Cette marque d'huile sur la sellette : elle contient de l'hexane, un solvant toxique

Publié par Céline Willefrand
le 30/06/2026
bouteilles d'huile
Istock
Photo d'illustration
L'hexane, un solvant dérivé du pétrole, est omniprésent dans nos produits du quotidien d’après une enquête de Cash Investigation diffusée il y a quelques jours. L'association Greenpeace alerte de son côté sur les effets délétères de ces solvants sur la santé.

L'hexane, un dérivé de l'industrie pétrochimique, s'invite incognito à notre table. La toxicité de cette substance est pourtant bien documentée depuis les années 1960, époque où elle ravageait la santé des ouvriers de l'industrie de la chaussure. Utilisé massivement par le secteur agroalimentaire ces dernières années, ce contaminant soulève de profondes inquiétudes médicales..

Qu’est-ce au juste que l’hexane, ce pétrole invisible dans nos assiettes

L'hexane est un puissant solvant issu du raffinage du pétrole. L'industrie agroalimentaire l'utilise à grande échelle pour extraire l'huile des graines de colza, de tournesol ou de soja de manière à ce qu'aucune goutte ne soit perdue.

Ce produit chimique bénéficie d'une étonnante indulgence réglementaire. Classé sous l'appellation d'« auxiliaire technologique », il échappe à toute obligation d'affichage sur les emballages, et ce, bien que des résidus stagnent dans le produit final. Le magazine de France 2, Cash Investigation, a confirmé en juin 2026 la gravité de cette contamination systémique, déjà mise en lumière en septembre 2025 par un rapport accablant de l'association Greenpeace.

Risques sanitaires et maladie de Parkinson : quels sont les dangers de l’hexane ?

L'hexane possède une très forte affinité pour les matières grasses et cible directement le cerveau.
Cet hydrocarbure est une substance neurotoxique avérée, suspectée d’être reprotoxique et un potentiel perturbateur endocrinien” indique Greenpeace qui ajoute que des expertises dressent une corrélation directe entre une exposition continue à l'hexane et l'apparition de maladies neurodégénératives sévères, telles que la maladie de Parkinson ou la sclérose en plaques. L'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a formellement reconnu le n-hexane comme substance extrêmement préoccupante en décembre 2025. Face à ces alertes, les limites de résidus autorisées apparaissent obsolètes. Datant de 1996, ces normes européennes ne prennent pas en compte le risque d'une ingestion quotidienne à faible dose.

Focus sur Lesieur, la marque emblématique au cœur de la tourmente

Le groupe Avril, détenteur de la célèbre marque Lesieur et géant de la filière oléagineuse, est pointé du doigt par Greenpeace comme le premier utilisateur d'hexane sur le territoire français.

Des tests en laboratoire indépendants ont décelé des traces de ce solvant dans plusieurs produits de grande consommation. L'huile Isio 4 affiche des niveaux de résidus oscillant entre 0,06 et 0,08 mg/kg. Les références Fleur de Colza et Cœur de Tournesol révèlent des teneurs de l'ordre de 0,04 à 0,05 mg/kg. Mais les huiles ne sont pas les seuls produits à poser problème. Le scandale touche le beurre de grandes marques (Président, Elle & Vire) ainsi que la viande de porc ou de volaille, contaminée via les tourteaux industriels. Plus grave encore, l'enquête de Greenpeace a débusqué des traces d'essence dans 100 % des laits infantiles testés, notamment chez Blédina et Gallia.

Quelles sont les alternatives saines pour votre santé ?

Le premier réflexe consiste à scruter les étiquettes. Achetez systématiquement des bouteilles portant la mention "première pression à froid" ou "extraite par pression". Cette formulation garantit une extraction exclusivement mécanique.

Acheter bio est une autre solution car son cahier des charges prohibe strictement l'emploi de l'hexane. Il est aussi conseillé de diminuer drastiquement les aliments ultratransformés. Les biscuits industriels et les plats préparés regorgent de graisses végétales de mauvaise qualité, constituant des portes d'entrée majeures pour ce solvant. Au niveau parlementaire, la riposte s'organise. Un rapport publié en janvier 2026 soutient une proposition de loi pour imposer un étiquetage transparent de l'hexane, avec pour objectif sa disparition totale de nos assiettes.

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