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La véritable insomnie impacte considérablement la qualité de vie de la personne atteinte. Réveils nocturnes ou difficulté à l’endormissement la nuit impactent la journée de la personne concernée : impression de malaise, somnolence, troubles de l’attention et de la mémoire, difficultés à se concentrer...

Les insomnies représentent environ 15 à 20 % des différents troubles du sommeil. Elles sont donc assez fréquentes et sont parfois déclenchées par un stress psychologique pouvant être lié à des problèmes d’argent, de couple, de travail, ou encore des idées négatives que l’on rumine sans cesse. Si de nombreux Français avouent ne pas dormir assez, 20 % d’entre eux sont véritablement atteints d’insomnie, la moitié d’une forme sévère.

On distingue 3 types d'insomnie

Notez qu'il ne faut pas confondre une mauvaise nuit de passage et une « vraie » insomnie. On peut en différencier trois types :

  • Les insomnies d’endormissement sont celles qui vous empêchent de trouver rapidement le sommeil.
  • Les insomnies de milieu de nuit sont celles qui vous réveillent au beau milieu de votre nuit avec des difficultés d’endormissement par la suite
  • Les insomnies de fin de nuit qui vont vous réveiller très tôt le matin.

Certaines insomnies sont dites aiguës car temporaires, comme une crise et peuvent arriver à n’importe qui. On parle d’insomnie chronique quand elles ont lieu au moins trois fois par semaine et sur une durée d’au moins trois mois.

En outre, plusieurs facteurs (psychologique, physiologique, chimique...) peuvent être à l'origine de ce trouble du sommeil. Nous vous les détaillons à la page suivante, avec les explications du Dr Rim Savatier, spécialiste du sommeil.

Insomnie : les causes possibles

Rim Savatier, médecin spécialiste du sommeil, nous décrit les différentes causes des insomnies (on parle d’étiologie). Elles sont nombreuses et diffèrent d’une personne à l’autre :

  • Les causes psychologiques et psychiatriques : ces insomnies apparaissent suite à un évènement stressant : stress au travail, deuil, séparation, problème d’argent, perte d’emploi, crise émotionnelle, dépression, troubles bipolaires.
  • L’insomnie liée à une maladie : des douleurs nocturnes peuvent gêner le sommeil et être à l’origine d’une insomnie, le syndrome des jambes sans repos, des problèmes de vessie ou de prostate vont provoquer plusieurs réveils la nuit.
  • L’insomnie psychophysiologique. Suite à plusieurs mauvaises nuits, la personne souffre de ne pas dormir à tel point qu’elle en a peur de se coucher et de ne pas réussir à s’endormir ou de se réveiller en pleine nuit : ce qui est souvent le cas ! On dit alors que l’insomnie se nourrit elle-même... Il s’agit d’un conditionnement négatif qui impacte la qualité du sommeil. Parfois, une insomnie primaire peut s’installer sans qu’on trouve vraiment d’explication.
  • L’insomnie liée à une substance chimique, à une drogue : consommer des excitants à partir de 16 h est souvent source d’insomnie (café, thé, boissons énergisantes...), la prise de certains médicaments le soir comme la cortisone. Les somnifères pris en trop grande quantité ou pendant trop longtemps peuvent entraîner de l’insomnie.

Vous ne savez pas avec certitude si vous souffrez d'insomnie ? Sachez que certains signes ne trompent pas ! Nous vous les détaillons à la page suivante...

Les symptômes de l'insomnie

Pour savoir si vous êtes vraiment atteint d’insomnie plusieurs critères sont à réunir. On en distingue quatre :

Le temps d’endormissement

Les habitudes de coucher diffèrent d’une personne à l’autre, mais en moyenne, il faut une trentaine de minutes pour s’endormir à partir du moment où on se met au lit, tête sur l’oreiller et lumière éteinte. En cas d’insomnie, ce temps « d’attente » peut être beaucoup plus long et aller de trente minutes à quatre heures. S’ensuivent des sensations d’anxiété, des changements de positions trop fréquents, un sentiment de frustration… Ce qui ne fait qu’aggraver la situation.

Le nombre d’heures dormies par nuit

Là encore, tout le monde n’a pas les mêmes besoins ! Certaines personnes peuvent vivre normalement en dormant sept heures par nuit (la moyenne nationale en 2019) quand d’autres ont besoin de dormir une dizaine d’heures chaque nuit pour être reposé et en forme le matin. Ainsi on parle de petit dormeur, de grand dormeur et de moyen dormeur (pour une majorité d'individus).

Calculez votre temps de sommeil en semaine lorsque vous travaillez. Si vous dormez moins de six heures malgré votre « bonne volonté » on peut peut-être évoquer une insomnie. Par contre, si votre programme chargé vous empêche de dormir plus, cela n’est pas un trouble, mais un manque de sommeil provoqué par des choix de style de vie.

Il est à noter qu’on ne peut pas rattraper un retard de sommeil accumulé en semaine en dormant plus le week-end. Votre corps a besoin d’une certaine quantité de sommeil sur un cycle de vingt-quatre heures. La fatigue peut entraîner des répercussions physiques, psychologiques et émotionnelles.

Soyez attentifs à la fatigue matinale

Il est normal d’être fatigué quelques minutes le matin en sortant de son lit. Le temps d’émerger et que votre corps se mette en route. Par contre, si la fatigue persiste, cela est peut-être le signe une mauvaise qualité et quantité de sommeil.

Les gens souffrant d’insomnie ont l’impression d’avoir eu une nuit « inutile » qui ne repose pas. Souvent, ils ont l’impression d’être plus fatigués le matin que la veille au soir en se couchant. Les cafés ou thés peuvent masquer les effets du manque de sommeil, mais n’enlèvent pas les effets psychologiques et physiologiques. Cette sensation peut perdurer ou réapparaître dans la journée et être à l’origine de somnolence.

Les sautes d’humeur

Un manque de sommeil chronique, en plus d’avoir un impact sur le système immunitaire, peut aussi avoir des effets sur votre humeur ou vos émotions. Irritabilité, dépression, anxiété, mauvaise mémoire, trouble de la concentration, manque de patience, colère… Ces symptômes peuvent être associés à un manque de sommeil ou à l’insomnie. À l’inverse, certains troubles psychologiques comme la dépression ou un trouble anxieux peut être la cause d’une insomnie plus que sa conséquence.

Si vous constatez l’un ou plusieurs de ces signes, vous souffrez peut-être d’insomnie. Il existe cependant quelques façons de soigner les causes d’une insomnie.

Comment soigner l'insomnie ?

Pour traiter l’insomnie, il faut en soigner les causes. Commencez par garder des horaires de sommeil réguliers. Dînez à la même heure chaque jour, allez vous coucher à une heure choisie quotidiennement… cela vous aidera à mieux dormir et réduira ainsi le risque de développement d’insomnie. Programmez votre réveil tous les matins à la même heure également, même quand vous ne travaillez pas. Si vous ressentez absolument le besoin de faire une sieste, ne dormez pas trop longtemps : entre vingt minutes et une heure.

Aménagez votre chambre pour bien dormir

Vous pouvez également arranger votre chambre pour qu’elle soit plus propice au sommeil. Pour traiter une insomnie transitoire, faites de votre chambre un lieu calme et apaisant. Fermez les volets, éteignez les appareils qui émettent de la lumière… Votre cerveau produit des hormones pour vous endormir lorsqu’il ne capte plus la lumière (c’est l’absence de stimulation lumineuse qui enclenche la sécrétion de mélatonine). Votre chambre doit être la plus silencieuse possible et faites attention à ce que la température de la pièce de soit pas trop chaude.

Zappez les écrans avant de vous coucher

Par ailleurs, certaines activités ou une mauvaise hygiène du sommeil peuvent également provoquer l’insomnie. Des exercices physiques avant le coucher, boire un café, fumer, regarder la télévision, la tablette, jouer en ligne… peuvent altérer l’architecture du sommeil. L’environnement est également important : veillez à avoir une chambre bien aérée, à bonne température, sans animaux domestiques. Des petits détails qui peuvent aider à passer une nuit réparatrice.

À noter : il peut être utile de ne garder votre lit que pour dormir. Évitez donc les repas dans le lit ou le télétravail à cet endroit.

Rim Savatier, médecin spécialiste du sommeil ajoute : « quand vous êtes victime d’insomnie, il ne faut pas attendre qu’elle devienne chronique. Une insomnie aiguë se traite facilement, on peut casser ce cercle avant qu’il ne devienne vicieux. Parlez-en à votre médecin traitant qui pourra vous accompagner dans la prise en charge de votre insomnie ou vous orienter vers un médecin spécialiste dans les maladies du sommeil »

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Sources

Merci au Dr Rim Savatier, médecin spécialiste du sommeil. 

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