Drame de l'hantavirus sur le MV Hondius : la transmission entre humains confirmée, le virus contracté hors du bateau

Publié par Edouard Korvaul
le 04/05/2026
Maj par S. Coucke-Haddad
le 06/05/2026
hantavirus
Istock
Photo d'illustration
Après le décès de trois passagers et la mise en alerte de cinq Français à bord du MV Hondius, le ministre sud-africain de la Santé a confirmé la transmission interhumaine de cette souche. Des investigations sont actuellement menées dans les aéroports, le virus ayant été contracté avant la croisière.

L'Organisation mondiale de la santé a lancé l'alerte ce dimanche 3 mai 2026 après plusieurs décès inexpliqués en pleine mer. Alors que le bateau est attendu dans les Canaries, le ministre de la Santé sud-africain a confirmé ce mercredi 6 mai que le virus, identifié comme la souche des Andes, circule bien entre humains : "Les premiers tests montrent qu'il s'agit bien de la souche des Andes. Il s'agit de la seule souche, parmi les 38 connues, à pouvoir se transmettre d'une personne à l'autre". Il faut toutefois, précise-t-il que le contact soit "très étroit entre les personnes". Les autorités sanitaires sont aujourd'hui en train d'essayer de repérer tous les cas contacts des personnes infectées sur le navire : centre de santé, hôpitaux, aéroport, vol... 

Un bateau de croisière transformé en foyer infectieux

Les vacances de l’horreur. Une croisière reliant l'Argentine au Cap-Vert a viré au drame avec le décès de trois passagers, emportés par un syndrome respiratoire aigu. Selon les autorités sanitaires mobilisées, le bilan s'alourdit parmi les 150 personnes à bord. Un voyageur rescapé se trouve actuellement hospitalisé en Afrique du Sud après avoir été testé positif. Parallèlement, cinq autres cas suspects font l'objet d'investigations poussées. Cinq ressortissants français figurent parmi les vacanciers confinés sur le bateau.

La dangerosité de l'hantavirus

L'hantavirus peut présenter deux profils cliniques bien distincts comme l’explique le Dr Gilles Pialoux, infectiologue, chef du Service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital Tenon à Paris interrogé par France Info. Les souches de l'Ancien monde, qui circulent en Europe et en Asie, causent majoritairement des affections rénales.

"En Guyane, récemment, il y a eu 11 cas humains avec un virus venant d'Amérique du Sud et sur ces 11 cas, il y a eu six décès"


En revanche, les variants du Nouveau monde, endémiques aux continents américains, déclenchent des atteintes cardio-pulmonaires foudroyantes. La mortalité varie de façon marquée selon la région. Selon un récent rapport de Santé publique France, la létalité se maintient à un niveau bas, autour de 0,5 % en France métropolitaine. L'Amérique du Sud et la Guyane affrontent des formes virales beaucoup plus agressives. "En Guyane, récemment, il y a eu 11 cas humains avec un virus venant d'Amérique du Sud et sur ces 11 cas, il y a eu six décès" rapporte l’infectiologue.

Pourquoi la transmission interhumaine inquiète

L'être humain se contamine classiquement par l'inhalation d'aérosols chargés de particules virales. Celles-ci proviennent de l'urine, de la salive ou des déjections de petits rongeurs. Ces particules gardent leur potentiel infectieux plusieurs jours dans l'environnement. Si la contagion d'homme à homme relève de l'exception, la revue scientifique Emerging Infectious Diseases a déjà prouvé son existence pour certaines souches sud-américaines, notamment le virus Andes. L'isolement forcé imposé par la structure du navire, avec ses cabines exiguës et ses boucles de climatisation communes, laisse craindre une propagation inhabituelle entre les passagers.

Greniers et caves : les risques de l’hantavirus en France

Le virus menace également certaines régions françaises, particulièrement dans le quart Nord-Est. La souche Puumala y prolifère, souvent stimulée par les années de forte production de graines en forêt qui favorisent la multiplication des mulots. Les espaces clos, sombres et peu fréquentés, tels que les greniers, les caves ou les remises de jardin, abritent ces rongeurs et concentrent le danger. Le simple nettoyage de poussières accumulées ou le rangement d'une dépendance peut exposer à l'infection.

Pour écarter tout risque d'inhalation, le ministère de la Santé recommande d'aérer les pièces longtemps avant d'y pénétrer. Oubliez l'aspirateur ou le balai à sec qui mettent les particules virales en suspension, un nettoyage humide avec de l'eau javellisée est plus efficace. Le port de gants et d'un masque de protection est aussi conseillé. Enfin, assurez-vous de dératiser les abords extérieurs et de reboucher les accès.

Hantavirus : quels sont les symptômes de l’infection ?

L'infection débute par un état imitant une grippe particulièrement sévère. Les patients signalent d'abord une fièvre brutale, des maux de tête intenses et des douleurs musculaires généralisées. Ces manifestations initiales dégénèrent ensuite en difficultés respiratoires ou en insuffisance rénale. En cas de survenue de ces signes suite à la manipulation de bois ou au nettoyage d'un local fermé, consultez immédiatement un service d'urgence. À ce jour, la médecine ne dispose d'aucun traitement antiviral spécifique capable de neutraliser le virus. Les médecins vont soulager les symptômes mais l'évolution de la maladie peut déboucher sur une prise en charge lourde en réanimation pour assurer une assistance respiratoire.

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