Arsenic dans l'eau du robinet : l'eau impropre à la consommation dans plusieurs communes de France
L'alerte a été déclenchée lors d'un contrôle de routine de l'Agence Régionale de Santé (ARS). Les analyses ont révélé un taux d'arsenic de 10,4 µg/L, dépassant la limite réglementaire fixée à 10 µg/L. Les habitants de quatre communes autour de Pont d'Hérault, dans le Gard sont concernés depuis le 17 juillet 2026. “Cette mesure concerne les secteurs des Cités, Maison Martin, Le Pagès, Mas de Lègue, Mas Carrière et Corconne” indique France 3 régions qui relaie l’information.
Face à ce constat, les autorités ont imposé une interdiction stricte de boire l'eau du robinet ou de l'utiliser pour la cuisson des aliments. Pour pallier ce manque, les mairies ont rapidement mis en place des distributions de bouteilles d'eau. Toutefois, selon les experts de l'ARS, l'eau du réseau reste parfaitement utilisable pour l'hygiène corporelle et les tâches ménagères, l'absorption cutanée de ce polluant n'étant pas significative lors d'une douche.
Normes de potabilité : d'où vient l'arsenic en France ?
En matière de qualité de l'eau, le Code de la santé publique impose une limite stricte de 10 microgrammes par litre, en parfaite adéquation avec les recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). L'ARS indique qu'un seuil de vigilance existe : entre 10 et 13 µg/L, des dérogations temporaires sont parfois accordées si un plan d'action est engagé. Au-delà de 13 µg/L, la distribution est formellement interdite. Contrairement à ce que l’on croit souvent, la présence d’arsenic dans l’eau est parfaitement logique, son origine est principalement géologique. Dans le Massif Central, les Alpes ou les Pyrénées, l'arsenic est naturellement présent dans les roches et s'infiltre dans les nappes phréatiques par dissolution. Pour prévenir tout danger, l'eau reste l'un des produits les plus surveillés du territoire, avec des contrôles continus allant du captage jusqu'au robinet des foyers.
Quels sont les risques réels pour la santé ?
Le danger principal de ce métalloïde ne réside pas dans une ingestion ponctuelle, mais bien dans une exposition chronique à long terme. L'OMS et le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) classent ainsi l'arsenic comme un cancérigène certain pour l'homme (Groupe 1). Une consommation prolongée favorise l'apparition de cancers du poumon, de la vessie et de la peau. Selon les études épidémiologiques de Santé publique France, les premiers symptômes physiques, visibles entre six mois et trois ans d'exposition, sont d'ordre dermatologique. Ils se manifestent par une hyperpigmentation (taches sombres) ou une kératose (épaississement de la peau sur les paumes et les plantes de pieds). Par ailleurs, l'ingestion régulière d'une eau contaminée augmente la probabilité de développer des maladies cardiovasculaires, du diabète, ainsi que des troubles du développement chez les plus jeunes.
Arsenic : bons gestes et solutions techniques face à la contamination
En cas d'alerte, un réflexe commun peut s'avérer dangereux : il ne faut jamais faire bouillir l'eau pour tenter de l'assainir. Selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), l'évaporation augmente mécaniquement la concentration de l'arsenic restant dans la casserole. La seule parade consiste à utiliser exclusivement de l'eau en bouteille pour les usages alimentaires. Du côté des municipalités, des solutions techniques durables existent. Les communes peuvent installer des systèmes de filtration spécifiques, comme l'adsorption sur alumine activée, ou déployer des usines d'osmose inverse, capables d'éliminer jusqu'à 99 % de l'arsenic. Enfin, pour les particuliers possédant un puits privé non raccordé au réseau public, l'installation d'une unité d'osmose inverse certifiée demeure le dispositif domestique le plus performant pour sécuriser son eau quotidienne.