Colorations pour les cheveux : alerte de l'Anses sur la toxicité de certains produits

Publié par Aude Klain
le 21/04/2026
photo  d'une femme qui se teint les cheveux
New Planet Media
Près d'une femme sur deux a recours à la coloration capillaire, mais l'Agence nationale de sécurité sanitaire alerte aujourd'hui sur la toxicité de certains composants provoquant de graves réactions allergiques.

La quête de la nuance parfaite ou la dissimulation des cheveux blancs poussent de nombreuses Françaises vers les teintures. Si ces produits cosmétiques semblent inoffensifs, ils cachent parfois des substances chimiques redoutables pour la peau et les voies respiratoires. Face à la recrudescence des incidents, l’Agence du médicament appelle à la vigilance dans une publication d’avril 2026.

Teintures capillaires : quels sont les risques ?

En 2025, environ 47 % des femmes françaises se colorent les cheveux, un chiffre en baisse par rapport aux 64 % enregistrés en 2016, selon les chiffres du secteur. Parmi ces utilisatrices, 21 % privilégient désormais la coloration à domicile, délaissant les salons de coiffure. Dans les rayons, les teintures permanentes, dites oxydantes, écrasent la concurrence en s'arrogeant 70 à 80 % du marché européen. L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) met toutefois en garde face à cette popularité. Sur 124 déclarations d'effets indésirables recensées entre 2019 et 2025, la quasi-totalité, soit 91 %, impliquait directement ces colorations oxydantes.

Des réactions allergiques graves avec ces colorations pour cheveux

Les utilisatrices rapportent de fréquents symptômes cutanés, allant des sensations de brûlure aux démangeaisons, en passant par de l'eczéma du cuir chevelu et d'impressionnantes pertes de cheveux. Plus alarmant encore, les autorités de santé documentent des atteintes faciales et respiratoires. Des cas d'œdèmes du visage et de gonflements de la gorge entraînant des difficultés respiratoires ont fait l'objet de huit signalements précis. Selon l'Anses, 63 % des accidents liés aux colorations oxydantes sont jugés graves, provoquant une incapacité temporaire ou nécessitant une hospitalisation, contre seulement 36 % pour les autres cosmétiques. Les professionnels ne sont pas épargnés : les coiffeurs souffrent régulièrement d'affections cutanées aux mains et de diverses pathologies respiratoires.

Soins pour cheveux : ces composants sont nocifs

L'agence de sécurité sanitaire pointe du doigt plusieurs composants nocifs. La paraphénylènediamine (PPD), le toluène-2,5-diamine sulfate et divers persulfates figurent parmi les allergènes les plus fréquemment isolés lors des tests. La réglementation européenne impose donc un étiquetage strict : tout produit contenant de la PPD ou du toluène-2,5-diamine sulfate doit afficher la mention “peut provoquer des réactions allergiques sévères”. Ces substances font l'objet de restrictions d'usage drastiques, incluant une interdiction totale d'utilisation chez les moins de 16 ans. Grâce aux signalements de cosmétovigilance, l'Anses pousse les instances européennes à faire évoluer la loi pour restreindre ou bannir les molécules les plus dangereuses.

Adopter les bons gestes de protection

Il existe des contre-indications majeures à respecter impérativement. Ne réalisez jamais de teinture en cas d'antécédent de réaction cutanée ou après avoir fait un tatouage temporaire au henné noir, ce dernier constituant un puissant facteur de sensibilisation à la PPD. Concernant la fameuse "touche d'essai" préconisée par les fabricants, le comité scientifique européen s'y oppose fermement. Ce test préliminaire risque d'être faussement négatif ou même d'augmenter le risque de sensibilisation par un contact répété avec l'allergène. Les experts recommandent plutôt de respecter scrupuleusement le temps de pose indiqué et de conserver l'emballage durant un mois pour faciliter la traçabilité médicale. En cas de réaction sévère, comme une gêne respiratoire, consultez immédiatement un médecin ou appelez le 15.

Afficher les sources de cet article
Google News Voir les commentaires