"Des cas graves continuent de nous être signalés", l'ANSM alerte sur des constipations sévères avec ces médicaments

Publié par S. Coucke-Haddad
le 15/06/2026
constipation sévère
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Photo d'illustration
L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) lance une alerte face à la persistance de complications digestives graves voire fatales liées aux neuroleptiques. Les médicaments en cause, la conduite à tenir, voici ce qu’il faut savoir.
 

Les neuroleptiques sont des médicaments indispensables pour de nombreux patients, mais ils ne sont pas dénués d'effets secondaires sérieux. Face à la recrudescence d'incidents digestifs majeurs, l'ANSM souligne que "des cas graves continuent de nous être signalés" et appelle à une plus grande prudence.

Pourquoi prescrit-on ces traitements en France ?

Les médicaments antipsychotiques, couramment appelés neuroleptiques, sont prescrits pour prendre en charge la schizophrénie, les troubles bipolaires, les états d'agitation, mais aussi certaines maladies neurologiques comme Alzheimer ou les dépressions résistantes. En France, indique l'ANSM, environ 0,8 % de la population âgée de 11 à 75 ans est traitée par ces molécules. Cette consommation affiche une tendance à la hausse, avec une progression notable de 48,5 % chez les adolescents entre 2014 et 2021, selon les données présentées lors du congrès du RESPADD (le réseau de prévention des addictions) en 2025. Ces traitements sont par ailleurs soumis à une prescription médicale obligatoire et exigent un suivi clinique rigoureux de la part des professionnels de santé.

Comment le médicament paralyse votre transit intestinal

Ces substances provoquent un effet anticholinergique qui ralentit considérablement les contractions musculaires intestinales. Ce mécanisme augmente fortement le risque de souffrir d'une constipation sévère, précise l'Observatoire des Médicaments, des Dispositifs médicaux et de l'Innovation Thérapeutique (OMéDIT). Le danger s'aggrave lorsque survient une charge anticholinergique, c'est-à-dire quand le patient associe les neuroleptiques à d'autres médicaments comme des antidépresseurs, des antiparkinsoniens ou des antispasmodiques. Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), un tiers des événements médicamenteux indésirables analysés découle d'une absence d'évaluation du traitement ou de ses effets secondaires digestifs.

De la constipation à l'occlusion intestinale d'urgence, des risques réels

Un simple ralentissement du transit n’alerte généralement pas, mais cette situation peut toujours évoluer vers une urgence absolue, se transformer en fécalome, en occlusion intestinale fonctionnelle, voire en perforation de l'intestin ou en péritonite. La Société Nationale Française de Gastro-Entérologie avertit sur les signes cliniques qui doivent alerter : des douleurs abdominales intenses, un ventre distendu, des vomissements, de la fièvre ou une absence totale de selles. Méfiez-vous également de la fausse diarrhée. L'ANSM souligne que des selles molles inexpliquées peuvent masquer un engorgement sévère, appelé diarrhée de débordement, où seule la partie liquide parvient à traverser l'intestin bouché. Si vous observez ces symptômes, consultez immédiatement un médecin.

Neuroleptiques : les bons réflexes de prévention

Pour limiter ces risques, la mise en place de mesures hygiéno-diététiques est indispensable. Privilégiez une alimentation riche en fibres, maintenez une bonne hydratation et pratiquez une activité physique régulière pour stimuler le transit. Ne négligez pas votre suivi, même si vous prenez votre traitement depuis longtemps : le médecin doit surveiller votre poids, le périmètre abdominal et vous interroger sur la fréquence de ses selles à chaque consultation.
Plus encore pour les personnes de plus de 60 ans et les patients atteints de schizophrénie. La HAS rappelle en effet un paradoxe en psychiatrie : certains malades se montrent moins sensibles à la douleur physique, ce qui peut masquer une occlusion intestinale jusqu'à un stade avancé. En revanche, même en cas de constipation, n'arrêtez jamais votre traitement sans en parler à votre spécialiste.

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