Ce phénomène de déjà-vu intrigue et fascine scientifiques, philosophes et écrivains depuis bien longtemps. Comment est-ce donc possible de vivre deux fois une même situation, sans se rappeler de la première ? Faille spatio-temporelle, capacités psychiques hors-normes, flash d’une vie antérieure : de nombreuses théories ont émergé au fil des années, plaçant le paranormal et le surnaturel au cœur du débat, fautes de preuves scientifiques concrètes à l’époque.

Déjà-vu : un lieu ou une conversation en éléments déclencheurs

Il aura fallu attendre quelques années pour que les explications rationnelles voient officiellement le jour. Alan Brown, un scientifique américain, y a grandement contribué. Au début des années 2000, le chercheur s’est penché sur les théories déjà évoquées au sujet du phénomène de déjà-vu. Il a finalement porté son attention sur certaines études, qui lui ont permis de découvrir deux déclencheurs fréquemment responsables.

Ses observations ont donc révélé que le déclencheur le plus courant était une scène ou bien un lieu, tandis que le second était une conversation. « La revue de Brown a amené le sujet du déjà-vu dans le domaine de la science plus traditionnelle », explique Anne Cleary, professeure au Département de psychologie de l’Université d’État du Colorado, et à l’origine d’une nouvelle étude.

Une nouvelle étude basée sur une hypothèse centenaire

Une nouvelle étude, récemment menée directement incitée par les travaux d’Alan Brown, qui a permis à Anne Cleary et son équipe de pousser un peu plus loin les pistes d’explication du phénomène de déjà-vu : « Nous avons enquêté sur une hypothèse presque centenaire selon laquelle un déjà-vu peut se produire lorsqu'il existe une ressemblance spatiale entre une scène actuelle et une scène dont vous ne vous souvenez pas. Les psychologues ont appelé cela l'hypothèse de la familiarité de la Gestalt [NDLR : de la Gestalt thérapie, une approche humaniste intégrant les notions d’instant présent et de globalité] ».

Dans le cadre de ces travaux, le Dr Cleary a intégré la réalité virtuelle au sein de son laboratoire, plaçant les participants de l’étude dans un contexte choisi. « De cette façon, nous pouvions manipuler les environnements dans lesquels les gens se trouvaient - certaines scènes partageaient la même disposition spatiale tout en étant distinctes. Comme prévu, le déjà-vu était plus susceptible de se produire lorsque les gens se trouvaient dans une scène contenant le même arrangement spatial d'éléments qu'une scène précédente qu'ils avaient vue mais dont ils ne se souvenaient pas », explique l’auteur de la recherche.

Un sentiment de familiarité à l’origine du déjà-vu

« Selon l'hypothèse de la familiarité de la Gestalt, si cette situation précédente avec une disposition similaire à la situation actuelle ne vous vient pas à l'esprit, il se peut qu'il ne vous reste qu'un fort sentiment de familiarité pour la situation actuelle », poursuit Anne Cleary, avant de conclure : « Cette recherche suggère qu'un facteur contribuant au déjà-vu peut être la ressemblance spatiale d'une nouvelle scène avec une scène en mémoire qui ne se rappelle pas consciemment à l'instant. Cependant, cela ne signifie pas que la ressemblance spatiale est la seule cause de déjà-vu. Très probablement, de nombreux facteurs peuvent contribuer à rendre une scène ou une situation familière ».

D'autres recherches sont en cours pour approfondir ces théories, mêlant d'autres facteurs possibles aux travaux d’observation.

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Sources

https://theconversation.com/what-is-deja-vu-psychologists-are-exploring-this-creepy-feeling-of-having-already-lived-through-an-experience-before-187746

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