Les serpents venimeux de plus en plus présents en France, y compris dans les villes selon une étude

Publié par Aude Klain
le 06/06/2026
 vipère près d'une ville
New Planet Media
Photo d'illustration
Le réchauffement climatique bouleverse les écosystèmes et pousse les reptiles venimeux vers de nouveaux territoires, multipliant les rencontres inédites jusque dans nos habitations. Explications et conseils pour éviter les mauvaises rencontres.

Fin mai 2026, une habitante de la région de l'Orne a eu la frayeur de sa vie en découvrant un impressionnant reptile lové directement dans sa salle à manger. Une mésaventure rapportée par nos confrères de Ouest-France. Même si le serpent en question s’est avéré être une couleuvre, somme toute inoffensive, une étude publiée le 21 mai 2026 met en lumière une réalité inquiétante : sous l'effet des dérèglements climatiques, la faune sauvage redessine ses frontières naturelles, rapprochant irrémédiablement des espèces potentiellement dangereuses de nos lieux de vie quotidiens et de nos foyers.

Cette nouvelle dynamique environnementale est mise en évidence par une étude d'envergure publiée dans la revue PLOS Neglected Tropical Diseases cette fin mai. Ces travaux demandés par l'organisation mondiale de la santé (OMS) ont disséqué le comportement et l'évolution de 508 espèces de serpents à travers le globe. Il faut savoir que chaque année, les morsures causées par ces reptiles provoquent environ 138 000 décès et engendrent près de 400 000 invalidités sévères.

Le réchauffement climatique repousse les reptiles vers le nord

Les températures mondiales grimpent de façon constante et bouleversent les aires de répartition animale. Nous le constatons tous à notre niveau. Les modèles de prévision établis pour les années 2050 et 2090 signalent un déplacement massif des espèces vers des latitudes plus élevées. L'Europe, et particulièrement le territoire français, s'impose comme une région où ces aires de présence vont se maintenir, voire s'étendre vers des zones géographiques autrefois totalement épargnées. Ces prédateurs sont des animaux ectothermes. Leur survie, leur métabolisme et leur reproduction dépendent directement de la température extérieure, de l'humidité et du niveau des précipitations. Leur lente migration vers nos territoires plus septentrionaux constitue une adaptation physiologique inévitable.

L'indice SHOI quantifie l'invasion par les serpents des zones urbanisées

Pour évaluer objectivement ce phénomène d'empiétement, les chercheurs s'appuient sur un nouvel outil de mesure nommé indice de chevauchement serpent-humain (SHOI). Cette modélisation statistique croise minutieusement la densité de la population humaine avec le degré d'attractivité de l'habitat pour les reptiles. L'étude démontre une augmentation nette de ce chevauchement aux abords immédiats et à l'intérieur même des centres urbains.

En Europe, la forte hausse de cet indice suggère que certaines espèces, comme la vipère péliade, soient amenées à croiser de plus en plus souvent notre chemin. “Nos prédictions peuvent être utilisées pour décider où stocker quel antivenin, comment garantir une capacité adéquate des établissements de santé individuels, comment améliorer l’accessibilité aux soins de santé des communautés éloignées à risque, et où concentrer les efforts de conservation pour les espèces de serpents menacées”, expliquent les auteurs dans un communiqué.

Serpents : quels gestes de prévention et de secours ?

Pour éviter de retrouver nez à nez avec un serpent à la maison, quelques gestes peuvent être utiles : éliminez systématiquement les herbes hautes, éloignez les tas de bois ou de pierres des portes d'entrée et gérez vos ordures avec soin pour ne pas attirer les rongeurs, proies favorites de ces prédateurs à écailles. Lors d'une rencontre fortuite, gardez vos distances et restez parfaitement calme. Le serpent attaque uniquement s'il se sent acculé. Surtout, ne tentez jamais de capturer l'animal vous-même.

En cas de morsure, contactez immédiatement les secours en composant le 15 ou le 112. Restez immobile pour ralentir la diffusion sanguine du poison. Enfin, ne posez pas de garrot et n’utilisez pas de pompes à venin : “Un extracteur de venin (par exemple Aspivenin, Venimex, Venistop, Ndlr), est à la fois inutile, inefficace et dangereux, détaille le Dr Patrick Nisse, responsable du centre antipoison du CHU de Lille dans une article de 60 millions de consommateurs. Il est faussement rassurant pour la personne qui l’utilise, alors qu’il n’extrait rien et que cela ne diminue nullement la quantité de venin injecté. Le liquide qui sort n’est qu’un exsudat, un liquide limpide jaune très pâle qui apparait sur les plaies superficielles.

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Pintor AFV, Kanankege KST, Turner M, Abela B, de Castañeda RR, Moos B, et al. (2026) Climate change induced complex shifts in snake distributions expose people to snakebite and threaten biodiversity. PLoS Negl Trop Dis 20(5): e0014030. https://doi.org/10.1371/journal.pntd.0014030
Ouest France
Le Figaro
60 millions de consommateurs

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