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Soyez un peu égoïste sur les préliminaires

"La lubrification vaginale est l'équivalent de l'érection chez les hommes, c'est-à-dire la manifestation de l'excitation, qui permet le bon déroulement du rapport et s'autoentretient naturellement", explique le Dr Sylvain Mimoun, gynécologue et sexologue.

Mais attention, si l'on manque de lubrification, il ne faut pas penser automatiquement que c’est parce qu'il n'y a plus de désir. Ni avoir peur de ne pas avoir assez de lubrification, au risque d'entraîner un cercle vicieux, avec des blocages.

En revanche, il est important de se concentrer sur ses désirs. "Mieux vaut être un peu égoïste et se focaliser sur soi, notamment au moment des préliminaires. Il faut identifier les caresses qui font le plus monter son excitation et en parler à son partenaire", conseille le sexologue.

"Pour obtenir une bonne lubrification, ce n'est pas seulement une question de durée des préliminaires, mais aussi de caresser les zones vraiment excitantes (clitoris ou autres zones érogènes, à découvrir selon chaque femme)", ajoute-t-il.

Évitez l'hygiène intime trop agressive

"Par obsession de la propreté, certaines femmes tentent d'éliminer toute humidité au niveau de leur vagin et de leur vulve. Or, cette humidification physiologique, qui n'est pas due qu'à l'excitation, est indispensable pour protéger le vagin et empêcher la sécheresse, l'inconfort et la multiplication des germes, donc les infections type mycoses à répétition", rappelle le gynécologue.

Si l'on souhaite effectuer une toilette intime avec un produit spécifique (pas plus d'une fois par jour), il faut bien le choisir car un PH trop basique modifie localement l'équilibre hormonal : le vagin doit avoir un PH plutôt acide pour bien se protéger. Il faut donc éviter les produits au PH alcalin et préférer ceux avec un PH physiologique adapté à cette zone (autour de 4,5/5).

Continuez à avoir des rapports pour auto-entretenir la lubrification

"Utiliser toutes les solutions citées précédemment comme béquille permet de pouvoir de nouveau avoir des rapports sexuels sans inconfort et sans douleurs. Et il est important de continuer à en avoir pour installer un cercle vertueux : si l'on voit que les rapports se déroulent bien, cela auto-entretient l'excitation et la lubrification, et on finit souvent par avoir de moins en moins besoin des solutions extérieures", conclue le Dr Mimoun.

Faites jouer votre imaginaire

"Tout ce qui entretient le désir et l'excitation de la femme va favoriser une bonne lubrification vaginale", rappelle le Dr Mimoun.

Il ne faut donc pas hésiter à utiliser des fantasmes, à imaginer dans sa tête des pensées et scénarios érotiques avant ou au moment d'un rapport, en plus des caresses, pour augmenter la lubrification.

Choisissez le bon lubrifiant

"Le problème des gels lubrifiants classiques, notamment ceux vendus en supermarchés, c'est qu'ils favorisent la pénétration, mais ont ensuite tendance à sécher assez vite et ne permettent pas d'entretenir la lubrification pendant tout le rapport", explique le Dr Mimoun.

Il vaut mieux opter pour un gel intime lubrifiant et hydratant (à base d'acide hyaluronique ou d'aloe vera par exemple) qui aura une action plus durable pendant le rapport. Vendus en pharmacie ou parapharmacie, ils peuvent même être appliqués un peu avant le rapport sexuel (Mucogyne ; Monasens ; Monolub ; gel lubrifiant Saugella...).

Essayez les solutions naturelles

Il existe des compléments alimentaires à base de plantes et d'acides gras, notamment d'huile de bourrache et d'onagre, qui favorisent l'hydratation intime (Menophytea Hydratation intime ; Luboral...).

"Leur gros avantage : ils sont accessibles à toutes, qu'on souffre de sécheresse installée ou passagère et y compris en cas de cancers hormono-dépendants type cancer du sein. On peut les prendre en cures ou au long cours et les cumuler avec les autres traitements", précise le Dr Mimoun.

Misez sur l'acide hyaluronique

Celui-ci permet d'hydrater localement les muqueuses vaginales. Il existe des ovules à base d'acide hyaluronique à insérer 2 ou 3 fois par semaine dans le vagin, notamment lorsque l'on souffre d'une sécheresse ponctuelle (après un accouchement, à cause d'un traitement médicamenteux type antidépresseurs, anti-acnéiques...).

Pour celles qui souffrent de sécheresse installée, des injections intra-vaginales d'acide hyaluronique permettent d'être tranquille au moins 6 mois.

"Enfin, il faut savoir qu'il existe depuis quelques mois un laser vaginal pulsé qui permet en général en 3 séances (une par mois) de stimuler les cellules du vagin pour le régénérer et favoriser ainsi la trophicité des muqueuses", annonce le gynécologue.

En cas de sécheresse installée : recourez au traitement hormonal

A la ménopause intervient une chute, voire une disparition des oestrogènes qui favorisent l'humidification intime. "Les femmes, si elles n'ont pas de rapports à ce moment-là ne s'en rendent pas toujours compte, mais c'est le deuxième symptôme de la ménopause après les bouffées de chaleur : généralement, 2 à 3 ans après le début de la ménopause, la sécheresse vaginale s'installe", constate le Dr Mimoun.

Il est alors possible de recourir à un traitement hormonal (à base d'oestrogènes de synthèse ou de phyto-oestrogènes) au long cours pour atténuer tous les symptômes de la ménopause, y compris la sécheresse vaginale.

Gros bémol : les femmes ayant un cancer hormono-dépendant type cancer du sein (ou des antécédents) ne peuvent malheureusement pas avoir recours à ces traitements.

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