Etre une fratrie c’est parfois être comme chien et chat. L’intensité des relations familiales peut exacerber l’intolérance aux différences de comportement de l’autre. Mais comment peut-on naviguer dans les eaux parfois troubles des relations fraternelles ?

L’âge adulte, révélateur des différences

Être proche de ses frères ou de ses soeurs n’est pas donné à tout le monde. La tolérance est de mise même s’il est parfois plus compliqué d’accepter la différence de l’autre quand il est issu de la même famille. « Les frères et soeurs peuvent être très différents et ne pas partager les mêmes positions », souligne Roseline Levy-Basse. Ces différences sont d’autant plus flagrantes à l’âge adulte, quand chacun prend le contrôle de sa vie. « Beaucoup de personnes se rendent compte à l’âge adulte des différences avec sa fratrie. Chacun construit sa vie personnelle et suit son propre chemin, sans que cela corresponde à celui de l’autre. Les différences peuvent être nombreuses, que ce soit sur les niveaux de vie, les questions politiques, idéologiques ou encore religieuses », résume la thérapeute.

Se disputer n’est pas forcément négatif

La cellule familiale peut souvent être étouffante et ne permet pas à ses différents membres de s’exprimer librement. « Il y a une sorte de mot d’ordre au sein du nid familial qui stipule que tout le monde doit bien s’entendre et qu’il n’y a pas de place pour le conflit », souligne la spécialiste. Ces non-dits peuvent scléroser les relations fraternelles. Il ne faut donc pas avoir peur de discuter voire même de se chamailler pour faire ressortir le coeur du problème. « Se disputer ou se chamailler permet à chacun de se positionner par rapport à l’autre. Les disputes au sein de la fratrie permettent d’entrer dans la socialisation et dans les relations avec les autres », souligne Roseline Levy-Basse.

L’enfance, la source possible des conflits

Au-delà des différences, la source de disputes constantes entre frères et soeurs, même adultes, peut relever de conflits plus anciens émanant de l’enfance. La spécialiste nous l’explique : « Les disputes au sein de la fratrie renvoient aux relations familiales en général et souvent aux relations avec les parents ». Ce sont souvent d’ailleurs dans le cas de successions, ou d’évènements traumatiques d’ordre familial, que ces conflits ressurgissent et prennent un tout nouveau sens. « On peut se rendre compte que l’on n’est pas traité de la même manière que les autres et ressentir de l’injustice », explique la psychologue. « Les jalousies et toutes les rancoeurs ressenties à l’enfance peuvent ressortir à l’âge adulte. C’est donc l’occasion de pouvoir parler de ce qui s’est passé et pouvoir trouver une certaine paix ». Le conseil de la thérapeute est simple : « il faut pouvoir communiquer librement et reconnaître ce qu’ont fait les uns et les autres ».

Trouver sa place dans la famille

Vous êtes l’ainé et vous vous sentez toujours responsable de vos cadets ? Vous êtes la petite soeur et vous en avez marre qu’on vous prenne pour une enfant ? Est-ce qu’il est possible de faire évoluer ces schémas ? « Les rôles établis pendant l’enfance continuent souvent à l’âge adulte », insiste Roseline Levy-Basse. Pas de fatalité pour autant : « Si cela n’est pas bien vécu, il faut peut-être assouplir les comportements qui irritent l’autre mais aussi accepter sa place dans le noyau familial ».

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Sources

Merci à Roseline Levy-Basse, thérapeute familial à Paris.

mots-clés : fratrie, Frere, soeur, famille
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