Le coronavirus pourrait se transmettre par postillons jusqu'à 8 mètres

Selon une chercheuse du MIT, le coronavirus pourrait se transmettre par postillons bien au-delà des distances de sécurité recommandées.
Le coronavirus pourrait se transmettre par postillons jusqu'à 8 mètres Istock
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Il est aujourd’hui établi que le SARS-CoV-2 peut se propager via la projection de gouttelettes respiratoires. C'est pourquoi, dans le but de limiter les risques de contracter l’agent pathogène ou de le transmettre, nous sommes tous tenus de maintenir une distance minimum de sécurité avec autrui. En France, cette "distanciation sociale" est de 1 mètre. Mais est-ce suffisant pour se protéger ? D'après Lydia Bourouiba, professeure au MIT (Massachussets Institute of Technology), non.

Les gouttelettes peuvent se déplacer en nuage "jusqu’à 8,2 mètres"

Après avoir étudié durant plusieurs années les effets des expirations - la phase de la sortie de l'air des poumons lors de la ventilation pulmonaire – lors d’un éternuement ou d’une quinte de toux, Lydia Bourouiba a en effet découvert que les gouttelettes qui se déplacent en nuage peuvent parcourir une distance pouvant atteindre 8 mètres. Plus précisément, certaines gouttelettes peuvent, selon la violence de la projection, se déplacer en nuage jusqu’à 8,2 mètres.

Elle explique cette découverte dans une vidéo, publiée sur le site JN Learning (Jama Network).

Si l’on s'appuie sur cette hypothèse, alors le coronavirus pourrait se transmettre par postillons bien au-delà des distances de sécurité actuellement recommandées.

Mais tout le monde n'est pas du même avis. Le Dr Paul Pottinger, professeur de maladies infectieuses à la faculté de médecine de l’Université de Washington (États-Unis), estime de son côté que la véritable question n’est pas de savoir jusqu’où les agents pathogènes peuvent voyager, “mais jusqu’où peuvent-ils voyager avant qu’ils ne soient plus une menace“, a-t-il déclaré.

Le chercheur souhaite en effet rappeler que “plus les particules sont petites, plus le risque qu’elles infectent une personne qui les respire est faible“. La plus grande menace avec le coronavirus, dit-il, ce sont les grosses gouttelettes. “Or, les grosses gouttelettes expulsées tombent généralement à moins de deux mètres. C’est pourquoi l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande une distance de sécurité d’environ deux mètres“.

Mais justement, c’est à ces grosses gouttelettes que fait ici référence Lydia Bourouiba. Toujours dans la même vidéo, la professeure détaille en effet qu’un “nuage gazeux” peut transporter des gouttelettes de “toutes tailles” lorsqu’il est émis par une personne qui tousse ou éternue.

Vers une plus grande distanciation sociale ?

Ces travaux ont été menés sur d’autres souches de coronavirus mais, par principe de précaution, Lydia Bourouiba souligne que cette découverte devrait conduire à la mise en place de politiques plus “méfiantes”.

Ces recherches "concernent particulièrement les professionnels de santé en première ligne qui font face à une plage d’exposition potentiellement sous-estimée lorsqu’ils traitent les patients", explique-t-elle.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), de son côté, a déclaré qu’elle surveillait attentivement les preuves émergentes sur ce sujet critique, et qu’elle mettrait à jour ses recommandations “à mesure que de plus amples informations seront disponibles".

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