Remise en route du chauffage et des poêles : comment écarter le risque de monoxyde de carbone ?

Publié par Aude Klain
le 07/10/2026
femme et petite fille dans un salon
Istock
Photo d'illustration
Vous allez rallumer le chauffage, mettre un radiateur d’appoint, relancer le poêle ou la cheminée ? Attention au risque d’intoxication au monoxyde de carbone qui tue chaque année à cette période.
 

Chaque automne, la baisse des températures pousse les ménages à rallumer prématurément chaudières, cheminées et poêles restés éteints plusieurs mois. Cette période de transition thermique s'accompagne régulièrement d'accidents domestiques graves liés aux émanations toxiques dans l'habitat.

Le piège de l'automne et la reprise des appareils

Le monoxyde de carbone (CO) est un danger sournois en raison de ses propriétés physiques. Ce gaz asphyxiant demeure totalement invisible, inodore, sans saveur et non irritant, rendant sa détection impossible par les sens humains. On s’intoxique sans en avoir conscience.

Selon Santé publique France, plus de 75 % des épisodes d'intoxication surviennent pendant la période de chauffe. Les données épidémiologiques recensent environ 1 300 épisodes déclarés chaque année, touchant près de 3 000 personnes et causant une centaine de décès. Ce composé toxique constitue ainsi la première cause de mortalité accidentelle par toxique dans le pays.

Sur le plan biologique, le danger est foudroyant. Le monoxyde de carbone possède une affinité pour l'hémoglobine plus de 200 fois supérieure à celle de l'oxygène, privant rapidement les cellules de leur oxygénation naturelle. Les animaux de compagnie, dotés d'une masse corporelle plus faible et d'une fréquence respiratoire élevée, manifestent d'ailleurs souvent un état d’abattement anormal avant les premiers malaises des adultes.

Les signes précurseurs ressemblent souvent à des affections banales : maux de tête frontaux, nausées, vertiges et grande fatigue. L'apparition simultanée de ces troubles chez plusieurs occupants d'un même foyer doit immédiatement alerter.

Il faut alors réagir sans attendre : ouvrez les fenêtres, évacuez les lieux sans délai et composez le 15, le 18 ou le 112 depuis l'extérieur pour informer les secours d'urgence.

Entretien annuel et ramonage réglementaire : quels gestes obligatoires avec notre chauffage ?

Les chaudières affichant une puissance comprise entre 4 et 400 kW, qu'elles fonctionnent au fioul, au gaz ou au bois, doivent être contrôlées tous les ans par un professionnel qualifié.
Du côté des poêles et cheminées, le décret n° 2023-641 du 20 juillet 2023 oblige à l'entretien et au ramonage des poêles et inserts “à combustible solide” (bois, pellets).

Ce ramonage consiste à brosser directement la paroi intérieure du conduit d'évacuation, ce qui permet d'éliminer les dépôts de suie et de bistre qui menacent la bonne évacuation des fumées et toxiques. À l'issue de l'intervention, l'artisan délivre une attestation d'entretien et un certificat de ramonage. Il est impératif de garder ces documents pendant au moins deux ans, ils seraient demandés par l’assureur en cas de sinistre.

Chauffage : 3 gestes indispensables lors de la mise en route

Il ne faut jamais boucher les entrées d'air basses, les grilles hautes ni les bouches de VMC. Il faut aussi aérer votre intérieur dix minutes par jour, même par grand froid ou par temps de pluie.

Pour renforcer la sécurité, l'installation d'un détecteur avertisseur autonome de monoxyde de carbone (DAACO) est recommandée par les services de secours. Contrairement au détecteur de fumée classique, cet équipement analyse la concentration de gaz toxique. L'appareil doit être certifié selon la norme NF EN 50291, puis installé entre un et trois mètres de l'appareil à combustion dans toutes les pièces qui en ont (gazinière, poêle, chaudière…) ou à hauteur des voies respiratoires dans les pièces de nuit.

Attention à ce que vous brûlez dans votre appareil : il est interdit de brûler des bois traités, des résidus de palettes, des déchets plastiques ou du bois humide qui étouffent le feu et favorisent la formation de gaz toxiques, comme le rappelle l'ADEME.
Par ailleurs, les chauffages d'appoint à combustible mobile ne doivent jamais fonctionner plus de deux heures consécutives, et les groupes électrogènes doivent impérativement rester à l'extérieur.

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