Selon les derniers chiffres de l’ANSM (Agence nationale du médicament et des produits de santé) datant de 2019, le Doliprane fait partie des antalgiques les plus vendus en France. Avec une consommation en hausse de 53% en dix ans, près d’un milliard de boîtes vendues chaque année et une accessibilité facile avec ou sans ordonnance, le Doliprane est l’antalgique star des pharmacies.

Quand le Doliprane devient dangereux

Considérée comme sans risque, l’utilisation du Doliprane, en cas de douleur, de maux de tête ou de fièvre, ne doit pas entrer en interaction avec les médicaments gastriques. Smecta, Maalox, sont prescrits contre les brûlures d’estomac et les remontées gastriques. Parce qu’ils contiennent de l’alginate de sodium et du bicarbonate de sodium, ces pansements gastriques peuvent avoir pour effet d’empêcher l'absorption d’autres médicaments pris en même temps. Ils forment en effet une sorte de barrière protectrice anti acide autour de l’estomac. La prise simultanée de Doliprane avec Smecta ou Maalox annule les effets antalgiques et les douleurs vont donc persister.

En tant qu’antalgique de niveau I, le Doliprane agit principalement au niveau des nerfs périphériques pour venir à bout des douleurs légères à modérées. Son action peut annuler le passage du message de la douleur des nerfs de la zone concernée vers le cerveau. Cela permet de ne plus avoir mal. Mais cela peut aussi empêcher le corps d’avoir une réponse appropriée. Selon la théorie du « Gate control » de 1965, de P.D Wall et R.Melzack la transmission du signal douloureux passerait par une « porte » située au niveau de la moelle épinière. Cette porte s’ouvrirait ,ou se refermerait selon l'activation des différents types de fibres nerveuses. Cela facilite ou bloque le passage du signal.

Le paracétamol qui compose le Doliprane n’est pas un produit anodin. En cas de surdosage, il peut provoquer des lésions graves du foie. Pourtant , sa prescription chez les patients souffrant d’une atteinte hépatique est fréquente. Mais pas sans risques. Les docteurs Giovanni Innaurato Martine Louis Simonet et Valérie Piguet en dénombrent 3 :« le risque d’hépatotoxicité directe lié au traitement administré et la susceptibilité individuelle de ces patients à cette toxicité ; la survenue de complications liées aux effets indésirables des traitements (encéphalopathie, hémorragie digestive, aggravation de la fonction rénale) ; le risque de modification du métabolisme et de l’élimination de ces traitements pouvant conduire à l’accumulation ou à une perte d’efficacité des molécules administrées ».

Sources

Février 2019, l'ANSM : état des lieux de la consommation des antalgiques opioïdes et leurs usages problématiques en France. 

https://www.vidal.fr/medicaments/gammes/doliprane-2962.html#35486

https://www.ameli.fr/assure/sante/medicaments/utiliser-medicaments/utiliser-antalgiques

Société d'Etude et de Traitement de la Douleur, Ministère de la Santé et de la ProtecCon Sociale. La douleur en quesCon [en ligne], édiCon de 2018. Disponible sur hPps://www.cnrd.fr/gepile.php?file=14/document_public/7919/1/livret-la_douleur- final-2018.pdf (consulté le 17 mars 2021) 

Ce que l'on sait de la douleur, CNRS le Journal, 2019. Disponible sur : hPps://lejournal.cnrs.fr/arCcles/ce-que-lon-sait-de-la-douleur (consulté le 17 mars 2021) 

mots-clés : Doliprane
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