des neurones qui survient dans cette maladie est en partie due à l’accumulation anormale de cette protéine à l’extérieur des cellules nerveuses. Cette accumulation conduit à la formation de plaque amyloïde, également appelées plaques séniles.

La plus grande analyse sur les plaques amyloïdes confirmait que la présence de cette substance peut aider à déterminer quelles personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer, et surtout quelles personnes développeront cette pathologie. L’étude en question avait été menée par une équipe de chercheurs, dirigée par le Pr Bruno Dubois et le Pr Richard Lévy.

L’aducanumab pourrait donc réellement changer la donne pour les millions de victimes d’Alzheimer. Prochaine étape pour le laboratoire Biogen ? Demander les autorisations de mise sur le marché aux USA et en Europe.

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Source(s):

News Releases, Biogen, 22 octobre 2019

Maladie d'Alzheimer : pour la première fois, un laboratoire observe une diminution des symptômes, France Inter, 24 octobre 2019

Détecter les plaques amyloïdes pour diagnostiquer la maladie d'Alzheimer, ICN (Institut du cerveau et de la moelle épinière, 6 juillet 2015