Infarctus : les cardiaques ont de peur de faire l'amour, mais ils ont tort !

Certifié par nos experts médicaux MedisitePeur, angoisse, problèmes de santé, médicaments… beaucoup d’hommes rencontrent des difficultés à retrouver le chemin des plaisirs intimes après un infarctus. Et pourtant une étude révèle que renouer rapidement avec une sexualité épanouie fait partie intégrante de leur guérison.
Infarctus : les cardiaques ont de peur de faire l'amour, mais ils ont tort !Adobe Stock
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Faire une crise cardiaque est un événement effrayant. Il ne touche pas uniquement la vie quotidienne et professionnelle du malade. Il chamboule également sa vie sexuelle.

Sexualité et infarctus : des craintes malgré un faible risque de décès

Malgré la mésaventure du président Félix Faure, décédé dans les bras de sa maîtresse en 1899, les risques de mourir d’un arrêt cardiaque pendant un rapport sexuel sont faibles. Il est de l’ordre de 0,19% pour les hommes et 0,0016% pour les femmes, selon une étude rapportée par la Fédération française de cardiologie.

Pourtant la peur de mourir en pleine extase est bien présente chez certaines personnes, et plus particulièrement celles qui ont récemment souffert d'un infarctus.

Plus d’un tiers des hommes ayant fait une crise cardiaque - interrogés par des chercheurs de l'université Complutense de Madrid et celles de Chicago en 2016 - reconnaissaient ne pas avoir repris une activité sexuelle active un mois après leur hospitalisation.

Par ailleurs, 45% d’entre eux ont connu un ou plusieurs troubles sexuels dans l’année qui a suivi. Un élément important à prendre en compte sachant que la majorité des sondés n’avaient pas ce type de soucis avant leur crise cardiaque. Les hommes ont reconnu que leur “abstinence” était causée par des difficultés d’érections, mais également un manque d’intérêt.

Des difficultés souvent plus psychologiques que physiques

Toutefois si le stress et les médicaments peuvent avoir une influence sur la libido, les troubles de la sexualité des personnes cardiaque ne sont souvent pas liés à la maladie en elle-même. Le Dr Sébastien Garnero, psychologue et sexologue confirme "la plupart du temps, les difficultés à reprendre une vie sexuelle chez les personnes ayant eu des antécédents cardiaques sont des facteurs psychologiques et des répercussions de l’opération ou de l’hospitalisation".

En premier lieu, il y a la crainte que l’effort physique fourni pendant les rapports engendre un nouvel épisode cardiaque ou aient des conséquences sur les soins (réouverture des plaies par exemple).

Fatigue, dépression, anxiété, baisse de l’estime de soi… les personnes hospitalisées font face à une pléiade d’émotions négatives peu compatibles avec les humeurs câlines. "Les personnes qui ont souffert d’une crise cardiaque, font face à deux autres difficultés : ils ont l’impression de ne plus pouvoir satisfaire leur partenaire et surtout se perçoivent souvent comme un corps malade, affaibli et non érotique", ajoute l’expert.

Il poursuit : bien souvent, il s’agit de fausses croyances ou d’une appréhension en lien avec leur représentation de la maladie cardiaque et des éventuelles répercussions sur leur vie sexuelle".

Pour le sexologue, il n’y a aucune raison de se tenir éloigné des plaisirs charnels après la maladie. "La sexualité est en soi l ’un des meilleurs médicaments naturels de part ses vertus aux niveaux (physique, psychique, affectif, sexuel...) et par ailleurs sans effets secondaires". Une récente étude soutient ses propos. Elle va même plus loin : les rapports sexuels permettraient d’améliorer le taux de survie des personnes cardiaques.

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