Une campagne de vaccination sans précédent contre la ménigite a débuté à la fin du mois d’août en région Auvergne-Rhône-Alpes. Comme le précise notamment Midi Libre, ce sont pas moins de 56 000 personnes, adolescents, jeunes adultes et jeunes parents qui ont reçu un courrier de l’Agence régionale de santé d’Auvergne-Rhône-Alpes, les incitant à se rapprocher de leur médecin traitant pour se faire vacciner contre le méningocoque B. En cause, les 12 cas de méningite correspondant à un nouveau variant recensés dans la région depuis un an, dont un cas mortel et deux cas graves. En effet, si on ne peut pas parler d’épidémie, il s’agit de cas inquiétants. Depuis juin 2021, 12 adolescents et jeunes adultes ont été touchés par une nouvelle forme de méningite à méningocoque B en Auvergne-Rhône-Alpes.

L'ARS Auvergne-Rhône-Alpes alertait à ce sujet le 10 août dernier assurant que “12 cas d’Infection invasive à méningocoque (IIM) B liés à un nouveau variant ont été détectés dans la région Auvergne-Rhône-Alpes”. L’ARS a également précisé que “les personnes concernées étaient pour la plupart âgées de 16 à 21 ans et ont fréquenté les secteurs de Chambéry ou de l’Est lyonnais”. Face à la situation, l’ARS a donc défini des actions de prévention à conduire et notamment lancé à la mi-août une campagne de vaccination “pour les habitants âgés de 0-2 ans et 16-24 ans”.

Nouveau variant de méningite : quelles sont les personnes à risque ?

L’ARS a fixé deux zones géographiques à risque :

  • autour de Chambéry, représentant 115 communes de Savoie, de l’Isère et de l’Ain
  • dans l’Est lyonnais représentant 90 communes de l’Ain, de l’Isère et du Rhône

Dans ces secteurs, deux populations à risque accru d’IIM B ont été identifiées :

  • Les jeunes de 16-24 ans qui résident ou fréquentent occasionnellement ces secteurs (domicile, emploi, études, sorties) ;
  • Les enfants de 0-2 ans : le nouveau variant pouvant également être transmis à cette tranche d’âge

Pour rappel, le vaccin contre la méningite se réalise en deux doses pour les adolescents et les jeunes adultes, ainsi qu’un rappel pour les bébés. L'injection peut être réalisée par les médecins généralistes ou dans certaines pharmacies et centres de vaccination. Pour information, une dose de ce vaccin coûte en temps normal un peu plus de 80 euros. “Dans le cadre de cette campagne, le vaccin fait l’objet d’un remboursement à 100 % (65 % Assurance maladie et 35 % mutuelle) lors de l’achat en pharmacie”, précise l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes.

Symptômes : fièvre, maux de tête, vomissements, purpura

“Pour l'instant, nous n'avons pas beaucoup d'éléments scientifiques concernant ce nouveau variant puisqu'il est récent. La situation était sous surveillance jusqu'à présent, elle n'était pas alarmante. Mais nous avons été obligés de réfléchir à une mise en œuvre d'actions spécifiques parce que le seuil et l'incidence de ces infections invasives à méningocoque B étaient trop élevées”, a confié à France 3 Auvergne-Rhône-Alpes Anne-Sophie Ronnaux-Baron, responsable du pôle régional de veille sanitaire à l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes.

Elle alerte sur les symptômes qui doivent vous inquiéter et qui peuvent correspondre à une méningite. “La maladie se manifeste le plus souvent par de la fièvre, des maux de tête importants qui sont souvent accompagnés de vomissements. Il peut aussi avoir l'apparition d'un purpura, des taches rouges qui peuvent apparaître rapidement”, précise Anne-Sophie Ronnaux-Baron. Selon elle, “ce purpura est en général de mauvais pronostic et peut être accompagné d'une fièvre élevée qui est mal tolérée”. En cas d'apparition de ces signes, “surtout d'une fièvre élevée et de ce fameux purpura, il faut contacter le 15 de toute urgence”.

Si la maladie est déjà développée dans sa forme grave, les personnes infectées peuvent aussi présenter “des troubles de la conscience, de la diarrhée, une intolérance à la lumière ou au bruit, une raideur de la nuque, des courbatures importantes, une grande fatigue, une somnolence ainsi que des paralysies ou niveau des yeux ou encore des convulsions”. Le mal de ventre également un symptôme inattendu de la maladie.

Méningite : comment se transmet la maladie ?

Concernant la transmission de la maladie, la responsable de l’ARS rappelle que la méningite “se transmet de par l'environnement, par des contacts proches, prolongés, avec un porteur sain - une personne qui est porteuse du méningocoque B mais qui n'est pas malade”. Cette bactérie va ensuite se transmettre “par exemple, par la toux, les postillons ou les éternuements”. Si la méningite, correspondant à l’inflammation des méninges, est une maladie provoquée par un virus ou une bactérie dans la grande majorité des cas, elle peut aussi être la conséquence de causes plus insoupçonnées.

Un numéro Vert a même été mis en place si vous avez le moindre doute : le 0 800 100 378.

Sources

Nouveau variant de méningocoque B en Auvergne-Rhône-Alpes, ARS Auvergne-Rhône-Alpes, 10 août 2022. 

https://www.auvergne-rhone-alpes.ars.sante.fr/nouveau-variant-de-meningocoque-b-en-auvergne-rhone-alpes

INTERVIEW. Méningite : un nouveau variant de méningocoque B fait un mort en Auvergne-Rhône-Alpes, l'ARS "incite à la vaccination", France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, 11 août 2022.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/savoie/chambery/interview-meningite-un-nouveau-variant-de-meningocoque-b-fait-un-mort-en-auvergne-rhone-alpes-l-ars-incite-a-la-vaccination-2595008.html 

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