Depuis de nombreuses années, Lali Dugelay sait qu’elle est HPI (Haut Potentiel Intellectuel), mais cette particularité n’explique pas pour autant sa manière de voir le monde : “je n’ai pas une pensée linéaire, je vis à travers un prisme ou une boule à facettes si vous préférez” explique la quarantenaire. Elle qui s’est toujours sentie différente arrive à dissimuler sa particularité au prix de nombreux efforts “j’ai des troubles socialement admissibles mais ça me demande une concentration de chaque instant pour décoder les situations sociales” ajoute-t-elle. Un jour, elle s’effondre en plein open-space, elle profite alors de son arrêt de travail pour démarrer un processus de diagnostic.

Autiste Asperger : “il faut être suivie par un psychiatre spécialiste en TSA”

Ce n’était pas la première fois que Lali commençait un processus de diagnostic. Déjà en 2008 elle se renseigne sur l’autisme après avoir rencontré une adolescente autiste qui a fait écho en elle : “c’était moi, tout dans son attitude me rappelait qui j’étais, sa façon de s’habiller, ses difficultés sociales, etc.” Devant les nombreuses années d’attente et les multiples tests à effectuer, Lali Dugelay est découragée. C’est seulement en mars 2020 qu’elle décide de poursuivre le chemin commencé quelques années plus tôt. “Le diagnostic a été établi en 6 séances grâce à ma psychiatre Joanna Noblinski qui est très bienveillante. Ce diagnostic a été une véritable délivrance !”

“Il fallait que je prouve que mon handicap était réel”

Victime d’un licenciement économique à la même période, elle décide de travailler sur son profil professionnel et cherche une entreprise inclusive : “je voulais travailler dans un milieu qui s’adapte à moi et pas l’inverse” explique Lali. “L’annonce de mon diagnostic tant dans la sphère privée que professionnelle s’est parfois révélé pénible, lorsque l’on me demandait de prouver que je vivais vraiment avec ce handicap. Je veux bien expliquer autant que nécessaire, mais je n’ai pas envie de me justifier. Il m’a donc paru nécessaire de prendre la parole auprès du public pour faire mieux connaître ce handicap et les limites qu’il engendre au quotidien. Mais avant cela, j’ai demandé à mes enfants l’autorisation d’en parler car je ne voulais pas les mettre mal à l’aise.” Ses enfants sont fiers de leur maman "loufoque" et décalée et apprécient sa différence. Si Lali n’a aucun problème à parler de son autisme, elle regrette que les TSA (troubles du spectre de l’autisme) soient si mal connus : “dans l’esprit des gens, l’autisme dit de haut niveau est associé à une certaine forme de handicap sévère, sauf qu’il y a de nombreuses formes d’autisme.”

Autisme : “je veux parler d’inclusion par la joie du handicap”

Maman comblée, Lali l’est aussi dans sa vie professionnelle. Elle a été embauchée dans une association qui a tout de suite pris en compte sa différence. “Ils ont fait en sorte que je me sente bien. J’ai un bureau au calme, un casque anti-bruit et tous les salariés sont bienveillants”. J’aimerais que la diversité devienne la norme. Je suis handicapée et j’ai décidé de distiller un message joyeux !

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