Opiacés : première cause de décès par overdose en France

Publié le 18 Octobre 2018 par Claire Ménage, journaliste santé
Une série d'articles du "Monde", publiés les 15 et 16 octobre 2018, met en avant le fait que les opiacés seraient la première cause de mortalité par overdose en France. Explications et retour sur la dangerosité de ces médicaments devenus des drogues.
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Le Monde a publié les 15 et 16 octobre 2018, une série d'articles mettant en exergue la fulgurante augmentation de la consommation d’opiacés par les français. Devenue la première cause de décès par overdose en France, les opiacés sont des médicaments permettant de lutter contre des douleurs plus ou moins intenses. Contenant des dérivés d’opium, aujourd’hui selon les chiffres révélés par le quotidien, "c’est plus de 500 décès chaque année et les traitements opiacés tuent davantage que l’héroïne et la méthadone réunies". Des résultats déjà édifiants en France mais qui restent loin derrière les Etats-Unis qui ont compté en 2017 près de 48 000 patients décédés à la suite de surdose d’antalgiques.

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"Je ne peux plus m’en sortir seule. J’ai peur de mourir"

Les chiffres ne font qu’augmenter d’années en années. En effet, la France a connu depuis 2004 une explosion de près de 88% de la consommation pour ce qu'on appelle les opioïdes forts et de +1950% pour l'oxycodone explique Le Monde. Dans un entretien pour le journal, une femme de 34 ans se livre sur sa dépendance et sa descente aux enfers liée sa consommation d’opiacés. Ni fumeuse, ni droguée, Lucie avait seulement l’alcool un peu facile. Pourtant, après six ans de hauts et de bas, d’arrêts et de rechutes, elle est formelle : "Je suis addict et je ne peux plus m’en sortir seule. J’ai peur de mourir". Son accoutumance ? Elle survient après une opération des yeux. Son médecin lui avait prescrit des antalgiques codéinés et à la fin de son traitement, impossible de s’arrêter d’en prendre. "A chaque fois qu'elle essaie elle est en manque, des bouffées de chaleur, des pics de tensions. Les médicaments lui permettaient de moins ressentir la douleur, d’apaiser son corps et de se sentir bien", rapporte Le Monde. Depuis 2 ans maintenant, la jeune femme prend chaque jour encore la dose maximale autorisée. Même si les prescriptions sont plus encadrées en France, les antalgiques les plus puissants sont néanmoins classés comme stupéfiants.

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Un moyen pour mieux gérer la douleur

Après un entretien avec Médisite, Lisa Marsch, spécialiste des opiacés à la faculté de médecine de Dartmouth, dans le New Hampshire (Etats-Unis), pense qu'il s’agit d’une crise majeure des opiacés. D’après ses propos, "cette crise a cela d'original qu'elle est née, pour beaucoup, des bonnes intentions des médecins qui essayaient de mieux gérer la douleur. Au niveau national aussi, la conversation tournait beaucoup autour du traitement de la douleur et des opiacés comme solution-clé pour la maîtriser et les laboratoires pharmaceutiques se sont mis à inonder le marché de toute une variété d'opiacés La situation actuelle est une réaction à la forte demande nationale que nous avons créée pour les opiacés. Les gens disent parfois, "C'est la faute des cartels mexicains, chinois": s'il semble que beaucoup de drogues viennent de ces pays, ces groupes répondent à une demande du marché. Les données montrent que, si ce phénomène des opiacés touche toutes sortes de gens et de milieux socio-économiques, il concerne majoritairement les Blancs, non-hispaniques. On ne comprend pas forcément bien pourquoi. Une des choses qu'on a entendues, c'est que dans les années 1970 et 1980, les quartiers noirs ont été dévastés par les épidémies de crack et d'héroïne, et que la consommation de ce type de drogues y est devenue très stigmatisée ".

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