Mort d’Evelyne Leclercq : pourquoi les décès augmentent pendant les fêtes ?
Le 3 janvier est le jour de l’année où la mortalité est la plus élevée, et janvier le mois le plus mortel, suivi par février et mars, décembre se plaçant seulement en quatrième position, selon le démographe Roland Rau interrogé par le journal américain The Washington Post en février 2024. Et ceci, indique le démographe, plus particulièrement après 40 ans, quand les conditions extérieures deviennent plus difficiles pour les organismes fatigués.
Pourtant ces derniers jours les personnalités décédées d’un cancer s’additionnent : la chanteuse sétoise Fanny Biascamano, plus connue sous le simple patronyme de Fanny, est morte à seulement 46 ans “des suites d’une longue maladie” le 27 décembre dernier. Elle était connue pour sa participation à l'Eurovision. Hier, 30 décembre, c’est Tatiana Schlossberg, la petite-fille de John Kennedy, qui est décédée à l’âge de 35 ans. Elle se battait depuis quelques mois contre une leucémie myéloïde aiguë présentant une mutation rare, généralement observée chez les personnes âgées et avait annoncé en novembre être en phase terminale.
C’est également hier que l’animatrice Evelyne Leclercq nous a quittés comme l'a confirmé un communiqué publié aujourd'hui. Elle est décédée à Grasse (Alpes-Maritimes), « entourée de sa famille, des suites d’une très longue maladie » et avait « affronté l’épreuve avec un courage hors du commun portée jusqu’au bout par l’amour des siens », a indiqué sa fille Céline Olive dans un communiqué adressé à l’AFP. Elle avait indiqué en 2019 se battre contre un cancer du système lymphatique.
Mort d’Evelyne Leclercq : pourquoi les décès augmentent pendant les fêtes ?
Les chercheurs se questionnent depuis longtemps sur les fluctuations saisonnières des décès et leurs explications. Pour ce qui concerne plus précisément le cancer, une étude menée par des scientifiques américains a passé à la loupe plus de 10 millions de décès par cancer sur une période de 17 ans. Publiée en 2022 dans le Journal of Clinical Oncology ces travaux révèlent plusieurs points très surprenants et notamment que “chaque année, une augmentation constante des décès était constatée en décembre et janvier”.
Plus étonnant encore, les pics de décès par cancer fluctuent au cours de la semaine : "le taux de mortalité augmentait progressivement du lundi au jeudi, atteignait un pic le vendredi et le samedi, puis diminuait le dimanche.”
A contrario, les décès hors milieu hospitalier (à domicile, en EHPAD ou en soins palliatifs) étaient plus fréquents le week-end et après les fêtes ? Pourquoi ? "Ces malades en phase terminale arrivent à tenir, ont un sursaut. Ils veulent voir une dernière fois ceux qu’ils aiment, leur famille, avant de mourir” avait expliqué à France Info la Dre Kanan Shah, cancérologue et auteure de l’étude. Les retrouvailles familiales facilitées les jours de fêtes ou les week-end peuvent expliquer ce constat et l'augmentation des décès dans les heures ou jours qui suivent ces rencontres.
Hospitalisation : plus de risques pendant les fêtes de fin d’année !
Toutes maladies confondues, la période des fêtes semble être le talon d’Achille des hôpitaux. Une autre étude publiée dans le British Medical Journal en 2018, montre ainsi que le suivi des personnes hospitalisées pendant les fêtes est moins efficace qu’à d'autres périodes de l’année et que le nombre de ré-hospitalisations mais aussi de décès est plus élevé dans les semaines qui suivent la sortie, lorsqu’on est hospitalisé à cette période. Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs canadiens à l’origine de ces travaux ont étudié plus de 217 000 admissions d’enfants et d’adultes pendant les fêtes.
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British Medical Journal
Journal of Clinical Oncology
The Washington Post
Pourquoi Docteur
La Dépêche