Espadrilles, compensées, sandales ou baskets ? Que porter cet été pour ne pas ruiner ses genoux et son dos ?
À l'approche des beaux jours, on troque les modèles de printemps pour des chaussures plus légères, c’est normal. Pourtant, les douleurs lombaires s'aggravent souvent pendant les vacances d'été… justement à cause des chaussures ! Surtout après 50 ans. Car l’anatomie du pied évolue avec l’âge, et les chaussures d’été qui ne posaient pas forcément problème avant peuvent générer des douleurs, faute d’un maintien adapté.
Pourquoi le pied a besoin de plus de maintien avec l’âge ?
Le vieillissement du pied n’est pas forcément visible à l'œil nu mais est bien réel. Selon les experts du site de podologues Pied Réseau, le capiton plantaire, cette couche de graisse protectrice située sous le talon, s'affine naturellement avec l'âge. Dès quarante ans, il perd une grande partie de sa capacité d'absorption des chocs. En parallèle, la diminution du collagène détend les ligaments, provoquant un affaissement de la voûte plantaire qui désaxe la posture des genoux jusqu'au bassin. Sans cet amorti protecteur, chaque pas sur le bitume envoie une onde de choc directe vers les disques intervertébraux. Cette mécanique délétère aggrave les hernies ou les pincements lombaires, comme le souligne une analyse parue dans The Lancet Rheumatology en 2023.
Les pires chaussures de l'été pour le dos
Dans ces conditions, choisir le bon modèle de chaussure en été, est, vous l’aurez compris, d’importance ! D’autant que certains modèles stars de la saison estivale cachent de véritables dangers articulaires. Les fameuses sneakers "barefoot", très à la mode, sollicitent excessivement le tendon d’Achille et laissent le talon sans défense face aux impacts. De son côté, la tong, autre chaussure star en été, crée une instabilité posturale majeure. L'absence de lanière arrière oblige les orteils à se crisper pour retenir la semelle, générant des tensions musculaires qui remontent irrémédiablement jusqu'aux lombaires. L'espadrille plate n’est guère mieux, elle favorise l'inflammation de l'aponévrose, couramment appelée fasciite plantaire, en raison de sa semelle en corde beaucoup trop rigide. De plus, la toile des espadrilles traditionnelles, qui ne différencient pas le pied droit du pied gauche à l'origine, accentue les défauts de posture préexistants.
Quant aux sandales, si elles sont trop plates, elles augmentent la pression sur le talon de près de 25 % par rapport à un petit talon, rappelle l'Union Française pour la Santé du Pied (UFSP).
Chaussures d’été : 3 modèles à favoriser après 50 ans !
Pour épargner votre dos et vos genoux cet été, remplacez d'abord vos sneakers barefoot par des baskets dotées d'un drop modéré de 4 à 8 millimètres (autrement dit d’une semelle avec petit talon). Ce léger dénivelé entre le talon et la pointe soulage la chaîne musculaire postérieure, tandis qu'une semelle intermédiaire en mousse EVA compense la fonte de la graisse plantaire. Ensuite, troquez vos tongs et espadrilles plates contre des sandales à petit talon équipées d'une bride arrière. L'espadrille à talon compensé représente une excellente alternative mode : une élévation de 3 à 4 centimètres place le pied dans une inclinaison physiologique idéale pour respecter la cambrure naturelle de votre dos. Enfin, si vous portez des talons aiguilles, dirigez-vous vers les semelles compensées. Ces modèles offrent une large surface d'appui qui stabilise la cheville et limite les micro-mouvements parasites de la colonne vertébrale.
Achat de nouvelles chaussures : la règle un tiers, deux tiers !
Au moment de renouveler votre dressing estival, appliquez la règle du "un tiers, deux tiers". Pour garantir un soutien sans faille du milieu du pied, la chaussure doit se plier uniquement au niveau des orteils et rester rigide sur les deux tiers restants. Effectuez également un test de stabilité latérale en magasin. La semelle de votre sandale compensée ou de votre basket doit se révéler suffisamment large pour empêcher votre pied de basculer vers l'intérieur ou vers l'extérieur durant la marche. Si vous avez toujours mal au dos et aux genoux malgré un bon chaussage, n'hésitez pas à consulter, le problème se situe ailleurs.