Les risques de démence pourraient avoir un lien avec la ménopause précoce. Selon une nouvelle étude publiée par l’American Heart Association, rapportée par Neuroscience News le 1 mars 2022, les femmes ménopausées avant l'âge de 40 ans auraient plus de risques de développer une démence que les autres. “Être consciente de ce risque accru peut aider les femmes à pratiquer des stratégies de prévention de la démence et à travailler avec leurs médecins pour surveiller de près leur état cognitif à mesure qu'elles vieillissent”, déclare Wenting Hao, l’un des auteurs de la recherche.

Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs ont analysé, à travers les examens de 153 291 femmes qui avaient en moyenne 60 ans, la relation entre l'âge du début de la ménopause et le diagnostic de démence, quelle qu'en soit la cause.

AVC : un risque élevé après la ménopause

Ils ont finalement découvert que les femmes ménopausées avant l'âge de 40 ans étaient 35% plus susceptibles de recevoir un diagnostic de démence. Cependant, celles qui ont été ménopausées à 52 ans ou plus “avaient des taux de démence similaires à celles qui l’ont été à l'âge moyen d'apparition de la ménopause, soit à l’âge de 50 à 51 ans”, indique l’étude.

Lorsqu’on parle de démence, on pense souvent à la maladie d’Alzheimer. C’est en effet le type de démence le plus courant, puisqu’elle représente 60 à 70% des cas selon l’OMS. Mais la démence peut aussi être le résultat d’un accident cardiovasculaire (AVC), car celui-ci entraîne des perturbations du flux sanguin vers les cellules cérébrales. L'accumulation de plaques dans les artères, qui irriguent le cerveau, peut également en être à l’origine. Dans cette étude, les chercheurs soupçonnent que la santé vasculaire serait l’une des causes du développement de la démence chez les femmes ménopausées de manière précoce. “Tant qu'on a encore des cycles menstruels, on a moins de risque de faire un AVC”, souligne l'étude. En effet, une fois ménopausée, le taux d'œstrogènes baisse. “(...) À long terme, cela augmente le stress oxydatif, ce qui peut augmenter le vieillissement du cerveau et entraîner des troubles cognitifs”, décrit l'enquête.

Ménopause : un moyen de prévenir la démence

Même si l’étude ne définit pas clairement dans quelles conditions les femmes ont été ménopausées (naturellement ou à la suite de maladies, d'opérations), celle-ci “peut fournir aux cliniciens un moyen plus précis d'évaluer le risque de démence d'une femme”, rapporte Wenting Hao. “La démence peut être prévenue, et il existe plusieurs façons, pour les femmes qui connaissent une ménopause précoce, de réduire leur risque”, conclut-il.

Le nombre de cas de démence augmente à mesure que la population vieillit. C’est un syndrome dans lequel on observe une dégradation de la mémoire, du raisonnement, du comportement et de l’aptitude à réaliser les activités quotidiennes. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, on compte 50 millions de personnes atteintes de ce déclin progressif du cerveau dans le monde, “et il apparaît, chaque année, près de 10 millions de nouveaux cas”. En France, cette pathologie concernerait environ 900 000 individus.

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Sources

https://neurosciencenews.com/early-menopause-dementia-20121/

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