Maladie de Lyme : recrudescence en automne, quand se faire tester ?
Alors que les cueilleurs de champignons, les jardiniers ou les simples promeneurs s'exposent à nouveau aux morsures de tiques, la question de la prise en charge se pose. Mal connue et parfois mal diagnostiquée, la maladie de Lyme peut avoir un lourd impact sur le quotidien des malades.
Automne : pourquoi les tiques reprennent de l’activité ?
Le cycle d'Ixodes ricinus, le vecteur principal de la bactérie Borrelia burgdorferi, suit une courbe saisonnière à deux sommets. Après le printemps, un second pic survient entre septembre et novembre, dès que l'humidité grimpe et que le thermomètre dépasse 7 °C. Contrairement à une idée reçue, la tique ne tombe pas des arbres mais s'agrippe sur des herbes basses, à moins d'un mètre du sol. Elle peut donc facilement s’accrocher à quiconque s’approche d’elle.
Les cueillettes de champignons et les travaux d'extérieur augmentent ces expositions. Selon les bilans du programme de recherche participative CiTIQUE piloté par l'INRAE, près de 38 % des piqûres déclarées surviennent dans des jardins privés. Les données de l'INRAE et de Santé publique France confirment qu'environ 15 % des tiques prélevées portent la bactérie, générant chaque année 35 000 à 40 000 nouveaux cas diagnostiqués en médecine générale de la maladie de Lyme.
Maladie de Lyme : quels sont les symptômes caractéristiques d'une infection ?
Le premier signe apparaît sur la peau. Dans plus de 95 % des cas pris en charge au premier stade, l'érythème migrant apparaît entre 3 et 30 jours après la piqûre. Cette plaque rouge s'étend progressivement au-delà de 5 centimètres de diamètre, arbore souvent un centre plus clair et ne provoque généralement aucune douleur ni démangeaison.
Si la bactérie se dissémine sans traitement, d'autres signes peuvent émerger après quelques semaines ou mois : des manifestations pseudo-grippales isolées, une fatigue anormale, des douleurs articulaires mobiles ou des atteintes nerveuses comme une paralysie faciale unilatérale. Dans les formes très tardives**, il peut s'agir d’arthrites intermittentes du genou** ou des lésions cutanées violacées chroniques appelées acrodermatites chroniques atrophiantes.
Protocole de dépistage : à quel moment pratiquer une analyse ?
La Haute Autorité de santé rappelle que la présence d'un érythème migrant doit conduire à la prescription d'antibiotiques****, pas besoin dans ces conditions d’un test sanguin. Le diagnostic est posé de fait. D’autant que réaliser une prise de sang les premiers jours n’est pas forcément pertinent car l'organisme a besoin de 4 à 6 semaines pour synthétiser des anticorps décelables. Avant, on s’expose à de faux résultats négatifs.
La prise de sang est intéressante en cas de manifestations disséminées ou d'incertitude médicale après ce délai d'un mois. Le protocole s'organise en deux étapes : une technique immuno-enzymatique (ELISA) en premier lieu, suivie obligatoirement d'une confirmation par immuno-empreinte (Western blot) si le résultat préliminaire s'avère positif ou équivoque. Le tout à partir d’une simple prise de sang. Prescrit par le médecin traitant et réalisé en laboratoire, cet examen bénéficie d'un remboursement à 60 % par l'Assurance maladie. En revanche, faire analyser le parasite retiré n’a pas d'intérêt et n'offre aucune valeur diagnostique. De même, les autotest disponibles en pharmacie ont une fiabilité plus limitée et ils ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale.