Interviewé dernièrement sur le plateau de Europe 1, le Dr Jimmy Mohamed est revenu sur les origines de l'infidélité. Ce médecin généraliste a évoqué une étude édifiante suggérant que des variations hormonales pouvaient expliquer certains tempéraments volages. Un phénomène qui sous-entend que l'infidélité serait une... maladie.

L'ocytocine pourrait expliquer l'infidélité

"Des scientifiques ont regardé des campagnols des prairies [des rongeurs, ndlr] qu'on a comparés aux campagnols des montagnes. Le campagnol des prairies a une particularité : il est très fidèle dès qu'il s'accouple. Il reste jusqu'à la fin de sa vie avec son/sa partenaire, alors que le campagnol des montagnes est un peu plus volage", décrit le Dr Mohamed.

Deux hormones auraient été mises en cause : la première, c'est l'ocytocine et la vasopressine.

"L'ocytocine est l'hormone de l'attachement et le campagnol des prairies, lorsqu'il a un rapport sexuel, reçoit un boom d'ocytocine qui le rend fidèle toute sa vie. À l'inverse, le campagnol des montagnes n'en sécrète pas, ce qui pourrait être une explication chimique à l'infidélité", interprète le médecin généraliste.

En outre, la vasopressine incite l'animal à défendre son nid. Si le campagnol des prairies en sécrète en quantité, ce n'est pas le cas pour celui des montagnes.

Infidélité : elle serait héréditaire selon des chercheurs

Ce n'étais pas la première fois que la science tente d'expliquer l'infidélité. Des chercheurs de l'université du Queensland (Australie) ont voulu prouver à travers une précédente étude que l’adultère serait héréditaire : 63% des hommes et 40% des femmes infidèles le seraient à cause de leur patrimoine génétique selon leurs estimations. Là encore, les scientifiques ont mis en cause la vasopressine.

Les chercheurs sont parvenus ont à identifier un gène spécifique chez la femme qui pourrait être responsable de ces infidélités : le gène AVPRIA. Il produirait l'hormone arginine-vasopressine qui influe sur l'attachement entre les partenaires sexuels.

"Nos recherches montrent clairement que les gènes influencent le comportement sexuel des gens", a rapporté à nos confrères du Telegraph le Docteur Brendan Zietsch, chercheur à l'université de psychologie. Il précise toutefois que l'étude nécessite d'être approfondie.

Sources

L'infidélité serait-elle une maladie ?, Europe 1, 15 février 2021

Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America

Cheating on your other half can be inherited, Telegraph, 

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