“Un jour, j’ai aperçu une boule au niveau de mon sein. Quand j’en ai parlé à mon médecin généraliste, puis à l’endocrinologue, personne n’a donné d’alerte. C’était gênant et douloureux, j’ai donc pris rendez-vous pour me faire enlever ce que je pensais être un kyste. Le chirurgien et l’endocrinologue se sont aperçu que la boule était assez grosse et ont souhaité réaliser une biopsie. Honnêtement, je n’avais pas peur et je n’ai jamais pensé au cancer du sein. C’est le chirurgien qui m’a appelé pour m’annoncer que c’était cancéreux. Je me suis écroulé” témoigne Stéphane Cognon.

Sa femme alors enceinte de leur troisième enfant, Stéphane Cognon engage une véritable course contre la montre pour accueillir le bébé de manière la plus sereine possible.

Cancer du sein chez l’homme : le soutien des proches précieux

Stéphane Cognon est atteint de schizophrénie et voit régulièrement sa psychiatre : “quand elle m’a reçu, je lui ai annoncé mon cancer. Elle m’a informé qu’elle aussi en avait eu un et nous avons parlé de patient à patient. En parallèle, mes proches étaient très présents et l’oncologue qui a remarqué la grossesse de ma femme nous a parlé de la suite des événements comme si nous ne formions qu’une seule et même personne. D’ailleurs, ma femme a été d’un soutien incroyable. Elle a su percevoir comment je souhaitais gérer la maladie. Elle a prévenu tous nos proches de ne pas m’en parler si je n'abordais pas le sujet, car pour moi, en dehors de la maladie, il y a la vie, tout simplement.”

Chimiothérapie : mon échéance, c'était l’accouchement

“J’ai été opéré, puis j’ai eu 6 séances de chimiothérapie et de l’hormonothérapie. Quand on n’a pas de projet, je pense que c’est très dur, mais moi j’avais l’échéance de l’accouchement de ma femme. Je ne voulais pas prendre de retard dans les traitements et être le mieux possible pour accueillir notre troisième bébé. Mon but était de continuer coûte que coûte. Le 9 septembre j’ai reçu mon dernier traitement de chimiothérapie et le 8 octobre notre troisième garçon est né. C’était libérateur ! De l’adrénaline pure qui m’a maintenu en vie.”

Cancer du sein : je suis entrée dans un univers de femme

“Quand j’ai commencé mes traitements contre le cancer du sein, j’ai été propulsé dans un univers de femme. Par exemple, certains repères, comme celui du cathéter, étaient le soutien-gorge. Évidemment, dans mon cas, ça n’allait pas. Certains soins ne sont pas adaptés aux hommes. Finalement, ma prise en charge a été celle d’un couple (moi et ma femme enceinte). Parfois, j’étais un peu jaloux de certains outils proposés aux femmes qui ne s’adaptent pas aux hommes, mais je comprends, car ce type de cancer ne touche qu’une infime partie des hommes. D’une certaine manière, j'ai bien vécu certains changements comme le fait de me raser la tête. Je n’ai pas eu ce sentiment d’atteinte dans ma féminité” explique Stéphane Cognon.

Cancer masculin : la parole des hommes doit se libérer

“Tout au long de mon parcours, je ne me suis pas vraiment adapté, j’ai surtout fait avec. Je remarque que les hommes ont plus de mal à parler de la maladie, notamment sur les cancers masculins. La parole doit se libérer, car ce n’est pas un signe de faiblesse, mais plutôt une volonté de se prendre en charge. Les femmes ont moins de problème avec cela. Il faut en parler, s’écouter et parfois faire du forcing auprès des soignants qui peuvent avoir tendance à minimiser le cancer du sein chez l’homme. Plus on en parle, plus la prise en charge est rapide. J’ai eu de la chance, j’ai connu un dénouement heureux. Depuis, chaque année, l ’anniversaire de mon dernier enfant est aussi l’occasion de fêter mon anniversaire de guérison.”

Cancer masculin : la parole des hommes doit se libérer© Service de presse

Sources

https://www.editions-frison-roche.com/produit/408/9782876716230/je-reviens-d-un-cancer-du-sein

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