Ce bêtabloquant majeur en rupture dans les pharmacies : la marche à suivre pour les patients

Publié par Edouard Korvaul
le 05/06/2026
bêtabloquants
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Photo d'illustration
Le Propranolol 40 mg, médicament essentiel en cardiologie et neurologie, subit de nouvelles tensions d’approvisionnement fortes ce début juin 2026. Après une brève accalmie au printemps 2026, l’ANSM alerte sur une dégradation des stocks et impose des restrictions strictes.
 

Utilisé par de très nombreux patients en France, ce traitement de référence fait face à des difficultés de production récurrentes. L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) surveille la situation de près pour éviter toute interruption de soins et vient de publier de nouvelles recommandations de prescription.

Le Propranolol 40 mg indiqué en cas de troubles cardiaques ou neurologiques

Le Propranolol est un médicament appartient à la famille des bêtabloquants non sélectifs. Il agit directement sur les récepteurs cardiaques et vasculaires pour réguler l'activité du cœur. Ses indications médicales couvrent un large spectre, incluant la prise en charge de l'hypertension artérielle, la prévention des crises d'angor et le suivi post-infarctus. Il traite également de nombreux troubles du rythme, comme les tachycardies ou les fibrillations auriculaires.

Son action s'étend également au domaine neurologique. Il est ainsi utilisé en traitement de fond contre la migraine et les tremblements essentiels. En revanche, si le grand public le connaît pour atténuer les manifestations physiques liées au stress, cette indication n'est plus jugée prioritaire en période de pénurie. Enfin, il prévient les hémorragies digestives chez les patients atteints de cirrhose et soulage la cardiomyopathie obstructive.

Propranolol : des pénuries depuis 2025

Les patients sous Propranolol connaissent des difficultés pour récupérer leur médicament en pharmacie depuis plusieurs mois, la pénurie des stocks remonte à décembre 2025. Les premières ruptures ont d’abord frappé les pharmacies de ville, épargnant dans un premier temps le secteur hospitalier. Mais la situation s'est aggravée rapidement pour atteindre un pic entre janvier et février 2026. Pour faire face, l'ANSM autorise exceptionnellement les pharmaciens à réaliser des préparations magistrales. Cette mesure d'urgence permet d'assurer la continuité des soins pour 30 000 patients.

Au mois de mars de cette année, les stocks ont à nouveau été suffisants pour faire face à la demande (l’Agence du médicament avait alors suspendu sa dérogation) mais cette accalmie a finalement été de courte durée. Selon l'ANSM, cette “rechute” s'explique par des retards de production accumulés par les laboratoires Accord et Teva.

L'ANSM impose des mesures d'urgence pour protéger les stocks

Face à cette nouvelle baisse des approvisionnements, les autorités sanitaires durcissent à nouveau leurs règles de prescription. L'ANSM recommande aux professionnels de santé de ne plus débuter de nouveaux traitements avec le dosage à 40 mg, sauf si aucune option de remplacement n’est possible compte tenu du profil du patient. Les ventes de boîtes vers l’étranger sont également suspendues pour préserver les stocks sur notre sol et l'importation de lots dérogatoires de Propranolol Teva 40 mg est programmée pour la mi-juin afin de limiter les ruptures sèches.

Certaines populations vulnérables conservent un accès prioritaire à cette molécule : les femmes allaitantes et les enfants touchés par le syndrome du QT long ou une tachycardie ventriculaire polymorphe, qui ne peuvent pas suivre un traitement de substitution.

Quelles solutions face à la rupture ?

Des relais thérapeutiques existent. En cardiologie, les médecins peuvent orienter leurs patients vers des bêtabloquants sélectifs, tels que le bisoprolol, le nébivolol ou l'aténolol. En cas d'hypertension portale, le carvédilol s'impose comme la molécule à privilégier. Pour la prise en charge préventive des migraines, les protocoles s'orientent vers le métoprolol.

Si votre officine se trouve en rupture, consultez immédiatement votre médecin traitant car ce traitement ne doit jamais être arrêté brusquement la prise, sous peine de déclencher un rebond cardiovasculaire sévère. En outre, votre pharmacien ne peut remplacer votre dosage habituel par des comprimés de 80 mg ou 160 mg sans une ordonnance spécifique. Les laboratoires annoncent une amélioration globale des stocks à partir de la mi-juillet 2026.

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