Nice : décès d'une femme dans un institut de beauté, quels soins sont aujourd'hui interdits ?

Publié par S. Coucke-Haddad
le 30/07/2026
camion de pompier
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Photo d'illustration
Dramatique accident dans un institut de beauté de Nice cette semaine. Une femme de 25 ans est décédée. Épilation laser, maquillage permanent, acide hyaluronique… quels sont les soins autorisés en institut de beauté et comment éviter les accidents ? Le point.

Le lundi 27 juillet 2026, un simple soin beauté a viré à la tragédie pour une cliente de 25 ans, décédée sur place. Les services de secours arrivés rapidement sur les lieux n’ont malheureusement pas pu la ranimer, rapportent nos confrères de France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le soin proposé par l'institut, qui a pignon sur rue, pourrait être à l'origine du drame.

Drame à Nice, un décès suspect lors d'un soin esthétique

Selon les médias locaux, une enquête judiciaire pour exercice illégal de la médecine, homicide involontaire et administration de substances nuisibles est en cours. Officiellement, cet établissement proposait de la coiffure, des manucures et des soins des cils. Cependant, plusieurs avis clients sur Google semblent mentionner des injections de comblement à l'acide hyaluronique. À la suite de cet événement, trois personnes, incluant les responsables de la boutique, ont été placées en garde à vue pour définir leur implication et analyser la nature exacte des substances administrées.

Acide hyaluronique et toxine botulique : peut-on en faire dans un institut de beauté ?

La réglementation française ne laisse pas place au doute. Selon le Conseil National de l'Ordre des Médecins, seuls les médecins, tels que les dermatologues ou les chirurgiens plasticiens, possèdent l'autorisation légale d'administrer des produits de comblement ou de la toxine botulique. Les esthéticiennes n'ont aucune légitimité pour ces actes, peu importe leurs certifications. Face à la prolifération d’actes illégaux de ce type, un décret de mai 2024 restreint désormais la vente de ces dispositifs aux seuls professionnels de santé. D'ailleurs, l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) précise que l'usage du "Hyaluron Pen", un dispositif de pression sans aiguille, est tout autant interdit pour les non-médecins.

L'agence prévient en outre que ces pratiques exposent à des nécroses cutanées, des cécités irrémédiables ou des chocs anaphylactiques mortels. Les signalements d'effets indésirables graves liés à ces "injecteurs marrons" ont bondi de 30 % entre 2022 et 2023.

Épilation laser et lumière pulsée, un cadre assoupli mais rigoureux

D’un autre côté, le monopole des médecins sur certaines technologies a toutefois récemment évolué. Le Conseil d'État a statué que les instituts peuvent désormais employer le laser et la lumière pulsée, sous des conditions très strictes. Les professionnelles doivent valider une formation de haut niveau et respecter des normes de sécurité intransigeantes pour prévenir les brûlures sévères. De plus, tout aspect suspect sur la peau, comme un grain de beauté atypique ou une lésion, exige le renvoi de la cliente vers un dermatologue avant toute intervention.

Maquillage permanent et tatouages : les obligations légales des instituts

Le dermographe, utilisé pour le maquillage permanent et le microblading, reste autorisé pour les esthéticiennes. Ces techniques relèvent d'une effraction cutanée superficielle et non d'une procédure médicale. Toutefois, le Code de la Santé Publique impose une formation obligatoire en hygiène et salubrité, d'une durée de 7 à 21 heures. Tout salon proposant ces prestations doit systématiquement faire l'objet d'une déclaration auprès de l'Agence Régionale de Santé (ARS).

Quels sont les signes d'un établissement à risque ?

Pour esquiver les dérives des injecteurs illégaux, plusieurs indices doivent alerter. L'absence de diplôme de docteur en médecine affiché est un premier signal d'alarme. L'ANSM met en garde contre les tarifs défiant toute concurrence massivement promus sur les réseaux sociaux. De même, une prestation réalisée dans une arrière-boutique d'onglerie, un appartement ou un salon de coiffure indique une pratique frauduleuse. Certains escrocs utilisent même des produits non stériles achetés sur des plateformes étrangères. Enfin, un praticien légal vous fournira systématiquement un numéro de lot et une étiquette de traçabilité de la molécule administrée.

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