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Ils pourraient réduire l'efficacité de traitements anti cancer

20% des malades du cancer seraient sous antibiothérapie. Or, une étude publiée en novembre 2017 dans la revue Science par des chercheurs français a montré que prendre ces médicaments pouvait perturber l'efficacité d'un traitement par immunothérapie.

"La prise d’antibiotiques a un impact négatif sur la survie des malades sous immunothérapies", ont déclaré les auteurs. Les antibiotiques déséquilibreraient le microbiote intestinal (aussi appelé "flore intestinale") même s'ils sont pris deux mois avant le traitement et jusqu'à un mois après. Ils pourraient ainsi impacter la survie du malade.

Une augmentation des risques de calculs rénaux

Une étude menée par des chercheurs du Children’s Hospital of Philadelphia s’est récemment penchée sur le rapport entre prise d’antibiotiques oraux et survenue de calculs rénaux. Ils ont ainsi identifié cinq classes d’antibiotiques associés à un diagnostic de calculs rénaux : ceux de type sulfamide, céphalosporine, fluoroquinolone, nitrofurantoïne et des pénicillines à large spectre.

Ainsi, les patients ayant reçu des sulfamides étaient deux fois plus susceptibles de développer des calculs rénaux, et ceux ayant reçu des pénicillines à large spectre, 27% plus touchés. Les chercheurs ont par ailleurs mis en lumière un risque accru pour les enfants et adolescents.

Antibiotiques : des risques de tendinites

Certains antibiotiques comme les quinolones* affectent le cartilage et augmentent le risque de tendinite. Même si cet effet indésirable n’est pas très fréquent, il ne faut pas le sous-estimer car il peut être grave. "Le plus gros danger c’est la rupture du tendon", prévient le Dr Serge Alfandari, infectiologue.

Quand s’inquiéter ? "Si l'on a des douleurs au niveau des tendons (sans qu’il y ait eu d’effort), il faut appeler son médecin. "Le risque de tendinite augmente surtout quand le traitement antibiotique est supérieur à 10 jours", explique notre interlocuteur.

* quinolones : Ciflox®,Norfloxacine®, Noroxine®, Oflocet®, Tavanic®… Ils sont contre-indiqués aux personnes ayant des antécédents de tendinites ou de rupture des tendons.

Des troubles digestifs fréquents

Quand on prend des antibiotiques, on peut souffrir de troubles digestifs. "Ces médicaments interagissent avec l’ensemble des bactéries du corps humain, notamment celles du tube digestif", explique le Pr Anne-Claude Crémieux, infectiologue. "L’antibiotique peut stimuler le tube digestif, ce qui peut se traduire par des diarrhées (c’est le cas de l’Amoxicilline (principe actif entrant dans la composition de l'Augmentin ® par exemple) ou il peut modifier l’équilibre de la flore digestive (occasionnant par exemple des maux de ventre, des ballonnements, des nausées)", précise notre interlocutrice.

Quand s’inquiéter ? "Si on constate une petite accélération du transit, cela ne doit pas poser de problème quant à la poursuite du traitement. En revanche, si cette accélération est associée à des douleurs violentes, il faut appeler le médecin sans attendre", prévient le Dr Serge Alfandari, médecin hygiéniste et infectiologue. Lui seul peut décider de l’arrêt du traitement.

À savoir : Les troubles digestifs occasionnés par la prise d’antibiotiques se manifestent en général dans les premières 48 heures, plus rarement dans les 8 jours suivant la prise.

Antibiotiques : des risque d’œdèmes !

Eczéma, urticaire, œdèmes… La prise d’antibiotiques peut entraîner des réactions allergiques plus ou moins graves. Par exemple, "les bêta-lactamines, qui sont les antibiotiques les plus utilisés en ville (regroupant les pénicillines* et céphalosporines**), peuvent être responsables d’allergies", explique le Pr Anne-Claude Crémieux, infectiologue.

Quand s’inquiéter ?

Le risque est faible. Mais "l’allergie à un antibiotique peut se manifester par une petite éruption de boutons sans relief sur la peau, un urticaire localisé ou généralisé, ou exceptionnellement un oedème de Quincke. Ces effets interviennent généralement rapidement (quelques heures après la prise) mais parfois aussi après plusieurs jours", indique le Dr Serge Alfandari, médecin hygiéniste et infectiologue.

Si vous observez ces symptômes, appelez immédiatement votre médecin. En cas d’œdème de Quincke, contactez directement le Samu (faites le 15). Cet œdème atteint la gorge et gêne la respiration, il peut donc entraîner l'étouffement.

Pour prévenir l’allergie, n'oubliez pas de dire au médecin si vous avez déjà présenté des symptômes allergiques suite à la prise d’antibiotiques.

*pénicillines : Amoxicilline®, Augmentin ®, Bristopen®, Invanz®, Oracilline®, Clamoxyl®...

**céphalosporines : Céfaclor®, Claforan®, Oracéfal®, Taketiam®, Dexef®, Orelox®...

Antibiotiques et médicaments : mélanges dangereux

Associés à d’autres médicaments, certains antibiotiques peuvent être dangereux. Il est par exemple déconseillé de prendre simultanément des médicaments à base de pénicillines* et un anticoagulant car il y a un risque d’hémorragie. Ou encore d'associer un antibiotique de la famille des quinolones** avec un anti-inflammatoire non stéroïdien (type aspirine ou ibuprofène) car cela peut entraîner des convulsions. Par ailleurs, l’antibiotique peut diminuer l’efficacité d’un médicament pris en association. C'est le cas avec la pilule et les inducteurs enzymatiques (ex : Griséfuline®, médicament prescrit contre les mycoses).

Pour vous mettre à l’abri de tout risque, prévenez votre médecin des autres médicaments ingérés.

*pénicillines : Amoxicilline®, Augmentin ®,Bristopen®, Invanz®, Oracilline®, Clamoxyl®...

** quinolones : Ciflox®, Norfloxacine®, Noroxine®, Oflocet®, Tavanic®…

Antibiotiques : ils peuvent décolorer les dents

Certains antibiotiques peuvent jaunir les dents ou leur donner une coloration grisâtre ou brunâtre. C’est le cas des tétracyclines (Doxygram®, Minocycline®, Physiomycine®, Tygacil®, Mestacine®…). Les plus à risque sont les enfants et les adolescents, chez qui les dents ne sont pas encore formées. L’antibiotique va alors se fixer sur l’émail dentaire et sur l’os. La coloration est malheureusement irréversible.

Quand s’inquiéter ?

Quand les dents de jeunes enfants prennent une coloration jaune ou grise, et ce malgré des soins réguliers, il vaut mieux en parler à un dentiste.

Antibiotiques : méfiez-vous du soleil !

Certains antibiotiques comme les tétracyclines* et les quinolones** peuvent entraîner une photosensibilisation (sensibilité anormale de la peau à la lumière (soleil et lampe à bronzer)). Même si le Dr Serge Alfandari, infectiologue, nous explique que cet effet reste "exceptionnel", il n’en est pas moins peu souhaitable !

Quand s’inquiéter ?

Une photosensilibilisation se traduit par l’apparition de coups de soleil ou d’éruptions cutanées après la prise de l’antibiotique. Si vous observez ces symptômes, arrêtez de vous exposer et contactez votre médecin. N’interrompez pas le traitement sans son consentement.

*tétracyclines : Doxygram®, Minocycline®, Physiomycine®, Tygacil®, Mestacine®…

**quinolones : Ciflox®, Uniflox®, Enoxor®, Logiflox®, Noroxine®, Monoflocet®, Oflocet®, Péflacine®…

Antibiotiques : attention aux bactéries résistantes !

Plus on prend d’antibiotiques, plus on met notre santé à rude épreuve ! Pourquoi ? Parce que cela favorise la multiplication des bactéries résistantes ! Explication : "L'organisme se compose de bactéries sensibles et d’autres moins sensibles (dites aussi "résistantes"). Chaque fois que l’on prend un antibiotique, les bactéries sensibles sont tuées mais les autres ne le sont pas", explique le Dr Serge Alfandari, médecin hygiéniste et infectiologue.

Résultat : ces mauvaises bactéries prolifèrent et résistent aux futurs traitements antibiotiques administrés… empêchant alors la bonne guérison. "Les colibacilles, bactéries responsables d’infections urinaires, peuvent par exemple devenir résistants à la majorité des antibiotiques disponibles en ville. En cas d’infections graves, on devrait envoyer les personnes se faire soigner à l’hôpital", souligne notre interlocuteur.

Comment éviter la résistance aux antibiotiques ?

En prenant des antibiotiques de façon appropriée, c'est-à-dire uniquement sur avis médical, et en respectant bien la posologie. Par ailleurs, sachez que "quand on a une bactérie résistante et que pendant deux à trois ans on ne reçoit pas d’antibiotiques, on peut retrouver une flore normale avec des bactéries sensibles qui vont éliminer les bactéries résistantes", indique le Dr Alfandari.

Antibiotiques : jamais deux fois le même !

Ce n’est pas parce que vous présentez des symptômes similaires que vous pouvez reprendre un même antibiotique sans en parler à votre médecin ! Pourquoi ? Un, parce qu’il se peut que les symptômes soient d’origine virale, et non bactérienne.

Dans ce cas, l’antibiotique est inutile. Pire, sa prise peut favoriser la résistance des bactéries. Deux, "parce que l’examen clinique est obligatoire pour évaluer la responsabilité d’une bactérie et sa sévérité potentielle", explique le Pr Anne-Claude Crémieux, infectiologue. Vous êtes prévenus !

Antibiotiques : n'arrêtez jamais un traitement en cours !

Vous voulez arrêter de prendre des antibiotiques parce que vous allez mieux ? Attention ! "Ce n’est pas parce qu’on se sent mieux et qu’on n’a plus de fièvre, qu’on est guéri", prévient le Pr Anne-Claude Crémieux, infectiologue. En clair, n’arrêtez pas le traitement antibiotique sans en parler à votre médecin.
En général, la plupart de ces traitements sont prescrits pendant moins d’une semaine, parfois 2 ou 3 jours.

"On va vers une réduction des durées pour les prescriptions antibiotiques.

Avant, pour une infection des poumons, le traitement était de 15 jours, aujourd’hui il est de 7 à 10 jours", explique le Dr Serge Alfandari, infectiologue. Pourquoi ? "Un, pour éviter la résistance des bactéries. Deux, parce qu’on s’est rendu compte qu’on n’avait pas besoin de les prescrire plus longtemps pour qu’ils soient efficaces", répond le spécialiste.

Antibiotiques : attention aux doses !

Prendre un antibiotique n’est pas anodin. Il est essentiel de respecter à la lettre la posologie indiquée par le praticien, sous peine de mettre votre santé en danger ! Pas question donc d’augmenter vous-même les doses parce que vous jugez le médicament peu efficace ou au contraire de les diminuer parce vous allez mieux !

D’autant que, comme le souligne le Pr Anne-Claude Crémieux, infectiologue : "Quand on prend un antibiotique à des doses trop faibles, on favorise la résistance des bactéries." Or, plus les bactéries résistent aux traitements, moins ils ont de chance d’être efficaces, donc de guérir !

Antibiotiques : quand sont-ils vraiment utiles ?

"Les antibiotiques, c’est pas automatique". Ce célèbre slogan de l'Assurance maladie a permis à la France de diminuer sa consommation d’antibiotiques. Tant mieux puisque cela diminue en même temps la prolifération des bactéries résistantes ! Cependant, ne relâchons pas nos efforts ! N’oublions pas qu’"un antibiotique n’est efficace que sur des bactéries*, pas sur des virus**", rappelle le Pr Anne-Claude Crémieux, infectiologue. En clair, il est bon de le prendre en cas de pneumonie ou de cystite, mais totalement inutile (du moins en première intention) en cas de bronchite aiguë, de grippe ou de rhume, qui sont des infections virales.

*Bactérie : être vivant qui, contrairement aux virus, n’est pas toujours néfaste à l’organisme (certaines sont par exemple indispensables à la digestion).

**Virus : parasites qui détruisent les cellules. Ils sont toujours néfastes pour l’organisme.

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Sources

- Point d’information sur le retrait des antibiotiques locaux pour le nez, la gorge et en bain de bouche, ANSM, 2005 

Assurance maladie

Vidéo : Top 3 des antibiotiques naturels

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