Ibuprofène : n'en prenez jamais dans ces cas-là !

Certifié par nos experts médicaux MedisiteL’Ibuprofène, anti-inflammatoires non stéroïdien, a des contre-indications anciennes et une plus récente. Découvrez dans quelles situations la prise d’Ibuprofène est déconseillée voire contre-indiquée, surtout en automédication.
Ibuprofène : n'en prenez jamais dans ces cas-là !Istock
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De plus en plus controversé, l'ibuprofène pourrait bientôt disparaître des rayons en libre-service de vos pharmacies, au même titre que l'aspirine et le paracétamol. L’Agence nationale de sécurité du médicament souhaite renforcer le rôle de conseil du pharmacien pour l’utilisation de ces médicaments, et sécuriser leur utilisation.

Si la mesure est acceptée, à compter de janvier 2020, ces traitements seront toujours disponibles sans ordonnance, mais se retrouveront derrière le comptoir des officines. Il faudra donc obligatoirement passer par son pharmacien pour en obtenir.

Lorsqu'ils sont correctement utilisés, ces médicaments sont sûrs et efficaces. Mais leur mauvais usage présente des risques non négligeables. "Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens sont notamment susceptibles d’être à l’origine de complications rénales, de complications infectieuses graves et sont toxiques pour le fœtus en cas d’exposition à partir du début du 6ème mois de grossesse", peut-on lire dans le point d'information de l'ANSM.

En 2015, l'Agence européenne du médicament a également rappelé que l'ibuprofène "augmente légèrement le risque de problèmes cardio-vasculaires, comme l'infarctus ou l'accident vasculaire cérébral, chez les patients prenant de fortes doses".

Avant de l'utiliser, il est important de connaître ses éventuelles contre-indications, et la posologie à respecter.

Ibuprofène : à proscrire en cas d'infection

« Il existe une situation particulière dans laquelle il ne faut pas prendre d’anti-inflammatoires non stéroïdiens, dont l’ibuprofène, en première intention et en automédication : lorsqu’il y a un risque d’aggravation d’une infection sous-jacente » informe le Pr Nicolas Authier, Chef du service de pharmacologie médicale du CHU de Clermont-Ferrand et directeur de l'Observatoire Français des Médicaments Antalgiques (OFMA).

On savait que les AINS pouvaient masquer les signes d’une infection. Des données récentes ont révélé que ces médicaments pouvaient en fait aggraver une infection, jusqu’à entraîner des décès, en cas d’infections intra-cérébrales notamment. (1) « Le risque existe dès qu’il y a une étiologie infectieuse : infections cutanées, ORL, infections pulmonaires. Et cela même avec une période courte d’utilisation » indique le Pr Authier. Le risque a été démontré surtout avec des Streptocoques.

Aussi, il est déconseillé de prendre de l’ibuprofène ou du kétoprofène (deux des AINS les plus courants) ou tout autre médicament apparenté lorsqu’il y a une suspicion d’infection : présence de fièvre, douleur, écoulement purulent cutané ...

« Le médicament de premier choix dans ces situations doit être le paracétamol chez l’adulte comme chez l’enfant. Les plaies cutanées infectées doivent être traitées avec des antiseptiques voire des antibiotiques » informe ce spécialiste. « Les AINS doivent être réservés aux douleurs aiguës inflammatoires (entorse du genou ou de la cheville par exemple) ou épisodiquement pour des crises de migraine et seulement sur une période courte, de moins de 5 jours » indique-t-il.

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Vidéo : Pourquoi l'ibuprofène peut être mortel

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mots-clés : Ibuprofène
Source(s):

Remerciements au Pr Nicolas Authier, Chef du service de pharmacologie médicale du CHU de Clermont-Ferrand et directeur de l'Observatoire Français des Médicaments Antalgiques (OFMA) et au Pr François Chast, pharmacien des hôpitaux et président honoraire de l’Académie nationale de pharmacie.

Rappel des règles de bon usage des AINS, ANSM, juillet 2013.

Facteurs déclenchants : médicaments. Exacerbations of asthma–Precipitating factors: Drugs ; Revue des Maladies Respiratoires, octobre 2011.

PRAC recommends updating advice on use of high-dose ibuprofen Share, European Medicines Agency, 13 avril 2015. 

Bon usage du paracétamol et des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : l’ANSM veut renforcer le rôle de conseil du pharmacien - Point d'Information, ANSM, 3 octobre 2019. 

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