En France, plus de 200 000 personnes sont touchées par une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI) - terme regroupant essentiellement la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, selon la Fondation pour la recherche médicale. Ces deux pathologies se caractérisent par des zones d’inflammation chronique de la paroi digestive : à n’importe quel niveau du tube digestif dans la maladie de Crohn, et au niveau du rectum et du côlon pour la rectocolite hémorragique.

Leurs symptômes sont divers et variés : douleurs abdominales, diarrhées sanglantes, amaigrissement, fatigue, fièvre, troubles articulaires, cutanés ou oculaires… Autant de symptômes qui affectent considérablement la qualité de vie. En outre, ces pathologies sont associées à un risque accru de cancer colorectal, multiplié jusqu’à 5 après 30 ans d’évolution de la maladie.

L’origine de ces affections est mal connue. Mais des études ont mis au jour de nombreux gènes de susceptibilité aux MICI. L’environnement pourrait aussi jouer (alimentation et régime alimentaire occidental, pollution, tabagisme, prise d’antibiotiques, infections durant l’enfance, surplus d’hygiène…). La composition du microbiote intestinal pourrait également influencer ces maladies. En effet, plusieurs études ont montré des liens étroits entre un déséquilibre de la flore intestinale et le développement d’une MICI. D’où l’idée de mettre au point des probiotiques qui, par voie orale, rééquilibreraient la flore imparfaite.

5 bactéries capables de supprimer l’inflammation

C’est l’objectif d’une étude menée par des chercheurs de l’université de Queensland (Australie), publiée dans Cell Reports en avril 2022. Ces derniers y expliquent avoir isolé cinq souches de bactéries intestinales qui pourraient ouvrir la voie à de nouveaux traitements contre les MICI et potentiellement aider à prévenir certaines formes du cancer de l’intestin.

Pour ce faire, ils ont isolé plusieurs types de bactéries du genre Clostridioidesà partir d’un microbiote intestinal « sain » et identifié cinq souches capables de supprimer l’inflammation dans des échantillons de sang et de tissus de patients atteints de MICI.

En outre, l’une des souches a produit, dans des organoïdes épithéliaux intestinaux de souris, des substances anti-inflammatoires capables de réduire l’inflammation en inhibant une protéine impliquée dans la réponse immunitaire, appelée « NF-kB », sans effets secondaires.

Si ces premiers résultats sont à confirmer, ils sont porteurs d’espoir. Car aujourd’hui, il n’existe pas de traitement curatif. Seuls certains médicaments (corticoïdes, immunosuppresseurs, immunomodulateurs…) permettent de contrôler la maladie, mais ne sont ni très efficaces, ni dénués d’effets secondaires.

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