Maladies cardiovasculaires : 80 % des hospitalisations pourraient être évitées, les mesures chocs du gouvernement

Publié par S. Coucke-Haddad
le 24/07/2026
médecin qui tient un cœur
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Photo d'illustration
Le Parlement vient d’adopter à l’unanimité une loi historique pour transformer la lutte contre les maladies cardiovasculaires qui causent 140 000 décès chaque année en France. Détails de ces mesures choc !

Dépistage dès l'enfance, nouveaux pouvoirs aux pharmaciens et kinésithérapeutes, suivi plus rapproché pour les femmes, la nouvelle loi santé “Plan cœur” - portée par l’ancien ministre de la Santé et cardiologue Yannick Neuder -, vise à rattraper le retard français en matière de prévention. Le médecin déplore en effet recevoir chaque semaine des patients à l'hôpital alors que leur pathologie était détectable dix ans plus tôt. Ce texte adopté à l'unanimité cette semaine entend basculer vers une médecine d'anticipation.

Maladies cardiovasculaires : deuxième cause de mortalité en France, première chez les femmes

Les maladies cardio-neuro-vasculaires, qui regroupent les infarctus et les AVC, constituent la deuxième cause de mortalité en France derrière les cancers, selon les données publiées par Santé publique France. Elles occupent même la première place chez les femmes.

On recense ainsi 140 000 décès chaque année et 1,2 million d’hospitalisations. Or, selon un communiqué du Dr Neuder “80 % de ces hospitalisations pourraient être évitées” grâce à une approche plus préventive. D’autant que le coût de ces pathologies pèse lourdement sur la société, puisqu'elles représentent une dépense annuelle d'environ 20 milliards d'euros pour notre système de soins.

Dépistage dès 6 ans : l’hypercholestérolémie familiale mieux prise en charge

La loi cible tout particulièrement l’hypercholestérolémie familiale. Cette maladie d'origine génétique touche 1 personne sur 250 et reste massivement sous-diagnostiquée dans notre pays, alerte la Haute Autorité de Santé. Lorsqu'elle n'est pas traitée, elle multiplie par 13 le risque de subir un événement cardiovasculaire précoce.

Pour pallier ce déficit, le texte instaure une évaluation clinique et biologique obligatoire pour les enfants l'année de leurs six ans. Ce rendez-vous précoce repose sur un diagnostic inversé. Identifier un enfant porteur de l'anomalie génétique permet ensuite de dépister et de traiter ses parents ainsi que ses frères et sœurs, bien avant la survenue dramatique d'un accident cardiaque.

Les femmes, la nouvelle priorité de la stratégie nationale

La mortalité féminine liée à ces pathologies reste largement sous-estimée. L'accident vasculaire cérébral (AVC) est désormais la première cause de décès chez les femmes en France, précise la Fédération Française de Cardiologie.

Le dépistage systématique prendra désormais en compte les étapes spécifiques de la vie hormonale, comme la contraception, la grossesse avec le risque de prééclampsie, ou encore la ménopause. Une attention particulière est portée sur les symptômes parfois atypiques de l'infarctus chez la femme. Les nausées, la fatigue extrême ou les douleurs dorsales sont autant de signaux méconnus qui retardent fortement la prise en charge, ces signes s'ajoutent aux plus traditionnels (douleur dans la poitrine, fourmillements dans le bras…).

Pharmaciens et kinésithérapeutes : les nouveaux acteurs du suivi

L'hypertension artérielle est un ennemi silencieux. Des millions de Français en souffrent sans le savoir, ce qui augmente inexorablement leur risque d'accident. De plus , chaque minute perdue lors d'un AVC entraîne la destruction de 2 millions de neurones. Dans ces conditions, insistent les neurologues pour souligner la nécessité absolue du dépistage de la tension.

Désormais, les pharmaciens et les kinésithérapeutes sont officiellement habilités à mesurer la pression artérielle de leurs patients en officine ou en cabinet. Cette mesure de proximité facilite le repérage précoce et un dépistage cardio-vasculaire plus efficace qu’actuellement. Le but est de garantir une prise en charge rapide bien avant l'apparition des complications sévères.

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