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Statut social, sexe, tempérament, vulnérabilité, état émotionnel... La façon dont nous marchons en dit long sur notre personnalité. Il y aurait d'ailleurs, autant de démarches que d'êtres humains. La manière dont nous bougeons notre tête, nos épaules, nos hanches, mais aussi, notre posture générale est souvent héritée de nos familles. Mais notre histoire personnelle - nos peines, nos réussites, les événements qui nous ont marqués - et notre état d'âme donnent également une tonalité particulière à notre démarche.

La démarche : un moyen d'émettre des signaux aux autres

La mère aimante apprend à son enfant à marcher seul. Au départ, le tout-petit trébuche, tombe et se déséquilibre. Il est parfois obligé de donner la main ou de se tenir à tous les objets ou les meubles qui l'entourent pour pouvoir avancer. Il manque d'assurance. Le fait de commencer à marcher, sans tomber ou se tenir à l'autre, témoigne d'un changement radical dans la vie d'un enfant et nécessite d'avoir confiance en soi. Plus tard, lorsque celui-ci grandit et devient adulte, sa capacité à marcher et sa démarche deviennent banales. Peu de personnes y prêtent attention.

Pourtant, la façon de se mouvoir est propre à chaque individu. La démarche est, d'ailleurs, un moyen d'émettre des signaux aux autres. La psychologue Rebekah Gunns et ses collègues, de l’Université de Canterbury à Christchurch en Nouvelle-Zélande, ont étudié la façon dont des observateurs jugent différentes façons de marcher, et le risque de se faire agresser (ou non) selon le type de démarche. D'après leurs travaux, la démarche peut révéler une attitude soumise, timide ou à l'inverse, une personnalité confiante, propre à dissuader les agresseurs.

Les personnes vulnérables auraient ainsi tendance à avancer par petites enjambées, en balançant peu les bras et en posant le pied sur le sol de façon prudente. Tandis que les personnes susceptibles d'intimider les agresseurs potentiels marchent en adoptant de grandes enjambées, d’amples balancements des bras et un contact ferme du pied sur le sol. Bref, ils ont « le pas sûr » et avancent de manière convaincante.

« Notre démarche est le fruit de nos acquisitions, de ce que nous avons appris depuis l'enfance. C'est un peu comme un héritage, un témoignage de notre histoire, de notre vécu, de notre éducation et de notre milieu social », souligne Souhila Djellouli, conseillère en image et fondatrice de Souela Consulting, à Paris. Au sein d'une même famille, les démarches peuvent être similaires, comme certains traits de caractère ! Mais il existe toujours des particularités individuelles, certaines sont liées au sexe.

Femmes / Hommes : des différences significatives

La façon dont nous nous déplaçons est d'abord caractéristique de notre sexe. Le plus souvent, femmes et hommes n'adoptent pas la même démarche. « Les femmes marchent en adoptant d'importantes rotations du bassin : elles bougent davantage leurs hanches que les hommes. Chez ces derniers, le bassin pivote moins, mais les épaules se balancent davantage. Souvent, les pas masculins sont également plus lourds, plus ancrés dans le sol », indique Souhila Djellouli.

Lorsque les femmes veulent séduire, par exemple, elles marchent en se déhanchant davantage, en ouvrant les épaules, en gardant la tête haute ou légèrement sur le côté. Certaines imitent les icônes de la mode, en avançant sur un fil imaginaire, comme lors des défilés. Les hommes, quant à eux, ont parfois tendance à bomber le torse et à accentuer les grandes enjambées pour s'ancrer dans le sol.

Toutefois, quelle que soit la posture adoptée pour séduire, les experts en image conseillent de garder une démarche naturelle. Le simple fait de se sentir bien dans sa peau transparaît dans la façon dont nous mettons un pied devant l'autre. Inutile d'en faire trop en exagérant chacun de nos mouvements lorsque nous avançons vers l'être désiré. Mais notre démarche révèle également des informations bien plus personnelles.

Notre façon de marcher révèle notre caractère

Les signes physiques que l'on émet lorsque l'on marche sont révélateurs de certains traits de notre personnalité. Ils incitent les autres à s'approcher de nous, à entrer en relation ou, à l'inverse, à garder leurs distances. « Mon premier travail en tant que conseillère en image est de faire marcher mes clients pour leur faire prendre conscience de leur morphologie, mais aussi, de ce qu'ils inspirent aux autres, des traits de caractère qui en ressort. L'objectif étant de corriger la démarche, lorsque cela est nécessaire », note Souhila Djellouli.

En effet, certaines d’entre elles sont particulièrement significatives. Le fait de marcher tête baissée en regardant ses pieds est peut-être le signe d'un manque de confiance en soi, ou encore, marquer le fait que l'on ne souhaite pas entrer en interaction avec les autres. « Certaines femmes que j'accompagne marchent en étant complètement recroquevillées sur elles-mêmes, sur la pointe des pieds. Parfois en gardant les mains dans les poches. Leur manque d'assurance et leur timidité est notable. Le fait de marcher en regardant tout le temps son smartphone permet de montrer que l'on est occupé, ou que l'on ne souhaite pas entrer en contact avec les autres. Je leur fais prendre conscience de leur démarche et de ce que cela trahit. Ces femmes n'ont souvent pas conscience de leur potentiel physique, ou de leurs compétences », affirme Souhila Djallali.

D'autres démarches sont également révélatrices de notre caractère : se balader les bras derrière le dos peut vouloir dire que l'on est dans nos pensées, marcher les bras croisés peut être signe de fermeture, de protection. « Attention, toutefois à ne pas surinterpréter la démarche d'une personne. Elle n'est pas toujours révélatrice de son caractère », confie Souhila Djelalli. Elle peut nous mener à l'erreur.

Nos mouvements trahissent nos émotions

« Marcher, c'est retrouver son instinct primitif, sa place et sa vraie position, son équilibre mental et physique ». Cette citation de l'artiste, écrivain et scénariste Jacques Lanzmann n'est pas fausse. Mais certaines façons de marcher peuvent aussi révéler un mal-être. De fait, l’état émotionnel a un impact très net sur la façon de marcher, ce qui permet parfois à l’entourage de lire en nous comme dans un livre ouvert.

Par exemple, notre démarche ne sera pas la même si nous nous rendons au travail ou à un rendez-vous galant. Dans le premier cas, celle-ci sera tendue, tandis que dans l’autre, elle sera joviale. Lorsque l'on est stressé, apeuré, le dos s'arrondit plus volontiers, les épaules sont rentrées, la démarche est moins assurée. Le stress ou la colère peuvent aussi faire accélérer la démarche. Le fait de « faire les cent pas », c'est-à-dire, de marcher de long en large, en attendant quelque chose est également le signe d'une certaine impatience et émotivité.

La fierté et la joie peuvent aussi transparaître lorsque la personne marche en bombant le torse et en gardant la tête bien relevée. « J'aide mes clients à adopter une démarche assurée, quel que soit leur état émotionnel. Les leaders politiques et autres personnalités ont souvent suivi ce type de conseils. Ils marchent la tête haute, en visualisant leur environnement, en regardant leur entourage dans les yeux, même lorsqu'ils vivent des émotions difficiles. Cet objectif, je le poursuis avec chaque personne que je suis », conclut Souhila Djellali.

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Sources

Merci à Souhila Djellouli, conseillère en image et fondatrice de Souela Consulting

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