On sanglote par réflexe ou par émotion. Dans le premier cas, pleurer est une réaction à une agression extérieure, comme lorsqu'on épluche un oignon par exemple. L'oxyde de propanethial qu'il contient irrite l'œil qui s'en défend en produisant des sécrétions lacrymales. Idem pour évacuer une poussière. Les larmes émotionnelles sont quant à elles provoquées par des émotions fortes, la tristesse en premier lieu, mais aussi le stress, la peur ou même la joie.

Quels bienfaits présentent les pleurs ?

Physiologiquement, la sécrétion de larmes est primordiale pour la santé des yeux. Les larmes protègent les yeux, nettoient et humidifient la partie exposée à l'air. "On en a besoin. Le liquide lacrymal nous protège des infections, permet à l'œil de cligner sans que cela soit douloureux et est une barrière contre les allergènes", confirme Faïza Bossy, médecin généraliste à Paris.

Les sanglots sont également très utiles pour le nourrisson qui ne dispose d'aucun autre moyen de communication alors qu'il vient d'arriver au monde. "Le fait de pleurer pour communiquer, signifier sa présence, avertir ses parents est une caractéristique spécifique au petit humain. C'est le seul mode de communication dont il dispose et il est en ce sens primordial", note notre experte.

Les bienfaits psychologiques des pleurs sont-ils fondés ?

"Pleure un bon coup, ça fait du bien". On a tous entendu cette phrase des dizaines de fois (surtout les femmes). Dans l'imaginaire collectif, le fait de pleurer permettrait de s'apaiser et soulagerait d'un stress ou d'une tristesse. Vrai ou faux ? "Pleurer n'agit en rien sur le bien-être, de manière positive ou négative. Rien ne l'a jamais prouvé", tranche notre interlocutrice. Si les bienfaits des larmes sur notre santé mentale est illusoire, pourquoi leur prête-t-on alors un tel pouvoir thérapeutique ? Cette croyance pourrait trouver son origine dans le fait que la composition des larmes varie en fonction de ce qui les a provoquées. "Une étude menée dans les années 80 a montré que les larmes réflexes étaient composées d'eau, de sels minéraux essentiellement alors qu'on a retrouvé dans les larmes émotionnelles les hormones du stress, le cortisol et l'adrénaline", explique Faïza Bossy.

Pleurer, une réaction parmi d'autres

Des thérapies par les larmes ont depuis vu le jour. De nombreux Japonais participent même à des séances collectives de pleurs, promesse d'une vie sans stress.

"Mais la salive aussi contient du cortisol. Que nos sécrétions contiennent des hormones de stress signifie seulement que nous sommes soumis au stress lorsque nous les sécrétons", appuie la médecin généraliste.

Pleurer demeure toutefois une réaction face à une émotion forte. En tant que telle, elle peut soulager. "À court terme, tous les moyens qui vous permettent d'évacuer le stress ou autre, sont une bonne chose, mais uniquement sur le moment. Lorsqu'il s'agit d'un stress chronique, comme un burn-out, un syndrome d'épuisement, un syndrome dépressif, le fait de pleurer n'a pas prouvé son efficacité sur le long terme", développe-t-elle.

Pleurer peut ainsi apaiser une émotion aiguë, mais pas chronique et c'est seulement l'action de pleurer qui soulage. "Une réaction quelle qu'elle soit face à un stress soulage. Pleurer, crier ou même rire peut soulager ! Ce sont des réactions possibles, individuelles, face à une émotion. C'est tout", conclut Faïza Bossy.

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Sources

Merci au Dr Faïza Bossy, médecin généraliste

https://www.nippon.com/fr/behind/yjj2018101200722/

https://www.nytimes.com/1982/08/31/science/biological-role-of-emotional-tears-emerges-through-recent-studies.html

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