Les parfums cancérigènes à ne pas offrir à Noël !

Selon une étude menée par le magazine 60 millions de consommateurs, certains flacons de parfum emblématiques contiendraient de dangereuses substances allergisantes et cancérogènes.

22 allergènes retrouvés dans chaque parfum

Si vous comptiez offrir un parfum à vos proches lors des fêtes de fin d’année, prenez garde à certaines marques. Leurs flacons contiendraient de dangereuses substances qui pourraient engendrer une réaction allergique, ou pire encore, favoriser l'apparition d'un cancer.

Pour identifier les parfums à bannir, le magazine 60 millions de consommateurs a analysé en laboratoire six eaux de toilette pour hommes et dix eaux de parfum pour femmes, en relevant l’ensemble des substances indiquées sur leur étiquette.

Résultat : le nombre moyen d’allergènes est de 22 par eau de toilette ou eau de parfum.

Les deux allergènes les plus présents sont le linalol et le limonène. Faiblement sensibilisants à l’état pur, ils s’oxydent au contact de l’air et deviennent très allergisants.

Attention aux perturbateurs endocriniens !

Certains allergènes sont également suspectés d’agir comme perturbateurs endocriniens. Le butylphényl méthylpropional ou lilial, dont le Comité scientifique européen pour la sécurité des consommateurs (CSSC) recommande l’interdiction, a été trouvé dans six références. Pour l'identifier, notez qu'il apporte une senteur de "muguet”.

Une autre molécule, qui pourrait également se révéler être un perturbateur endocrinien, a été retrouvée : il s’agit du BHT (butylhydroxytoluène). Il est mentionné dans la liste des ingrédients de dix références. Cet agent de conservation a pour but d’éviter l’oxydation du flacon, qui ferait tourner le parfum et en modifierait la couleur.

Les eaux de parfum “J’adore" de Dior, “Angel" de Mugler, “Flower" de Kenzo et l’eau de toilette “Le Mâle” de Jean-Paul Gaultier présentent les deux substances toxiques évoquées ci-dessus.

Des substances cancérigènes autorisées dans de nombreux cosmétiques

Mais le pire reste à venir : d’après les analyses, certains colorants retrouvés dans divers parfums sont suspectés d’être cancérogènes-mutagènes-reprotoxiques (CMR). C'est-à-dire qu'ils peuvent favoriser l'apparition d'un cancer, induire des altérations de la structure ou du nombre de chromosomes des cellules, altérer la fertilité de l’homme et de la femme, ou encore perturber le développement de l’enfant à naître.

Or, ce n’est pas la première fois que ces substances - et leurs conséquences sur les consommateurs - sont dénoncées par des organismes.

En 2005 déjà, une étude menée par Greenpeace en 2005, révélait que certains parfums (36 au total) renfermaient des substances potentiellement dangereuses pour la santé. Ces eaux de toilette et de parfum contenaient des “phtalates" et des “muscs synthétiques”, qui sont des produits chimiques aux effets cancérigènes bien connus.

Les cosmétiques ne sont pas soumis à une autorisation de mise sur le marché

En France, l'ANSM précise sur son site que les industriels établissent eux-mêmes la composition de leurs produits : “Il n'existe pas d'autorisation préalable de mise sur le marché pour les produits cosmétiques. Il incombe aux fabricants de garantir que leurs produits correspondent aux exigences législatives, réglementaires et ne présentent aucun danger pour la santé”.

Elle ajoute toutefois : “assurer la surveillance et le contrôle en laboratoire des produits cosmétiques. Pour ces missions, elle dispose d'évaluateurs, d'équipes d'inspecteurs, de laboratoires d'analyse, et peut prendre des mesures sanitaires en cas de danger pour la santé humaine. Par ailleurs, un système de vigilance est en place au sein de l'ANSM afin de surveiller les effets indésirables résultant de l'utilisation de produits cosmétique s”.

Malheureusement, ces quelques mesures ne suffisent pas à protéger la santé des consommateurs. Pour pallier ce manque et apprendre à reconnaître diverses substances toxiques, l’association de consommateurs "L'UFC-Que Choisir" a mis à disposition une liste des molécules les plus nocives (triclosan, phénoxyéthanol, propylparabène, etc.) des 26 allergènes présents dans les parfums et conservateurs, à glisser dans son portefeuille en allant faire les courses.

La contre-attaque de la Fédération des entreprises de beauté

Selon la Fédération, le magazine 60 millions de consommateurs aurait diffusé des propos polémiques et non justifiés sur la composition des parfums mentionnés.

Pour cet organisme, "seuls des parfums parfaitement sûrs sont mis sur le marché en France et en Europe" et ils sont soumis "à la réglementation européenne qui est la plus stricte et la plus rigoureuse au monde".

En outre, il souhaite rappeler que "les personnes allergiques sont parfaitement informées de la présence éventuelle d'allergènes dans un parfum. La réglementation européenne impose d'afficher sur l'étiquette la présence de 25 allergènes lorsqu'ils sont présents dans le produit".

Par ailleurs, Thierry Audibert de la société internationale de parfumerie cosmétique, précise que "les colorants éventuellement mis dans les parfums ont fait l'objet d'une évaluation rigoureuse par un comité d'experts européens indépendants (le CSSC)"et que les "16 substances classées perturbatrices endocriniennes par l'agence européenne des produits chimiques sont également interdites dans les produits cosmétiques."

Enfin, selon la Fédération les substances cancérigènes, celles qui inquiètent le plus les consommateurs, seraient interdites dans les produits cosmétiques.

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