Obésité : une nouvelle technique réalisée pour la première fois à Nice, sans chirurgie ni médicament
L’obésité est une maladie, une maladie en progression constante ces dernières années. En 2024, la maladie touchait 18,1 % des adultes en France, ce qui représente environ 10 millions de personnes concernées. Cette pathologie chronique s'inscrit dans une tendance à la hausse prononcée, puisque sa prévalence a plus que doublé depuis 1997.
Les études statistiques montrent que près d'un Français sur deux est aujourd'hui en situation de surpoids ou d'obésité, avec une proportion plus marquée chez les femmes (18,8 %) et au sein des catégories sociales les plus précaires. Les conséquences sanitaires demeurent lourdes, car l'excès de poids augmente de manière drastique les risques de développer un diabète de type 2, de graves maladies cardiovasculaires et divers cancers.
Face à ces chiffres inquiétants, le monde médical recherche des alternatives toujours moins contraignantes pour les patients. Une avancée majeure vient de se produire dans les Alpes-Maritimes avec un procédé inédit qui promet de contourner les limites des traitements actuels en s'attaquant directement à la source de l'appétit, sans recourir au bistouri.
Une première nationale au CHU de Nice : la fGMA
C’est par la voie d’un communiqué de presse que le CHU de Nice a annoncé son innovation : pour la première fois en France, une équipe de l’hôpital niçois a réalisé avec succès la première Fundic Gastric Mucosal Ablation (fGMA). Ce procédé endoscopique utilise un système de coagulation par plasma d'argon de dernière génération pour cibler et détruire avec précision la muqueuse du fundus. Cette partie supérieure de l'estomac agit normalement comme un réservoir, mais c'est également le principal lieu de production de la ghréline, la fameuse hormone de la faim. En neutralisant chimiquement ces cellules spécifiques, l'objectif thérapeutique est de réduire durablement l'appétit en modifiant les signaux hormonaux envoyés au cerveau. “Cette innovation présente des bénéfices majeurs pour les patients” indique le CHU, notamment : “une approche sans chirurgie, l’absence de traitement médicamenteux, une technique mini-invasive, une récupération rapide.”
Technique innovante pour une perte de poids supérieure à 25 %
La véritable force de cette avancée médicale réside dans son association avec la plicature endoscopique gastrique, couramment appelée endosleeve. Alors qu'une plicature seule entraîne une perte de poids moyenne de 15 %, l'ajout de la fGMA permet de dépasser les 25 % de perte de masse corporelle. Ce gain supplémentaire peut représenter une quinzaine de kilos en moins pour un patient souffrant d'obésité sévère, facilitant ainsi la résolution de troubles métaboliques associés. Cette efficacité est confirmée par des données scientifiques internationales : selon une étude publiée dans la revue Endoscopy par une équipe italienne, cette double approche démontre des résultats remarquables. De plus, des données américaines récentes indiquent une réduction de près de 45 % des niveaux de ghréline à jeun grâce à cette ablation.
Obésité : comment se déroule cette nouvelle intervention sans chirurgie ni médicament ?
L'intervention se déroule sous anesthésie générale en passant exclusivement par les voies naturelles. Cette méthode endoscopique par la bouche garantit une absence totale de cicatrices et de douleurs post-opératoires importantes. Le premier patient pris en charge à Nice a pu regagner son domicile le jour même de l'intervention, sans enregistrer la moindre complication. Contrairement à la chirurgie bariatrique traditionnelle comme le bypass, la fGMA n'entraîne aucune altération définitive de l'anatomie digestive. Elle assure une récupération très rapide et évite la prescription de traitements médicamenteux lourds sur le long terme. Un suivi médical pluridisciplinaire reste indispensable.
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