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Nos assiettes ont plus de pouvoirs que l’on imagine. Certains aliments ou ingrédients peuvent prévenir ou favoriser la guérison de certaines maladies.

On connaissait déjà les effets anticancers du piment rouge. Plusieurs études antérieures révélaient que cette épice favorisait la guérison du cancer de la prostate. Aujourd’hui, des chercheurs italiens dévoilent les effets protecteurs du piment contre les maladies cardiovasculaires, comme l’AVC et la crise cardiaque.

Assaisonnez vos assiettes pourrait diviser vos risques par deux. L’étude a été réalisée sur près de 23 000 Italiens. Les consommateurs réguliers de piment réduiraient leurs risques de crise cardiaque de 40 % et de 61 % pour les AVC, précisent les résultats de l’étude, à paraître au sein du Journal de l'American College of Cardiology le 24 décembre prochain.

Piment : à consommer 4 fois par semaine !

"Le piment est partie intégrante d’un régime méditerranéen traditionnel", introduisent les chercheurs. Il contient de la capsaïcine, ce composé à l’origine de la sensation de brûlure au moment de l’ingestion. Il appartient à la famille des alcaloïdes, molécules d’origine végétale.

D’après les chercheurs, c’est la capsaïcine qui permet l’amélioration de la fonction cardiaque et la réduction des inflammations. Les consommateurs réguliers de piment verraient ainsi leurs risques de crises cardiaques diminuer de 40 % et de 61 % pour les AVC. Pour être réellement protégé, il faudrait pimenter vos assiettes quatre fois par semaine, d’après leurs conclusions.

Sur un suivi de 8 ans environ, un total de 1236 décès a été constatés par les chercheurs. D’après leurs données, "dans une population adulte, la consommation régulière de piment [4 fois/semaine, ndlr] est associée à un risque plus faible de décès et de maladies cardiovasculaires", annoncent les chercheurs.

En clair, ceux qui mangent pimenté au moins quatre fois par semaine auraient moins de risque de mourir au cours des huit prochaines années que les autres.

Cancer de la prostate : le piment entraînerait la mort des cellules cancéreuses

Pour vous protéger de certains cancers, c’est encore la capsaïcine, contenue dans le piment rouge, qui fait la différence. Selon une étude américaine, cet arôme favoriserait la guérison du cancer de la prostate.

L’institut de cancérologie de l'hôpital Cedars-Sinaï et l'Université de Californie (Los Angeles) avaient fait cette surprenante découverte dans les années 2000. L'injection de capsaïcine dans des cellules prostatiques cancéreuses de souris avait entraîné leur apoptose, c'est-à-dire à leur mort.

Par ailleurs, les expériences menées sur des cellules cancéreuses humaines ont démontré un ralentissement de leur prolifération. Quand les cellules humaines malades étaient introduites dans des souris, le traitement à la capsaïcine permettait d'en détruire 80% !

Le piment, aussi protecteur du cancer colorectal ?

Théorie reprise maintes fois depuis par de nombreux experts et médecins. C’est notamment le cas du médecin américain spécialiste de la nutrition, le Dr Michael Greger, dans son livre Comment ne pas mourir (éd. Belfond).

Selon lui, l’acide salicylique contenu dans le piment, mais aussi dans le cumin, le paprika et le curcuma, serait protecteur. "Cela pourrait expliquer pourquoi l’Inde, avec son alimentation riche en épices, se place parmi les pays du monde qui ont un des plus faibles taux de cancers colorectaux, partage le médecin dans son livre. Et plus vous épicez vos plats, mieux c’est !".

AVC, crise cardiaque, cancer : d’autres aliments pourraient vous protéger !

Légumes, agrumes, céréales…De nombreux aliments auraient des pouvoirs insoupçonnés selon plusieurs recherches antérieures. C’est notamment le cas du brocoli, des agrumes, du curcuma et des céréales complètes.

Le brocoli pourrait freiner les métastases

Une étude publiée cette année par des chercheurs de la Harvard Medical School, suggèrait qu’un composé trouvé dans le brocoli pour protéger du cancer. Il serait, non seulement capable de prévenir certains cancers, mais aussi de servir de traitement. "Nous avons identifié l’indole-3-carbinol, un composé présent dans les légumes crucifères, inhibiteur naturel. Cette protéine déclenche la réactivation du PTEN, favorable à la suppression des tumeurs, avaient partagé les auteurs. En activité, elle diminue les cellules cancéreuses".

Une théorie qui vient étayer celle du Dr Michael Greger. Ce dernier s’était intéressé aux vertus du brocoli pour lutter contre le cancer du poumon. "Des fumeurs longue durée ont été invités à consommer 25 fois plus de brocolis que la moyenne. Il s’est avéré que le matériel génétique des mangeurs de brocolis a montré une dégradation significativement moins importante". En effet, les composés de ce légume empêcheraient la propagation de métastases.

Les agrumes pourraient réduire le risque d’AVC

"Bonne nouvelle pour les amateurs d’oranges : la consommation d’agrumes a été associée à une réduction des risques d’AVC. Encore plus celle des pommes", précise encore le Dr Greger. Ces fruits contiennent un phytonutriment appelé hespéridine qui semble améliorer la circulation sanguine, aussi bien dans le corps que dans le cerveau.

Les céréales complètes pour réduire la tension artérielle

"Lors d’un essai randomisé, trois portions de céréales complètes par jour ont permis d’abaisser la tension de sujets aussi efficacement que les médicaments", ajoute le Dr Greger. Avoine, blé complet, riz brun…Ils ont établi la preuve de leur capacité à réduire le risque de développer une maladie chronique. "Les sujets qui consommaient le plus de céréales complètes présentaient un rétrécissement des artères significativement plus lent".

Le curcuma pour prévenir les cancers digestifs

"Le faible taux de cancer en Inde pourrait s’expliquer en partie par les épices qu’ils utilisent. L’utilisation régulière de curcuma dans la cuisine indienne a été avancée comme une des explications possibles", explique encore le docteur. La survenue du cancer colorectal se fait en partie par l’apparition de polypes qui se forment sur la muqueuse tapissant l’intérieur du côlon.

"Six mois de curcumine, associé à un autre phytonutriment, la quercétine que l’on trouve naturellement dans les oignons rouges et le raisin, se sont avérés réduire le nombre et la taille des polypes de plus de moitié chez les patients souffrant d’une forme héréditaire de cancer colorectal".

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Sources

Chili Pepper Consumption and Mortality in Italian Adults, Journal de l'American College of Cardiology, à paraître le 24 décembre 2019

Capsaicin, a Component of Red Peppers, Inhibits the Growth of Androgen-Independent, p53 Mutant Prostate Cancer Cells, AACR (American Association for Cancer Research)

Comment ne pas mourrir, Dr Greger, éd. Belfond, avril 2017

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