Lumbago (Lombalgie aiguë) : comment le soigner ?

Certifié par nos experts médicaux MedisiteLe lumbago (ou lombalgie aiguë) est le mal de dos le plus répandu. La lombalgie touche en effet selon les différentes études 75 à 85% des personnes au cours de leur vie, tous âges et tous sexes confondus et impacte considérablement le quotidien. Symptômes, durée, traitement, voici tout ce qu’il faut savoir sur le mal du siècle.

Définition

Le lumbago, que l’on appelle aussi "tour de rein" ou simplement mal de dos est une lombalgie aiguë qui se caractérise par une douleur intense au niveau du bas du dos (au niveau des vertèbres lombaires) due à une contracture musculaire et à un dérangement vertébral. Cette douleur vive s’accompagne souvent d’une sensation de blocage qui peut empêcher certains mouvements. Si elle est douloureuse voire handicapante, la lombalgie aiguë reste néanmoins bénigne.Pourtant, à cause de l’intensité de la douleur, la majorité des Français surestiment la gravité de la lombalgie. On distingue deux types de lumbagos :

La lombalgie aiguë 

c’est le lumbago isolé qui survient à la suite d’un faux mouvement (ou d’un mouvement répété), une torsion trop importante, la charge d’un poids (le dos courbé notamment), etc. La douleur cesse en quelques jours, voire quelques semaines dans de plus rares cas. 

Les lombalgies chroniques et subaiguës 

Contrairement à la lombalgie aiguë qui est un épisode isolé qui ne dure pas plus d’une semaine ou deux, la lombalgie est dite subaiguë lorsqu’elle dure plus de 4 semaine et chronique quand les lumbagos se répètent régulièrement, au-delà de 3 mois. On estime que 5 à 10% des lombalgies aiguës deviennent chroniques.

A noter : la lombalgie spécifique

A côté de ces deux types de lombalgies dites « communes » dont l’origine est purement mécanique, on peut rencontrer moins couramment la lombalgie "spécifique" qui est une lombalgie consécutive à une pathologie diagnostiquée comme une scoliose, une fracture, une infection… 

Chiffres

Le lumbago est une affection particulièrement courante. 8 Français sur 10 ont souffert, souffrent ou souffriront du dos au moins une fois dans leur vie. Le mal de dos, et notamment la lombalgie aiguë, est le deuxième motif de consultation chez le médecin d’après les chiffres de l’Assurance maladies. C’est aussi un problème de santé qui impacte particulièrement le monde du travail. Les lombalgies représentent 20 % des accidents du travail (AT) et 7 % des maladies professionnelles (MP) selon l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) alors qu’une lombalgie sur 5 entraîne un arrêt de travail.

Symptômes

  • La douleur lombaire plus ou moins intense : cela va de la simple gêne à la douleur forte qui empêche tout mouvement. Située précisément en bas du dos, au niveau des lombaires (mais qui peut descendre un peu dans la fesse), la douleur est le premier symptôme à prendre en compte.
  • Cette douleur en bas du dos survient en principe assez brutalement suite à ce que l’on appelle souvent "un faux mouvement". En réalité, nul besoin de jouer les casse-cous pour souffrir, les simples gestes de la vie courante peuvent déclencher une lombalgie aiguë, notamment chez celles et ceux qui souffrent de lombalgies chroniques. 

Il faut savoir toutefois qu’il n’y a pas de lien entre l’intensité de la douleur et la gravité de la lombalgie aiguë. Parfois la douleur s’accompagne d’une sensation de blocage ou d’un véritable blocage. 

A noter : L'Assurance Maladie et son programme de "sensibilisation aux risque lombalgiques"

Si les symptômes suivants – listés par l’Assurance maladie dans le cadre de son grand programme de "sensibilisation aux risque lombalgiques"- accompagnent le lumbago, il convient de consulter rapidement car ces symptômes peuvent amener à suspecter une pathologie plus grave.

  • Âge d’apparition inférieur à 20 ans ou supérieur à 55 ans
  • Traumatisme important récent (une chute par exemple)
  • Douleur de type non mécanique : douleur d’aggravation progressive, présente au repos et en particulier durant la nuit
  • Douleur thoracique
  • Antécédent de cancer
  • Usage prolongé de corticoïdes
  • Usage de drogue intraveineuse, immunodépression
  • Altération de l’état général
  • Perte de poids inexpliquée
  • Troubles neurologiques (déficit du contrôle des sphincters vésicaux ou anaux, atteinte motrice des membres inférieurs, troubles sensitifs du périnée)
  • Déformation structurale importante de la colonne vertébrale
  • Fièvre

Photo : localisation des douleurs aux lombaires

Photo : localisation des douleurs aux lombaires

Crédit : LadyofHats Mariana Ruiz Villarreal — i did it myself © CC - Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lumbar_region_in_human_skeleton.svg

Causes

Un déficit musculaire

Dans la plupart des cas, la lombalgie aiguë – ou lumbago – est due à un déficit musculaire et ligamentaire de la sangle abdominale, ce qui entraîne un déséquilibre de la colonne. 

Un déficit articulaire

De microtraumatismes ou de l’arthrose peuvent créer un déficit articulaire qui provoque un lumbago.

Facteurs de risques

L’âge

Même si la lombalgie aiguë touche tous les âges, on note une prévalence chez les personnes de 40 à 60 ans. 

La sédentarité

Elle est principalement responsable d’une faiblesse musculaire et de raideurs qui font le lit de lombalgies récidivantes. 

Une mauvaise posture

Elle entraîne des phénomènes de compensation musculaire qui créent des déséquilibres et favorisent la lombalgie aiguë. 

Le surpoids

Les personnes en surpoids ou de grande taille sont plus à risque de souffrir de lumbago

Le stress

Le stress crée des tensions musculaires, notamment au niveau lombaire. La douleur est aussi une source de stress, ce qui fait que le stress peut être une source mais aussi une conséquence d’une lombalgie aiguë, notamment quand elle est chronique. 

La grossesse

La modification de l’axe de la colonne pendant la grossesse à quoi s’ajoute la prise de poids sont des facteurs de risques. 

Personnes à risque

  • Personnes qui portent des charges lourdes régulièrement
  • Personnes qui effectuent des gestes répétitifs
  • Personnes qui doivent garder pendant de longue heures la même position (assise ou debout)
  • Personne qui souffrent d’arthrose ou d’ostéoporose

Durée

La douleur qui accompagne un lumbago ne dure que quelques jours, quelques semaines tout au plus. 

Contagion

Il n’y a aucun risque de contagion en cas de lombalgie aiguë, quelle que soit sa forme. 

Qui, quand consulter ?

  • Il faut agir le plus vite possible pour diminuer, soulager ou faire cesser la douleur en bas du dos, car toute lombalgie qui s’installe est une lombalgie qui risque de devenir chronique, notamment parce que la douleur va freiner les mouvements (ce qui entretient le problème).
  • On peut donc simplement gérer la douleur en automédication, sachant que dans 90% des cas la lombalgie aiguë guérit spontanément en moins d’un mois
  • Toutefois, une consultation chez son médecin traitant, même en cas de simple lumbago, peut être intéressante car le médecin déterminera, grâce à la palpation et à un interrogatoire sur les activités récentes du patient, si la lombalgie aiguë est commune.
  • En cas de lombalgies chroniques ou subaiguë, la consultation devient indispensable car il faut envisager une prise en charge plurielle (kinésithérapie, médecin-ostéopathe) et vérifier qu’il n’y a pas de pathologie sous-jacente. 

Complications

La principale complication d’un lumbago est la chronicité.

Outre l’impact évident sur le quotidien (une lombalgie chronique ou subaiguë peut empêcher de travailler, de mener une vie sociale, d’avoir des loisirs… voire même entraîner une dépression), une lombalgie chronique ou subaiguë demande une prise en charge globale et se traite moins bien qu’une lombalgie aiguë.

De plus, la peur d’avoir mal est, chez beaucoup de patient, un frein au mouvement. 

Le cercle vicieux de la lombalgie

A partir d’une douleur lombaire brutale, responsable d’un blocage, un cercle vicieux peut se mettre en place et peut amener le lombalgique à un état de souffrance chronique et de handicap. Cette évolution n’est pas une fatalité, elle doit être interrompue le plus tôt possible car plus on avance dans le cercle plus la prise en charge est difficile.

Examens et analyses

Pour un lumbago, qui est d’origine mécanique, les examens complémentaires (radio et IRM notamment) ne sont pas recommandés, notamment car ils pourraient induire un mauvais diagnostic. La colonne présente en effet des particularités (normales et/ou liées à l’âge) qui détourneraient le diagnostic d’une simple faiblesse musculaire par exemple. 

Traitements

Dans l’urgence, le but est de diminuer rapidement la douleur située au niveau des vertèbres lombaires pour pouvoir bouger à nouveau rapidement. Le mouvement étant le traitement le plus efficace. 

Les antalgiques

Ce sont les antidouleurs à prendre en première intention, en respectant la posologie et en espaçant les prises toutes les 4 heures. 

Les anti-inflammatoires

Ils peuvent être une alternative aux antalgiques en cas d’inflammation mais génèrent plus d’effets secondaires pour un résultat similaire en cas de cause mécanique. 

Les décontractants musculaires

Le médecin pourra dans certains cas prescrire un décontractant musculaire, un myorelaxant.

Les manipulations vertébrales

Effectuées par un professionnel qualifié, elles ont démontré leur efficacité à condition de respecter les contre-indications.

Les applications de chaud

Il existe des patchs décontractants ou des ceintures que l’on réchauffe au four micro-ondes à appliquer sur les lombaires. L’application de chaleur a montré une diminution de la douleur, contrairement au froid, qui semble moins efficace².

Le repos

On préconise le repos pendant 24 à 48 heures. Attention, repos ne veut dire rester en position allongée (même si la douleur est généralement soulagée quand on est allongé), il s’agit de ne plus porter de charge, d’éviter de se baisser, de ne plus pratiquer de sport, et éventuellement de ne plus travailler. 

La kinésithérapie

Elle est préconisée en cas de lombalgies subaiguës ou chroniques.

La chirurgie

Elle n’est envisagée qu’en cas de lombalgie chronique dégénérative et après échec des traitements conventionnels. 

A noter : dans le cas d’une lombalgie dite "spécifique", il convient avant tout de traiter la maladie responsable de la lombalgie aiguë. 

Prévention

La prévention passe avant tout par une modification de l’hygiène de vie (perte de poids en cas de surpoids notamment), un abandon des mauvais gestes, la pratique d’exercices ciblés et le maintien d’une activité physique.

Port de charges

On limite le port de charges trop lourdes et on soulève les objets en pliant les genoux et en gardant le dos droit. Cette position genoux pliés vaut pour tous les mouvements, le mieux étant d’éviter au maximum de se pencher en avant en courbant le dos. Si on est amené à porter des charges régulièrement, une ceinture lombaire peut soulager. 

Ergonomie du plan de travail

En cas de travail de bureau, il convient d’adapter la hauteur du plan de travail (on ne doit pas être penché sur son bureau) et de soigner le choix de l’assise (confort, hauteur de dossier suffisante). 

Lombalgie et arrêt de travail 

Selon l'Assurance Maladie :

  • "une lombalgie sur cinq entraîne un arrêt de travail
  • La lombalgie représente 30% des arrêts de travail de plus de six mois et constitue la troisième cause d’invalidité pour le régime général
  • C’est aussi un motif fréquent d’accident du travail : 167 000 accidents du travail en 2015, soit 20% du nombre total. Les secteurs les plus concernés sont avant tout : le transport et la logistique, le BTP, les soins à la personne et les services de l’eau.
  • La lombalgie constitue enfin près de 15% des accidents de trajet et 7% du total des maladies professionnelles reconnues".

Mouvement

Tout au long de la journée, on veille à changer régulièrement de position. On se lève si on travaille assis, on marche, on s’étire. 

Exercices pour entretenir son dos

Pratiquer progressivement et régulièrement des exercices dans la durée favorisera la récupération et préviendra les douleurs lombaires ou les rechutes. Il y a 4 types d'exercices qui permettent de mobiliser le dos :

  • Exercice de relaxation
  • Exercice d’assouplissement
  • Exercice d’étirement
  • Exercice d’étirement et de renforcement musculaire

A noter : L'application Activ'Dos par l'Assurance Maladie : la santé de votre dos

A noter : L'application Activ'Dos par l'Assurance Maladie : la santé de votre dos

L’Assurance maladie a mis en place une application (disponible sous iOS ou Android) : Activ'Dos spécialement dédiée à la prévention du mal de dos. Cette application propose un quiz pour tester ses connaissances sur les lombalgies, des exercices, un coach intégré pour motiver à faire les exercices ou rappeler les gestes à adopter et un suivi d’évaluation de sa douleur. 

Activités physiques pour lutter contre le mal de dos

Pratiquer une activité physique contribue à une diminution du risque de douleurs lombaires et à prévenir le vieillissement du dos. La plupart des sports sont compatibles avec le mal de dos :

  • La marche
  • Le running
  • La natation 
  • Le shopping
  • Le jardinage
  • Le vélo...

 

Les conseils du Dr Ivan Raduszynski : quel sport choisir en cas de lombalgie aiguë ?

"Pendant la crise, on respecte une période de repos d’une semaine. Ensuite il faut reprendre le sport rapidement, car pratiquer une activité sportive prévient les récidives de lombalgie aiguë. Je conseille de se tourner en priorité vers les sports d’eau : la natation (le dos crawlé est excellent) ou la gymnastique aquatique. On travaille en apesanteur et on renforce efficacement tous les muscles du dos mais aussi les abdominaux et les muscles des cuisses. Pour prévenir le lumbago, il faut de la force dans les jambes car des cuisses faibles engendrent des gestes inadaptés quand on soulève une charge. 

Si on n’aime pas les sports d’eau, on peut se tourner vers de la gymnastique douce, comme le Pilates. Les exercices de renforcement (musculation) et d’étirement (yoga ou stretching) permettent de palier le manque de musculature et de souplesse. Bien souvent, en cas de lombalgie chronique on rencontre des patients qui manquent de musculature mais aussi de souplesse, notamment au niveau des cuisses"

Lumbago et mal de dos : ce qu'il faut retenir

  • 87 % des personnes interrogées par BVA reconnaissent qu’il est conseillé de réaliser une activité physique adaptée en cas de lombalgie
  • 84 % qu’il est possible de maintenir une activité professionnelle adaptée en cas de lombalgie.
  • Pour 68 % de la population générale, le repos serait le meilleur remède contre la lombalgie. 
  • Seul 30% des médecins déclarent connaître les signes évocateurs de risque de passage à la chronicité. Ceux qui les connaissent citent notamment la situation professionnelle (profession, conditions de travail…) et l’état psychologique des patients (contexte psychologique, dépression, stress…).

Sites d’informations et associations

Sites d’information sur la lombalgie 

Associations 

  • Association Française de Lutte Anti-Rhumastismale (AFLAR)

http://www.aflar.org/le-mal-de-dos

  • Association Francophone pour Vaincre les Douleurs (AFVD)

https://www.association-afvd.com/

Source(s):

Assurance Maladie, Lombalgie aiguë [Consulté le 18/10/2019]

Assurance Maladie, programme de sensibilisation sur la lombalgie, dossier de presse, 16/11/2017 [Consulté le 18/10/2019]

Assurance Maladie, campagne de sensibilisation sur la lombalgie : "Mal de dos ? Le bon traitement, c’est le mouvement", 13/08/2019 [Consulté le 18/10/2019]

Haute Autorité de Santé (HAS), Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune, 04/04/2019 [Consulté le 18/10/2019]

Vidal, Mal de dos (lombalgie), 12/07/2019 [Consulté le 18/10/2019]

Cherin P. et de Jaeger C., "La lombalgie chronique : actualités, prise en charge", Chroniclow back pain: News and treatment, septembre 2011 [Consulté le 18/10/2019]

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