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Cancer de la prostate : l'âge

C'est l'un des principaux facteurs de risque. Plus de 75% des cancers de la prostate sont diagnostiqués chez des hommes de plus de 65 ans. Il reste exceptionnel avant 50 ans.

Pourquoi: plus un homme vieillit, plus il a des risques d'avoir des problèmes avec cette glande. 'Tous les hommes finissent par avoir un cancer de prostate, après 85 ans, les autopsies ont montré que presque aucune glande prostatique n’était indemne de cancer.', explique le Pr Thierry Lebret.

Le mieux: se faire dépister une fois par an chez son médecin traitant, à partir de 50 ans. S'il existe des antécédents familiaux (père, frère, oncle ou grand-père qui ont eu un cancer de la prostate), le dépistage débutera vers 45 ans.

Les antécédents familiaux

Les hommes, dont au moins deux des parents du premier degré (père, frères) ou du second degré (grand-père, oncles) ont été touché par un cancer de la prostate, ont plus de risque d'être eux-mêmes atteints.

Selon le nombre de parents touchés, le risque peut être de 2 à 5 fois supérieur à celui d'un homme sans antécédents familiaux.

'Si plus de 3 hommes dans la même famille en lien direct ont ou ont eu un cancer de la prostate, nous sommes probablement face à une famille à risques.', explique le Pr Thierry Lebret.

Ces cancers sont alors dus à une anomalie d'un ou plusieurs gènes qui prédisposent à développer la maladie. Il représente environ 5 % des cancers de la prostate.

L'ethnie: les afro-américains les plus touchés

L'origine ethnique semble jouer un rôle important dans l'apparition du cancer de la prostate.

Les plus touchés: les hommes d'origine antillaise, africaine, afro-américaine ont plus de risques de développer la maladie (les afro-américains ont les taux les plus élevés de cancer de la prostate au monde). En France, ils sont deux fois plus touchés que les hommes d'autres ethnies.

Les moins concernés: les Asiatiques sont environ 50 fois moins touchés par ce cancer que les occidentaux.

L'environnement

Le pays où vous vivez aurait aussi son rôle à jouer dans le développement du cancer de la prostate. Le nombre de cas de cancers de la prostate est beaucoup plus important en Europe du Nord et Amérique du Nord.

Il a été constaté que: les hommes noirs qui vivent en Afrique ont moins de cancers de la prostate que leurs homologues qui vivent en Amérique du Nord. Les Asiatiques qui sont partis vivre en Amérique du Nord ont aussi plus de risques de développer la maladie que ceux qui vivent en Asie.

En cause: les différents modes de vie et d'habitudes alimentaires (nourriture riche en matières grasses) seraient incriminés.

L'alimentation riche en graisses

Un régime alimentaire riche en matières grasses animales, en calcium (viandes rouges, charcuteries, fromages...) et en calories pourrait favoriser la survenue du cancer de la prostate.

Pourquoi: les scientifiques ne savent pas encore exactement pourquoi, mais ils suggèrent que les aliments contenants des graisses animales modifient les niveaux d'hormones, et augmentent le risque du cancer de la prostate.

Les aliments protecteurs: certains auraient un rôle protecteur, notamment ceux riches en lycopène présent dans la tomate, la pastèque, le pamplemousse rose. On retrouve aussi le soja, le thé vert, la carotte, le jus de grenade, les poissons riches en acides gras comme le saumon, le hareng et la sardine, l'ail...

Le taux d'hormones mâles

La prostate est une glande sous la dépendance de la testostérone, une hormone mâle qui est sécrétée essentiellement par les testicules. Ainsi, le cancer de la prostate est hormono-dépendant, influencé par ce taux d'hormones.

'Le cancer de la prostate est sensible à la présence de testostérone. En cas de lésion très avancée, si on supprime ces hormones, le cancer régresse. Mais, à l’opposé et de manière très surprenante, avoir un taux faible de testostérone est à l’origine de cancers plus agressifs chez l’homme. ', explique le Pr Thierry Lebret.

Sachez-le: il n'y a aucune relation entre l'activité sexuelle (fréquence, nombre de partenaires...) et le développement voire la progression du cancer de la prostate.

L'obésité et la sédentarité

De nombreuses études ont montré qu'il y a un risque plus important de cancer de la prostate chez les personnes ayant un indice de masse corporelle (IMC au-dessus de 25) trop élevé par rapport à un homme de poids normal.

Le manque d'exercice physique et le surplus de poids, voire l'obésité ont été retenus comme pouvant avoir une influence sur la survenue de la maladie.

Le mieux: faire de l'exercice 3 fois par semaine pendant 1h ou marcher au moins 30min/jour. Retrouver une alimentation saine et équilibrée avec de nombreux fruits et légumes et un poids normal.

D'autres facteurs de risques suspectés

Les hommes de grande taille auraient un plus grand risque, mais les scientifiques ne savent pas exactement pourquoi.

L'activité professionnelle: l'agriculture avec l'usage des pesticides, les activités entraînant une exposition à des poussières de métaux, d'amiantes, de plomb, de peintures... Toutes ces substances sont reconnues pour augmenter les risques de cancer de la prostate.

Ne sont pas des facteurs de risques : le tabac, l'activité sexuelle, l'alcool longtemps suspecté qui ne semble finalement pas avoir d'influence sur ce type de cancer.

Sachez-le: il a été constaté que l'exposition au soleil (qui augmente la production de vitamine D) pourrait jouer un rôle protecteur.

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Sources

Remerciements au Pr Thierry Lebret, secrétaire général de l’AFU (Association Française d’Urologie) et urologue à l'hôpital Foch à Suresnes (92)

Association Française d'Urologie

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