On sait enfin pourquoi certaines personnes souffrent du syndrome du côlon irritable. Selon une étude publiée dans la revue Nature le 13 janvier, un gastro-entérologue de l'université de Leuven, en Belgique, a mis en lumière l'un des mécanismes à l'origine de l'apparition de ces douleurs abdominales liées à l'ingestion de certains aliments. Alors que 20% de la population mondiale souffre du syndrome de l'intestin irritable, les chercheurs belges ont découverts que chez les malades atteints par ce syndrome, certains aliments stimulent les mastocytes, des cellules de l'immunité innée, qui sécrètent de l'histamine, la molécule responsable des douleurs abdominales.

La maladie apparaît après une infection bactérienne

Une réaction anormale de l'intestin qui survient pour beaucoup des cas après une infection de l'intestin. Comme le rapporte Futura Santé, les chercheurs ont prouvé que dans le syndrome de l'intestin irritable, l a réponse immunitaire anormale est locale et non systémique, comme une allergie alimentaire classique. L'histamine n'est en en effet sécrétée que dans la zone déstabilisée par l'infection bactérienne. "À une extrémité du spectre, la réponse immunitaire à un antigène alimentaire est très locale, comme dans le SII. À l'autre extrémité du spectre se trouve l'allergie alimentaire, comprenant une condition généralisée d'activation sévère des mastocytes, avec un impact sur la respiration, la pression artérielle, ect", assure le professeur Guy Boeckxstaens, à l'origine de l'étude.

Une hypothèse qui a été vérifiée sur des souris. Le gastro-entérologue a décidé de simuler une infection intestinale chez les animaux. Elles ont été infectées par une bactérie et à la fois nourris avec de l'ovalbumine, une protéine de l'œuf fréquemment utilisée comme antigène alimentaire. Le système immunitaire a contré l'infection et les médecins ont alors à nouveau donné de l'ovalbumine aux rongeurs. Résultat : les souris ayant eu une infection intestinale ont sécré de l'histamine, entraînant des douleurs abdominales, alors que celles qui n'ont pas été infectées par la bactérie intestinale n'ont pas réagi à la protéine d'œuf et sont restées en bonne santé. La réponse immunitaire est locale et se limite à la zone touchée par l'infection bactérienne.

L'étude "mènera à de nouvelles thérapies"

Les chercheurs ont ensuite vérifié si les humains atteints du syndrome du côlon irritable réagissaient de la même manière que les souris. Lorsque des antigènes alimentaires associés au syndrome (gluten, blé, soja et lait de vache) ont été injectés dans la paroi intestinale de 12 patients, ils ont produit des réactions immunitaires localisées similaires à celles observées chez les souris. Aucune réaction n'a été observée chez des volontaires sains selon Santé Magazine. "C'est une preuve supplémentaire que le mécanisme que nous avons démêlé a une pertinence clinique. Mais connaître le mécanisme qui conduit à l'activation des mastocytes est crucial et mènera à de nouvelles thérapies pour ces patients", a déclaré le professeur Boeckxstaens. Cela ouvre la voie à un espoir de traitement pour les malades qui souffrent de ce syndrome du côlon irritable.

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