Dans son dernier point du 11 août, Santé publique France recense 2 673 cas de variole du singe sur le territoire national. Selon l'OMS, ce virus se transmet entre les Hommes "par contact étroit avec les lésions, les liquides organiques et les gouttelettes respiratoires de personnes ou d'animaux infectés. La possibilité d'une transmission sexuelle est à l'étude".

Il a également été observé que les animaux sauvages peuvent être porteurs de la variole du singe (aussi appelé Monkeypox). Or, jusque-là, aucun cas de transmission n’avait été détecté chez l’animal domestique. Un premier cas mondial a été rapporté par les scientifiques dans un article publié le 10 août dans la revue The Lancet. La découverte a eu lieu en France, à Paris, où deux hommes homosexuels porteurs du virus ont transmis la maladie à leur chien, un lévrier italien âgé de quatre ans.

Variole du singe : premier cas détecté chez les animaux de compagnie

Le 10 juin dernier, le couple d'hommes s’est rendu à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris après l’apparition de symptômes caractéristiques du Monkeypox(pustules sur plusieurs parties du corps). L’un des deux hommes, âgé de 44 ans, est atteint du VIH “avec des charges virales indétectables sous antirétroviraux”, expliquent les auteurs de l’article. Le second, âgé de 27 ans, est quant à lui séronégatif. Le couple n’avait pas de rapports sexuels exclusifs au moment de la contamination.

Six jours après un rapport avec d’autres partenaires, les deux hommes ont présenté une ulcération anale. Chez l’individu de 44 ans, s’est suivi une éruption vésiculo pustuleuse sur le visage, les oreilles et les jambes. Chez le second, cette éruption a eu lieu sur les jambes et le dos.

Douze jours après les premiers symptômes détectés chez les propriétaires, le chien a développé des lésions et a été testé positif à la variole du singe. Il avait régulièrement l’autorisation de dormir dans le lit avec ses maîtres. Les hommes ont précisé au média CBS News qu’une fois les symptômes apparus, ils ont empêché leur canidé d’entrer en contact avec d’autres personnes ou animaux de compagnie.

Monkeypox : les malades doivent éviter tout contact avec leurs animaux

Après analyse des données, les scientifiques ont conclu que la transmission interhumaine était bien la cause : "Au meilleur de notre connaissance, la cinétique d'apparition des symptômes chez les patients et par la suite chez leur chien suggère une transmission interhumaine du virus monkeypox".

Selon les auteurs de l’article, cette découverte est une grande première : "Dans les pays endémiques, seuls les animaux sauvages (rongeurs et primates) sont porteurs du virus. Cependant, la transmission du virus monkeypox chez les chiens de prairie a été décrite aux États-Unis et chez les primates captifs en Europe qui ont été en contact avec des animaux infectés importés. L'infection chez les animaux domestiques, comme les chiens et les chats, n'a jamais été signalée".

Les chercheurs affirment qu’il est essentiel de poursuivre les recherches sur le sujet : “Compte tenu des lésions cutanées et muqueuses du chien ainsi que des résultats positifs à la PCR du virus monkeypox des prélèvements anaux et oraux, nous supposons une véritable maladie canine, et non un simple portage du virus par contact étroit avec l'homme ou par voie aérienne (ou les deux).”

Les auteurs insistent sur le fait que ce premier cas doit inciter les malades à éviter tout contact avec leurs animaux domestiques : "Nos résultats devraient susciter un débat sur la nécessité d'isoler les animaux de compagnie des individus positifs au virus de la variole du singe".

Sources

https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(22)01487-8/fulltext

https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2022/cas-de-variole-du-singe-point-de-situation-au-11-aout-2022

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