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Les fans de Demain nous appartient – quotidienne diffusée sur TF1- ne peuvent pas être passés à côté de la transformation d’Ariane Séguillon. Celle qui incarne l’attachante Christelle Moreno depuis 2017 dévoile aujourd’hui une silhouette très amincie, qui n’est autre que le fruit d’une lutte réussie contre la boulimie.

Touchée par ce trouble du comportement alimentaire pendant 5 ans, Ariane Séguillon se livre à cœur ouvert sur son combat au sein de son livre La grosse (éd. Flammarion), paru le 9 mars 2022. Elle se confie sur le cancer de son frère qu’elle voit comme le déclencheur, sur ses kilos envolés, sans oublier le grand travail qu’elle a dû mener sur elle-même pour guérir.

La boulimie implique des prises compulsives de quantités importantes de nourriture suivies de comportements compensatoires (vomissements, prise de laxatifs, jeûne ou exercice physique excessif...). En France, la boulimie touche environ 1,5 % des 11–20 ans estime la HAS (Haute Autorité de Santé). Pour Ariane Séguillon, elle était synonyme d’obésité morbide. S’en sortir était alors une question de vie ou de mort. Interview exclusive.

"J’ai acheté cinq croissants et cinq pains au chocolat. Je les ai mangés en moins d’une minute"

Medisite : Pourquoi vouliez-vous vous confier sur votre boulimie dans un livre ?

Ariane Séguillon : Il y a plusieurs raisons. Déjà, l’envie de partager mon parcours à une époque où le poids suscite de la souffrance pour beaucoup de gens… Je me dis que si mon histoire peut aider au moins une personne, ça valait le coup.

Medisite : Comment votre boulimie a-t-elle commencé ?

AS : Je pense que c’est quelque chose que j’avais en moi. Je suis devenue une grande boulimique quand mon frère m’a annoncé qu’on lui avait diagnostiqué un cancer. Je me souviens, je suis passée dans une boulangerie et j’ai acheté cinq croissants et cinq pains au chocolat. Je les ai mangés en moins d’une minute. Je pense que c’est là que ma maladie a vraiment commencé. C’était le déclencheur.

Medisite : Combien de temps ont duré vos symptômes ?

AS : Ça a duré 5 ans. Au début, on commence petit à petit. On a quelques crises, puis, on se cache de plus en plus pour manger. La boulimie, c'est quelque chose qu’on dissimule. C’est comme une drogue. On se cache, on ment, on invente des histoires, on évite les dîners…. Dîner veut dire entrée, plat et dessert, et moi, je ne pouvais pas montrer aux gens que j’étais boulimique. Donc je n’avais qu’une envie, c’était rentrer chez moi pour vraiment commencer à manger. Il faut savoir que quand on fait de la boulimie, on mange des tonnes et des tonnes. Et pour ça, on a besoin d’être seule. Tous les aliments y passaient. Cela pouvait être un pot de moutarde, du ketchup… rien ne me faisait peur. Puis, on ne s’arrête plus. Quand on tournait, je mangeais en cachette dans ma loge… enfin je mangeais tout le temps tout le temps.

"J’ai décidé de vivre et de ne pas mourir"

Medisite : Comment vous sentiez-vous juste après avoir craqué ?

Ariane Séguillon : Plus mal, évidemment. Mais on a toujours l’impression que ça va être mieux. Donc on essaye de se remplir l’estomac par tous les moyens.

Medisite : À quel moment avez-vous eu envie de vous en sortir ?

AS : Quand j’ai décidé de vivre et de ne pas mourir. J’ai compris que je me dirigeais vers la mort. Lorsqu’on continue à grossir, on s’expose à l’obésité morbide. Le cœur peut s’arrêter à tout moment, car il ne peut pas supporter 8 baguettes, 5 camemberts… C’est dangereux pour la santé. Et puis, ma maladie m’a fait mentir à mon fils. Un jour, il m’a grillée avec un paquet de gâteaux. Je lui ai dit qu’il n’y en avait plus. Or, il y en avait beaucoup. J’ai menti à mon fils, à qui je m’étais jurée de ne jamais mentir. Là, je me suis dit, je vais sur une pente dangereuse.

Medisite : Comment vous en êtes-vous sortie ?

AS : J’ai décidé de consulter un spécialiste pour essayer de comprendre, pour faire un travail sur moi-même. J’ai aussi eu recours à une sleeve [opération qui consiste à réduire le volume de l'estomac pour provoquer une sensation de satiété, ndlr], mais c’était pour être sûre de ne pas recraquer. Je pense que j’aurai pu m’en passer. Ce n’est pas du tout l’opération qui m’a soignée. Si vous vous faites opérer, sans soigner vos problèmes de boulimie, vous allez finir par retrouver vos pulsions. Au bout d’un mois, vous pourrez continuer à manger toute la journée en petites quantités. La sleeve à elle-seule, ne soigne pas. Ce qu’il faut, c’est pousser la porte d’un psy, réapprendre la sensation de satiété, réapprendre à s’aimer. C’est comme ça que j’ai guérie. Au total, j’ai perdu 45 kg. C’est le poids d’une personne ! Quand j’avais 20 ans, je pesais 49/50 kg. Donc, j’ai pratiquement perdu mon poids. Il m’aura fallu 2 ans.

"Oui, j’ai peur de rechuter"

Medisite : Aujourd’hui, vous avez encore peur de rechuter ?

Ariane Séguillon : Oui… Oui, je suis guérie, mais je me soigne. J’ai quand même encore peur. Je ne suis, certes, plus du tout boulimique, mais j'ai toujours peur. Je pense que c’est comme un drogué. Quand on a été drogué une fois, il faut faire attention de ne pas rechuter. Aujourd’hui, mon poids est stabilisé. Je continue un peu à maigrir… Je voudrais perdre encore 3 ou 4 kg. Je fais un 38/40 en pantalon, je voudrais bien faire un vrai 38. C’est encore un objectif.

Medisite : Votre rapport à la nourriture a-t-il changé ?

AS : Disons qu’il est redevenu comme avant. Il est apaisé. Je mange quand j’ai faim, de tout, et en quantités normales. Ce que j’ai appris, c’est qu’il faut faire quatre repas par jour : un petit déjeuner, un déjeuner, un goûter et un dîner. C’est indispensable. Il ne faut pas arriver au dîner en crevant de faim. À 16h, on mise sur un petit encas, comme un gâteau, un yaourt, un fruit… Au quotidien, je pratique aussi beaucoup de sport. J’ai toujours été très sportive. Même obèse, je pratiquais 3 heures de sport par jour.

Medisite : Est-ce que cette maladie vous a changé ?

AS : Oui, totalement. Dans le bon sens. Je ne serai plus jamais dans le jugement du physique de l’autre. Ça ne m’arrivera plus. Pour moi la vraie richesse du monde, c’est la différence et j’ai beaucoup de mal avec les gens qui jugent sur l’apparence.

Medisite : Avez-vous un message à faire passer à des personnes atteintes de boulimie et sans espoir ?

AS : Apprenez à vous aimer. Arrêtez de vous juger. Regardez-vous avec un œil bienveillant. Souvent, certaines se disent ‘je me trouve tellement moche’. Vous devez vous trouver belle. Parce que la seule personne qui peut vraiment vous aimer, c’est vous-même. Apprendre à s’aimer est le début du bonheur.

Medisite : Avez-vous un message à faire passer à des personnes atteintes de boulimie et sans espoir ?© Service de presse

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