Infarctus : voici les deux départements où l’on y succombe le plus

Publié le 08 Janvier 2019 par Morgane Garnier, Journaliste Santé
Une récente étude française a démontré que les risques de décès par arrêt cardiaque suite à un infarctus diffèrent parfois grandement selon le lieu de survenue de l'accident. Des disparités départementales intimement liées aux moyens de secours mis en place et à la formation des témoins aux gestes qui sauvent.
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Victime d'un infarctus dans le 93 ? Double sentence. Une étude française publiée le 4 décembre 2018 dans la revue Circulation révèle que selon le lieu de survenue de l'accident, les personnes ont plus ou moins de chance de succomber à un arrêt cardiaque. Deux départements semblent particulièrement désavantagés.

Décès après un infarctus : deux fois plus de risques dans le 93 et le 94 qu'à Paris

Pour arriver à ce constat, médecins et acteurs de santé ont analysé les chiffres recensant les cas d'arrêt cardiaque entre 2011 et 2016 à Paris et dans les départements de la petite couronne : les Hauts-de-Seine (92), la Seine-Saint-Denis (93) et le Val-de-Marne (94). Sur les 17 476 arrêts cardiaques survenus dans la zone étudiée, "9000 personnes ont bénéficié d'une tentative de réanimation par les secours, les autres étant décédées avant leur arrivée", explique Le Parisien, qui relaie l'étude. Au total, 788 ont survécu.

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Ils ont ainsi pu observer que "moins de 6% des victimes d’arrêts cardiaques survenus sur une large partie centrale de Seine-Saint-Denis - de La Courneuve jusqu’à Aulnay-sous-Bois - survivent. Sur le reste du département et dans le 94, ce chiffre oscille entre 6 et 8 %." D'un autre côté, "plus de 12 % des victimes survivent dans l’hypercentre de la capitale, ainsi que dans une bonne partie des Hauts-de-Seine".

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Pas assez de véhicules de secours, de défibrillateurs et de formation aux gestes qui sauvent

Comment expliquer cette tendance ? "Par plusieurs facteurs", affirme Lionel Lamhaut, auteur de l'étude interviewé par Le Parisien. "Sur ces territoires, il apparaît qu’il y a moins de véhicules de secours disponibles, moins de moyens médicaux. [Par ailleurs,] dans le 93 et le 94, qui sont des zones plus résidentielles que de passage, il y a moins de témoins des accidents. Surtout, ils sont moins bien formés, notamment à l’utilisation de défibrillateurs et aux gestes qui sauvent." A noter également le faible nombre de ces appareils dans les territoires défavorisés, dont l'utilisation "dans les trois premières minutes augmente [pourtant] les chances de survie de 70%".

10% des victimes d'infarctus décèdent dans l'heure qui suit : comment agir pour limiter les risques ?

Chaque année en France, 120 000 personnes sont victimes d'un infarctus du myocarde et parmi elles, 10% en meurent dans l'heure qui suit : on parle alors d'arrêt cardiaque fatal. Il est donc important de connaitre la conduite à tenir dans cette situation qui constitue une urgence vitale. Ainsi, en cas de symptômes d'infarctus, il convient d'appeler sans tarder le 15 ou le 112. En attendant l'arrivée des secours, si la victime est avec un témoin, ce dernier se doit de rester auprès d'elle. En cas d'arrêt cardiaque (la victime perd connaissance et ne respire plus), le site de l'Assurance Maladie explique qu'il faut "pratiquer un massage cardiaque jusqu'à l'arrivée du Samu" ou utiliser un défibrillateur.

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