Tiques : explosion de cette maladie neurologique grave qui s'attrape dans les jardins, publics ou privés

Publié par Céline Willefrand
le 15/07/2026
photo d'une tique sur la peau
New Planet Media
Photo d'illustration
+54 %. C’est le nombre de cas supplémentaires d'encéphalite à tiques recensés en seulement une année en France. Un sondage dévoilé cette semaine montre que les Français sous-estiment ce danger, qui se cachent pourtant tout près, dans les jardins, privés ou publics.
 

On croit ne pouvoir être mordu par une tique que lors d’une balade en forêt. Pas seulement. Les tiques peuvent sévir dans l’importe quel jardin ou même à la maison, si l’on possède des animaux de compagnie. Un

L’encéphalite à tiques, une maladie neurologique en pleine expansion

Selon les récentes données de Santé publique France, les déclarations d'encéphalite à tiques ont bondi de 53 % en seulement douze mois. Cette affection n'est plus du tout cantonnée à l'Est de la France. Les tiques Ixodes ricinus colonisent désormais le Sud, comme les régions PACA et Occitanie, et grimpent jusqu'à 1 700 mètres d'altitude. À titre d'exemple évocateur, la Lozère a enregistré son tout premier cas au cours de l'année écoulée.

Si beaucoup d'infections demeurent silencieuses, cette pathologie figure parmi les neuro-infections virales les plus sévères. Elle peut entraîner des atteintes cérébrales graves comme une encéphalite ou une encéphalo-myélite. Une étude publiée dans la revue Infection montre d'ailleurs qu'environ 40 % des adultes symptomatiques conservent des séquelles persistantes au-delà d'un an, altérant fortement leur qualité de vie.

Le jardin, ce foyer de contamination ignoré par les Français

Le mythe d’une menace exclusivement supportée par les randonneurs ou les cueilleurs de champignons en forêt ne tient pas la route. Selon le programme de recherche Citique, si 49 % des piqûres ont lieu en forêt, 31 % surviennent désormais dans un cadre familier, notamment les jardins privés et les parcs publics.

Le pharmacien Christophe Wilcke explique dans un communiqué du laboratoire Pfizer que "trois facteurs concentrent le risque : la densité forestière (feuillus, hautes herbes), un climat humide propice à la survie des tiques, et la présence d'animaux réservoirs comme les cervidés et les rongeurs". Ainsi le changement climatique global permet à ces acariens de survivre dans des zones auparavant considérées comme trop sèches ou trop froides. Pire encore, les scientifiques estiment que 27 % des tiques sont porteuses d’au moins un agent pathogène.

Pourquoi ce risque sanitaire est-il méconnu ?

Un sondage OpinionWay pour Pfizer réalisé en juin 2026 révèle un décalage inquiétant entre la perception et la réalité. Si la maladie de Lyme est connue de 82 % des Français, seuls 12 % ont entendu parler de l'encéphalite à tiques. La moitié de la population déclare ne pas avoir conscience des risques réels liés à une simple morsure.

De plus, une majorité de citoyens ne se sentent pas exposés lors de leurs activités en plein air. Ce déficit d'information globale complique le dépistage médical. D'autres maladies infectieuses transmises par les tiques, telles que l'anaplasmose ou la babésiose, restent largement sous-diagnostiquées sur le territoire national faute d'un dépistage systématique des patients.

Quels sont les bons réflexes pour s'en protéger ?

Pour éviter l'infection, l'utilisation de répulsifs cutanés adaptés offre une protection supplémentaire. En cas de morsure avérée, le spécialiste rappelle qu'il faut "retirer la tique le plus rapidement possible (en moins de 24 h) avec un tire-tique en tournant peu importe le sens, sans l'écraser, puis désinfecter". Ensuite, surveillez attentivement la zone pendant quatre semaines. Toute apparition d'une plaque rouge circulaire, appelée érythème migrant, ou l'apparition de symptômes anormaux exige de consulter un médecin.

Enfin, si aucun vaccin n'existe contre la maladie de Lyme, la Haute Autorité de Santé souligne qu'une vaccination préventive contre l'encéphalite à tiques est recommandée pour les personnes résidant ou voyageant dans les zones à haut risque.

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Communiqué de presse Pfizer

Santé Publique France

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