La faute aux articulations synoviales

Que ce soit volontaire ou non, le corps craque régulièrement. Ce bruit ne provient pas des os, mais des articulations synoviales que sont, entre autres, les genoux, les épaules, les chevilles... Il s’agit de deux surfaces articulaires recouvertes de cartilage, unies par une capsule qui les entoure et qui forme une cavité remplie de liquide synovial.

Ce liquide contient des électrolytes à l’état liquide et à l’état gazeux (microbulles), qui ont pour but de nourrir les cartilages. Lorsque l’articulation ne bouge pas, ces gaz peuvent alors se regrouper pour former une grosse bulle.

"À la mobilisation rapide de l’articulation, la pression intra-articulaire diminue et provoque l’explosion de cette bulle. Cela se traduit par la sensation de craquement, d’un bruit", explique Delphine Maury, ostéopathe D.O. à Toulouse.

Parce que l’articulation se mobilise

Concrètement, lorsqu’une articulation synoviale se réveille après être restée un long moment dans une même position, elle peut craquer. Ce sont des "craquements articulaires, qui ne sont pas reproductibles".

"Au vu du caractère inoffensif de ces craquements, il n’est pas vraiment nécessaire de trouver des solutions pour les éviter", rassure Delphine Maury. De même, le corps peut craquer lorsque "une articulation est bloquée et qu’elle se débloque", notamment lors d’une séance chez un ostéopathe. Il s’agit d’un "craquement articulaire" engendré par la mobilisation nouvelle d’une articulation bloquée depuis un certain temps.

Si toutes les articulations synoviales peuvent craquer, "celles qui ont une mobilité plus importante sont susceptibles de plus craquer que celles dont la mobilité est limitée".

Parce que la personne est atteinte d’arthrose

Si la plupart des craquements sont involontaires et non reproductibles, certains sont au contraire reproductibles. Ils apparaissent notamment chez les personnes atteintes d’arthrose. "Ces craquements de type ‘sable dans l’articulation’ ont lieu dès la mobilisation de l’articulation arthrosée. C’est d’autant plus marqué sur les articulations entre les vertèbres cervicales", continue Delphine Maury.

Dans ce cas-là, des douleurs ou d’autres symptômes (raideur par exemple) peuvent accompagner les craquements.

Est-ce mauvais pour le corps ?

"Contrairement à ce que beaucoup de personnes disent, faire craquer ses articulations de manière récurrente et volontaire n’engendre pas d’arthrite ou d’arthrose." Attention toutefois à l’amplitude articulaire mise en place pour produire des craquements volontaires.

"En effet, effectuer une flexion/extension/rotation forcée peut aller au-delà de la barrière articulaire et léser les ligaments, tendons ou capsule de l’articulation. Cela peut donc engendrer sur le long terme une hyper laxité ou une instabilité de l’articulation."

D’ailleurs, "lorsqu’une articulation est hyperlaxe, il arrive que des patients arrivent à se la luxer volontairement. Cela produit souvent un craquement. Dans cette situation, il faut absolument éviter de reproduire et consulter un chirurgien traumatologie rapidement."

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